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Economie

L’euro baisse face au dollar : quelles conséquences sur le consommateur et les entreprises belges ?

09 juil. 2022 à 05:00Temps de lecture2 min
Par Estelle De Houck

La monnaie européenne poursuit son grand plongeon. Ce vendredi, l’euro est passé sous le seuil de 1,01 dollar, une première depuis la fin 2002. La parité entre les deux devises se rapproche donc de plus en plus… avec quelles conséquences pour l’économie belge ? L’économiste Eric Dor nous répond.

C’est un bond de vingt ans en arrière pour l’euro. Reprise post-Covid, crise énergétique, guerre en Ukraine… Toutes ces crises ont emporté la devise européenne avec elles. Et le consommateur belge ne sera pas épargné.

Mauvaise nouvelle pour le consommateur

En effet, quand la monnaie se déprécie, nous devons payer plus d’euros pour acquérir une même quantité de monnaie étrangère. Le consommateur belge paie donc plus cher les biens importés en dehors de la zone euro – dans ce cas-ci, en dollars.

Or, comme l’explique Eric Dor, nous importons énormément de biens cotés en dollar sur les marchés internationaux. Pétrole, métaux (zinc, cuivre, nickel…), matières premières agricoles (blé, soja, maïs…) sont autant de biens exprimés en devise américaine. "Même si le prix en dollars ne change pas, le prix de ces composantes importées augmente en euros. C’est donc négatif, et ce prix se répercute sur le consommateur chez nous."

A contrario, les consommateurs américains seront ravis de passer leurs vacances chez nous. Nuitée à l'hôtel, restaurant, activités... tout cela sera moins coûteux de leur point de vue à eux. "Pour une même somme en euros, cela lui reviendra moins cher en dollars."

Quid des entreprises ?

Bien entendu, cette hausse des prix des matières premières concerne également les entreprises. "La dépréciation de l’euro par rapport au dollar aggrave encore l’augmentation des coûts pour les entreprises. Ce qui met à mal leur rentabilité si elles n’arrivent pas à tout répercuter en augmentation de prix de vente", ajoute Eric Dor.

Mais qui dit baisse de l’euro, dit aussi hausse de l’attractivité en Belgique. En effet, le prix fixé en euros devient moins cher une fois traduit en dollars.

Les biens et services exportés par les pays de la zone euro deviennent moins chers en dollars

"Donc les biens et services exportés par les pays de la zone euro, pour un même prix en euro, deviennent moins chers en dollars. C’est dans ce sens-là que l’on dit que ça peut améliorer la compétitivité des exportateurs de la zone euro."

Pour autant, l’impact positif reste limité pour la majorité des entreprises puisqu'elles subissent l’augmentation du coût des matières premières en parallèle. "Mais pour elles, ce serait encore pire si l’euro ne se dépréciait pas."

A noter que cette dépréciation survient au beau milieu d'une conjoncture particulière, qui mêle une sucession de crises. En effet, l'inflation règne depuis 2021, avec la reprise de la demande mondiale post-Covid - et les perturbations occasionnées dans la distribution. Sans parler de la guerre en Ukraine, qui a contribué à faire exploser les prix de l'énergie. 

Nous connaissions donc déjà une augmentation des prix avant la dépréciation de l'euro. "On subit déjà une augmentation des prix en dollars, et à cela s’ajoute le fait que le prix du dollar coût plus cher en euros", résume Eric Dor. 

La dépréciation de l’euro par rapport au dollar ajoute de l’inflation à l’inflation

"La dépréciation de l’euro par rapport au dollar ajoute de l’inflation à l’inflation. Elle aggrave encore les effets sur les prix payés par le consommateur de l’inflation mondiale. C’est donc très négatif pour le consommateur", conclut l'économiste.

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