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L’Ethiopie, un pays en guerre qui risque d’imploser

L’Ethiopie, un pays en guerre qui risque d’imploser
06 déc. 2021 à 05:002 min
Par W. Fayoumi, avec agences
D. Hendrichs @RTBF

Le conflit en Ethiopie pourrait-il fracturer la société du pays, voire déclencher un exode rappelant les scènes d’évacuations chaotiques à l’aéroport de Kaboul, en Afghanistan en août ? C’est ce que pense le responsable de l’aide humanitaire des Nations unies, le secrétaire général adjoint de l’ONU pour les Affaires humanitaires, Martin Griffiths, si ce conflit arrivait à dégénérer en violences communautaires en tout cas. La guerre, qui fait rage depuis plus d’un an dans le nord de l’Ethiopie, a peut-être provoqué la crise humanitaire la plus inquiétante, a-t-il déclaré ce jeudi.

Des combats dans la capitale Addis Abeba et une augmentation de la violence communautaire pourraient conduire à une aggravation "exponentielle" de la situation, a-t-il prévenu.

"Le pire d’un point de vue humanitaire (serait) qu’il y ait une bataille pour le contrôle d’Addis ou des troubles autour de cette ville, entraînant une augmentation des violences communautaires dans tout le pays", a averti Martin Griffiths.


Ce scénario verrait s’effondrer, dans ce pays de quelque 115 millions d’habitants, un système soigneusement élaboré pour assurer la cohésion nationale entre plus de 80 groupes ethniques et qui pourrait entraîner un chaos dépassant ce que l’Ethiopie a connu au cours des 13 derniers mois.

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Selon les estimations de l’ONU, la guerre a fait plusieurs milliers de morts, plus de deux millions de déplacés et plongé des centaines de milliers d’autres personnes dans des conditions proches de la famine depuis que le conflit a éclaté en novembre 2020.

 

Le Premier ministre Abiy Ahmed avait alors envoyé des troupes dans la région du Tigré, la plus septentrionale, pour renverser le Front populaire de libération du Tigré (TPLF) en réponse, selon lui, aux attaques des rebelles contre les camps de l’armée.

Déclenchement de la guerre

Le Premier ministre Abiy Ahmed avait alors envoyé des troupes dans la région du Tigré, la plus septentrionale, pour renverser le Front populaire de libération du Tigré (TPLF) en réponse, selon lui, aux attaques des rebelles contre les camps de l’armée.

Ethiopie: le déclenchement

Déclenchement de la guerre

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Abiy Ahmed, qui avait reçu e Prix Nobel de la Paix en 2019, est descendu lui-même sur le théâtre des opérations, pour prendre la tête des troupes de l’armée éthiopienne.

Les rebelles avaient effectué un retour en force en reprenant la majeure partie du Tigré en juin, avant de rejoindre les régions voisines d’Amhara et d’Afar. Le conflit a pris un nouveau tournant il y a un mois, lorsque le TPLF a affirmé avoir capturé des villes stratégiques sur une autoroute clé menant à la capitale.

Mercredi, l’Ethiopie a toutefois annoncé la reprise par les forces pro gouvernementales du site de Lalibela, classé par l’Unesco au patrimoine mondial, qui était passé en août sous le contrôle des rebelles du Tigré.

Le Programme alimentaire mondial des Nations unies a annoncé la semaine dernière que le nombre de personnes ayant besoin d’une aide alimentaire dans le nord de l’Ethiopie avait grimpé à plus de neuf millions, tandis que la sécheresse a aggravé l’insécurité alimentaire dans d’autres régions.

Quelque 400 000 personnes dans le nord du pays sont menacées de famine, un chiffre sans doute sous-estimé.

Toutefois, les conditions s’étant améliorées, les agences de l’ONU sont désormais en mesure d’évaluer la situation dans les semaines qui viennent.

Interrogé sur le risque d’un retour de la famine qui a tué plus d’un million de personnes en Ethiopie au milieu des années 1980, M. Griffiths a répondu : "J’espère simplement devant Dieu que nous ne verrons pas ce genre de malheur".

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