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L’hypocondrie : d’où viennent ces maladies imaginaires qui empoisonnent le quotidien ?

L’hypocondrie se définit par une peur intense et durable de contracter une maladie grave. Mais d’où ça vient ? Et comment traiter ce trouble mental ? Éléments d’information avec le Dr Daniel Souery, médecin psychiatre et chef de service du pôle de consultations d’Epsylon.

L’hypocondrie, qu’on appelle aussi le trouble hypocondriaque, est un trouble mental dans lequel une composante somatique est fortement impliquée : "L’hypocondrie se manifeste sous forme de peurs et d’anxiétés excessives, envahissantes et quasi obsessionnelles, concernant la santé et le bon fonctionnement du corps. L’hypocondriaque va développer une inquiétude dévorante et obsessionnelle à partir de la moindre lésion somatique ou du moindre petit symptôme – parfois même sans qu’il n’y en ait" explique le Dr Daniel Souery, médecin psychiatre et chef de service du pôle de consultations d’Epsylon.

Par exemple, on tousse 2-3 fois et on est convaincu qu’on a un cancer du poumon, ou bien un grain de beauté a évolué et on croit qu’on a un mélanome (cancer de la peau). Ce sont de petits maux, de petits dysfonctionnements somatiques que l’hypocondriaque va forcément transformer en maladie grave, précise notre expert.

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Symptômes de l’hypocondrie

Le symptôme majeur n’est pas le symptôme physique mais la peur ou l’anxiété que l’hypocondriaque va développer : "On connaît très bien les régions du cerveau impliquées dans la production de l’émotion "peur", avec toute la symptomatologie anxieuse qui va avec ; c’est dans le système limbique, le cerveau reptilien, il y a l’amygdale – le noyau du système limbique – qui contient des neurones qui vont s’activer lorsqu’on ressent de la peur. Ce système fait hyper penser l’hypocondriaque qui n’a plus aucune limite" relate le Dr Souery.

C’est cette même amygdale qui influence les troubles de l’hypersensibilité, le TDAH, etc. Quand il y a une mauvaise harmonie, une faille dans la communication entre notre cerveau reptilien et notre lobe frontal – qui permet de raisonner – on développe toute forme de trouble dont l’hypocondrie. À savoir que les facteurs environnementaux vont aggraver le tableau "mais généralement, l’hypocondrie est chronique, se développe assez tôt dans l’adolescence voire l’enfance, surtout quand on a baigné dans un climat de peur et d’angoisse", explique notre spécialiste.

  • Troubles psychosomatiques

Il est impératif de ne pas confondre hypocondrie et troubles psychosomatiques insiste le Dr Souery : "Dans l’hypocondrie, on part de rien ou d’un symptôme minime et on crée de l’angoisse envahissante à partir de rien. Or, dans le trouble psychosomatique, c’est l’inverse ; à partir de l’angoisse, de la peur, on va créer du vrai symptôme. Par exemple, à partir de mon anxiété, je crée un vrai ulcère gastrique, de vrais troubles digestifs, des problèmes de tension, etc."

L'hypocondrie : ces maladies imaginaires qui impactent votre quotidien

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Comment sortir de cette spirale infernale ?

Sortir de la spirale c’est sortir du piège que le mental joue à la personne ; c’est donc essayer de réaliser et de prendre conscience des véritables peurs. Ce sont souvent des personnes qui ont vécu :

  • Des traumatismes ;
  • Des trajectoires difficiles ;
  • Des peurs transgénérationnelles ; par exemple, cette personne fait partie de la troisième génération d’une famille qui a vécu les traumatismes dans les camps de concentration. Ils ont donc vécu dans un climat de peur qui engendre de l’hypocondrie.

Et c’est là tout le travail en psychothérapie : "Faire prendre conscience à ces personnes qu’en réalité, elles n’ont pas peur du petit bouton sur le nez ou de leur tachycardie mais elles ont un capital de peur qui cherche à s’exprimer, un appel d’air de peurs enfuies qui vont s’exprimer sous le prétexte d’une affection visible."

Enfin, le Dr Souery conclut "qu’on peut intervenir avec des substances naturelles pour apaiser cette amygdale mais on peut aussi appliquer toute une série de méthodes pour apaiser cette amygdale comme la relaxation, la sophrologie ou encore la méditation. Il y a aujourd’hui des moyens pour aider ces patients et agir sur le système limbique, ce qui est plutôt une bonne nouvelle !"

Retrouvez "La Grande Forme" en direct du lundi au vendredi de 13h à 14h30 sur VivaCité. Vous avez manqué l’émission ? Nous vous invitons à la revoir sur Auvio ainsi que sur différentes plateformes de Podcast telles que : Pocket Casts, Podcast addict, Google Podcast ou encore Apple Podcast.

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