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Liaison électrique franco-belge renforcée : pour passer l’hiver, la France pourra compter sur la Belgique

Électricité : Interconnexion franco-belge

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03 déc. 2022 à 14:17Temps de lecture2 min
Par Denis Vanderbrugge

Ses câbles enjambent la frontière à hauteur de Templeuve (Tournai) dans le Hainaut, la liaison électrique Avelgem-Avelin, sorte d’autoroute franco-belge des électrons, vient d’être renforcée. Elia, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité côté belge, et son équivalent français RTE viennent de multiplier par deux sa capacité d’échange. Elle est portée à 6 GW, ce qui représente l’alimentation en électricité de près de 6 millions de foyers.

La fin de ce chantier d’ampleur – les premières procédures administratives ont été lancées en 2011 - tombe à point nommé pour la France. Elle doit en effet passer l’hiver avec un parc nucléaire qui tourne au ralenti et pourrait éventuellement devoir faire face à des coupures d’électricité. L’Hexagone est donc pour le moment obligé d’importer l’électricité produite chez ses voisins, parmi lesquels la Belgique.

"Ça ne résout pas tout, mais une interconnexion comme celle d’Avelgem-Avelin contribue à la solution, explique Xavier Piechaczyk, président du directoire de RTE. Ça nous permet d’importer plus quand la France en a besoin. Nous sommes très satisfaits de pouvoir mettre en service le renforcement de cette liaison maintenant, parce que c’est un outil pour limiter les tensions sur le système électrique français cet hiver."

Pas une liaison à sens unique

Si, pour l’instant, la Belgique exporte son électricité en France, ce n’est pas le cas en permanence. "En 2018, on était dans une situation complètement inversée, rappelle Chris Peeters, CEO d’Elia. A l’époque, nous avions des problèmes dans notre parc nucléaire et c’est la France qui a alors soutenu la Belgique."

Le patron du gestionnaire du réseau de transport d’électricité précise d’ailleurs qu’en moyenne la Belgique est plus importatrice qu’exportatrice. "En été, il y a des excédents de capacité nucléaire en France qu’on va importer en Belgique. Et en hiver, c’est dans le sens inverse. Mais quand on fait les comptes sur l’année, l’excédent estival de la France joue un rôle plus important."

Le renforcement de liaison électrique franco-belge Avelgem-Avelin contribue donc à la sécurité d’approvisionnement des deux pays. "Elle permet aussi de diminuer les coûts nécessaires pour garantir cette sécurité d’approvisionnement. Ça veut dire qu’on doit construire moins de centrales pour soutenir le réseau parce qu’on peut compter l’un sur l’autre. On peut se protéger avec des coûts plus faibles, il est en effet extrêmement rare d’avoir des problèmes d’approvisionnement partout en Europe au même moment."

Elia compte d’ailleurs renforcer les interconnexions de la Belgique avec ses voisins. "Comme nous le dévoilons dans notre plan fédéral de développement qui vient d’arriver en consultation publique, nous nous penchons sur deux interconnecteurs : un avec le Royaume-Uni et un avec le Danemark", conclut Chris Peeters.

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