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Liban : l'homme qui a pris une banque en otage ne sera pas poursuivi

Un déposant armé s'adresse aux négociateurs derrière les barres de fer d'une banque locale à Beyrouth, après avoir pris d'assaut l'agence et pris en otage des employés et des clients.

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17 août 2022 à 09:48Temps de lecture1 min
Par Belga, édité par Estelle De Houck

La justice libanaise a renoncé à poursuivre un épargnant excédé qui avait pris en otage le personnel et les clients d'une banque à Beyrouth la semaine dernière pour pouvoir retirer ses économies gelées. La banque a abandonné les charges retenues contre Bassam al-Sheikh Hussein et un juge a donc ordonné sa libération, a rapporté mardi l'agence officielle ANI.

Mercredi, un responsable judiciaire a confirmé à l'AFP que Bassam al-Sheikh Hussein avait été libéré.

Si la banque s'est retirée de l'affaire, l'État peut toutefois toujours engager des poursuites, a-t-il précisé.

Il y a une semaine, Bassam al-Sheikh Hussein avait fait irruption dans une agence à Beyrouth de la Federal Bank, réclamant, fusil à la main, ses plus de 200.000 euros d'économies bloqués depuis l'effondrement bancaire qui a créé l'une des pires crises économiques du monde depuis 1850 selon la Banque mondiale.

Bassam al-Sheikh Hussein réclamait cet argent pour payer les frais d'hospitalisation de son père et s'était rendu au bout de plusieurs heures après que la banque avait accepté de lui donner près de 30.000 euros, selon les médias locaux.

Violences régulières

Régulièrement, des violences éclatent entre employés de banque et épargnants incapables de récupérer leur argent dans un pays où la monnaie a perdu plus de 90% de sa valeur et environ 80% de la population a plongé dans la pauvreté depuis 2019.

Bassam al-Sheikh Hussein avait été acclamé par la foule après sa prise d'otage et salué comme un héros au Liban où, selon la Banque mondiale, les autorités ont dilapidé les dépôts des épargnants ces 30 dernières années grâce à une pyramide de Ponzi.

Cette méthode - une escroquerie consistant à rémunérer les investisseurs existants avec les fonds apportés par les nouveaux entrants - a profité aux principaux acteurs politiques et économiques au détriment des ménages, affirme la Banque mondiale qui dénonce une "dépression délibérée".

Liban: sur le même sujet: JT 11/08/2022

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