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Elections en Italie

L’extrême droite au pouvoir en Italie, un danger ? Pour Luca Tomini, "Il risque d’y avoir des pas en arrière dans certains dossiers"

L'invité de Matin Première : Luca Tomini

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23 sept. 2022 à 07:08 - mise à jour 25 sept. 2022 à 08:59Temps de lecture2 min
Par Xavier Lambert

La coalition de droite et d’extrême droite en Italie est donnée largement favorite dans les sondages en vue des élections législatives de dimanche. Luca Tomini, chercheur et professeur en science politique à l’Université Libre de Bruxelles commentait cette tendance dans Matin Première. Les Européens doivent-ils se montrer inquiets ?

Pour les Européens, non, selon Luca Tomini : "Même s’il y a une victoire nette, il y aura des changements, mais pas une révolution de l’attitude de l’Italie dans le cadre européen".

Les Italiens peuvent par contre s’inquiéter : "il risque de ne pas y avoir de progrès dans certains dossiers, voire des pas en arrière".

Une question de coalition

Pour Luca Tomini, "C’est en partie un vote anti-système, mais c’est aussi du au fait qu’il y a une division très claire dans le champ de la gauche, c’est-à-dire qu’on a d’un côté une coalition très claire de trois partis, de l’autre il n’y a pas de coalition, c’est un désavantage très clair pour le champ qui n’est pas de droite ".

Des questions se posent toutefois sur la solidité de cette coalition aux intérêts parfois assez divergents :

C’est ça le problème de la coalition de Giorgia Meloni, c’est qu’il y a des tensions internes qu’on voit dans la campagne, surtout entre la Ligue de Matteo Salvini et Giorgia Meloni. Sur des dossiers comme la guerre en Ukraine, la dette publique, l’Europe, ce sont des tensions qui pourraient exploser, surtout si les résultats ne sont pas si nets. Mais si dimanche soir, on voit une victoire écrasante de la droite avec une majorité claire à la Chambre et au Sénat, alors il est clair que Giorgia Melonie va devenir la première Première ministre femme en Italie, et ce sera la droite au pouvoir"

L’extrême droite a cependant déjà été au pouvoir en Italie, est-ce que ce sera si différent demain ? "Le parti de Giorgia Meloni a été pendant des années un parti eurosceptique, avec des positions très proches des nationalistes polonais ou de Viktor Orban, donc il y aura certainement des tensions entre l’Italie et l’Union européenne mais sur plusieurs dossiers, je pense qu’il y a aura une continuité avec le précédent gouvernement, sur la dette publique, la nécessité de mettre en œuvre les mesures préconisées par l’Europe pour le redressement économique ou la position sur la guerre en Ukraine".

Durs contre les migrants ?

Il en va autrement des dossiers internes, notamment ceux liés aux droits civils comme le droit à l’avortement : "Giorgia Meloni n’est pas claire à ce sujet, on peut s’attendre à ce qu’on limite ce genre de droit, même chose pour l’euthanasie ou les droits des LGBTQ, il est certain qu’il n’y aura pas de progrès du tout".

Quant à la question migratoire, elle n’était cette fois pas au centre de la campagne, remplacée par les inquiétudes sur l’inflation et la flambée des prix de l’énergie, "mais il y aura certainement des tentatives de Matteo Salvini et de l’extrême droite de se montrer très durs contre les migrants".

Mouvement de balancier

On devrait donc assister à un nouveau mouvement de balancier en Italie : "L’instabilité cartélise le paysage politique italien. Le fait d’être dans l’opposition, ça aide un mouvement anti-système comme le parti De Giorgia Meloni, c’était le seul parti à être clairement contre le gouvernement Draghi'.

Mais les tendances ne sont pas toujours faciles à décoder : Luca Tomini pointe que les sondages laissent penser que la Ligue aura un assez mauvais résultat dans le Nord parmi son électorat classique le petit entrepreneuriat, les classes moyennes, alors qu’on assiste à une montée assez étonnante du mouvement 5 étoiles au Sud.

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