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L’hôpital de Mont-Godinne refuse qu'une patiente soit accompagnée de son chien d’assistance

Anne Rigolet et Kama, sa chienne d'assistance
21 janv. 2022 à 10:202 min
Par Cathy Massart avec Louis Matagne

Anne Rigolet est atteinte de sclérose en plaques. Cette maladie réduit sa force musculaire et l’empêche de se mouvoir comme elle le voudrait. Elle a donc fait l’acquisition d’un chien d’assistance. Ces chiens, dressés pendant de long mois, servent à redonner de l’autonomie et du courage aux personnes en situation de handicap.

Anne et Kama, sa golden retriever, ne se quittent jamais. La chienne, apporte à sa maîtresse assurance et autonomie. Comme l’explique Anne Rigolet. "Avant que je n’aie Kama les gens se moquaient de moi. Aujourd’hui, le regard de ces personnes se porte sur Kama qui ramasse mes cannes, qui peut prendre un objet sur une table et me l’apporter, c’est une aide indescriptible".

Cette aide précieuse, Anne a dû s’en passer pour une visite au Mont-Godinne où elle se rendait pour une perfusion.

Anne Rigolet : "mon neurologue m’a téléphoné en disant que la direction de l’hôpital avait dit qu’on ne pouvait pas prendre de chien d’aide et que cette visite se ferait sans Kama".

Selon un décret wallon, on ne peut pas interdire l’accès aux chiens d’assistance dans des lieux publics, y compris aux hôpitaux.

Pourquoi cette décision de la part du site de Mont-Godinne ?

Vincent Lachapelle (directeur de l’hôpital) : "C’est vrai qu’il y a un décret qui nous oblige à accepter des chiens d’assistance, dans certains cas. Il est clair que dans ce décret il y a également des services où l’hôpital peut décider de ne pas accepter que le patient soit accompagné d’un chien d’assistance. Notamment dans des services d’hématologie et d’oncologie. L’hôpital médical de jour sur le site de Godinne est un hôpital où 95% des patients sont traités pour ces problèmes. Ce sont des patients qui sont immunodéprimés et c’est dans ces cas-là que nous voulons absolument sécuriser les patients qui sont traités pour des problèmes oncologiques et/ou hématologiques".

Il s’agit donc d’un choix porté par des raisons d’hygiène et par une certaine interprétation du décret. Mais Anne Rigolet ne comprend pas cette décision: "Kama on ne peut pas la toucher, ni la caresser. Il faut savoir qu’elle est vaccinée et vermifugée. Au niveau maladie, elle n’est pas plus contagieuse que les chaussures ou le manteau de monsieur et madame tout le monde".

L’hôpital assure toutefois regretter l’évènement et chercher des solutions organisationnelles pour qu’il ne se reproduise plus.

 

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