Dans l'air du temps

L’histoire derrière "Joe le taxi", ce tube au succès planétaire qui révéla Vanessa Paradis

Vanessa Paradis
13 sept. 2022 à 09:16Temps de lecture2 min
Par Réal Siellez

C’est l’histoire d’un phénomène musical, d’un tube qui a battu tous les records lors de sa sortie à la fin des années 1980, un tube qui révélera une jeune femme, alors âgée de 14 ans, une certaine Vanessa Paradis.

L’histoire du titre Joe le Taxi et la révélation de Vanessa Paradis est intimement liée à celle d’une autre jeune femme qui allait bientôt percer le grand écran et devenir une idole pour la jeune génération. Tout commence donc avec le film La Boum de Claude Pinoteau, dans lequel la jeune Sophie Marceau incarne Vic, une jeune adolescente de 13 ans qui vit ses premiers émois amoureux.

Sophie Marceau devient l’idole d’une jeune génération et lorsqu’en 1985, Etienne Roda Gilles et Franck Langloff ont la très mauvaise idée de faire enregistrer à Sophie Marceau un album qui s’appelle Certitude, la jeune Vanessa Paradis est présente dans les studios ; grâce à son oncle, l’acteur Didier Pain qui remue ciel et terre pour que sa nièce de 13 ans assiste discrètement, presque dans le couloir, à l’enregistrement de son idole… Et il faut dire que la petite Vanessa Paradis fait grande impression sur le duo d’auteur-compositeur, qui prend donc le pari demmener quelques mois plus tard Vanessa Paradis en studio.

Et pour sa chanson phare, Roda Gil s’est inspiré de Maria Josée Léao Dos Santos, une taxiwoman, figure des nuits parisiennes, d’origine portugaise qui s’était réfugiée en France au début des années 70 pour fuir la dictature de Salazar. Elle avait un verbe haut, une faconde et une culture qui ont impressionné Roda Gil, elle connaissait les discothèques branchées et clubs lesbiens acceptant la mixité…

C’est ainsi que naît le tube Joe le taxi, et son texte est imprégné des conversations que Roda Gil avait avec Maria Josée.

Dès sa sortie, le morceau divise. Il faut dire qu’une jeune fille de 14 ans qui chante Paris dans son aspect le plus interlope, ça ne plaît pas à tout le monde. Si, en seulement trois mois, le tube atteint la première place des ventes en France, il fait aussi grincer des dents dans le milieu professionnel. Le titre est perçu comme un simple coup marketing, et lorsqu’en janvier 1988, dans le plus grand rassemblement de l’industrie du disque, le Midem à Cannes, Vanessa chante son tube devant les journalistes et les professionnels qui sont donc tous des adultes, ils la huent violemment, et l’adolescente tient tant bien que mal.

Un traumatisme qui marquera Vanessa Paradis à vie… Nul n’est prophète en son pays, il faudra attendre quelques semaines à peine pour que Vanessa et son titre soient consacrés dans toutes les institutions mondiales en commençant par l’Angleterre. L’émission très branchée Top of the pops (une véritable institution de la musique) consacre Vanessa, c’est seulement le deuxième titre francophone qui a connu cet honneur après le Je t’aime moi non plus de Gainsbourg-Birkin.

Elle explose dans le marché outre-manche. Un an après la sortie française le disque fait un raz de marée en Amérique du Sud, en Australie, en Italie, en Espagne, au Portugal et même au Japon.

Pour faciliter sa percée, on demande même à Vanessa d’enregistrer le titre en espagnol.

Que l’on aime ou l’on n’aime pas, Joe le taxi est un titre qui a marqué, à son niveau, l’histoire de la chanson française, celui qui a révélé une artiste clef du paysage français, un morceau plus riche qu’il n’y paraît. Un titre interlope chanté par la candeur sur des mambos pop cha cha cha…

"Joe le taxi" une chanson de Franck Langloff et Etienne Roda Gil, chanté par Vanessa Paradis en 1987 sur le single du même nom, c’était dans l’air du temps… ça l’est toujours.

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