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Grandeur nature

L’Estérel, le bleu de la Méditerranée, l’ocre des calanques : des décors à couper le souffle

L’Estérel, le bleu de la Méditerranée, l’ocre des calanques : des décors à couper le souffle
27 avr. 2022 à 10:0013 min
Par Dirk Vanoverbeke

L’équipe de " Grandeur Nature " entame cet après-midi sa découverte du territoire du territoire de l’Estérel Côte d’Azure posant son matériel sur la calanque recouverte de galets rouges au petit port de Poussaï.

A quelques dizaines de mètres, se dresse le château de l’Ile d’Or, dont Hergé se serait inspiré pour l’album " l’Ile Noire ". Le père du petit reporter a en effet dû s’asseoir sur les galets de cette plage confidentielle et sauvage. On est d’autant plus transporté dans la célèbre aventure de Tintin en Ecosse que l’on distingue clairement la silhouette du terrible gorille grimpant sur les rochers de porphyre à l’assaut de la tour. Nous sommes à Saint-Raphaël, une station balnéaire voisine de Fréjus, à une demi-heure de Cannes en voiture.

Nous avons rendez-vous avec Cédric Davin, moniteur de disciplines sportives et capitaine de paddle géant, une espèce de gondole des mers capable de transporter jusqu’à 15 personnes pour leur faire explorer les calanques de l’Esterel, avec arrêts dans les criques pour plonger dans la Méditerranée ou s’adonner au snorkeling, à la découverte des fonds marins : " Nos activités respectent l’environnement. Pas question d’utiliser une ancre qui, en dérivant, laboure le fond de l’eau et détruit la biodiversité, entre les posidonies, ces plantes marines qui constituent un puits de carbone atmosphérique majeur. Pas question non plus de se servir d’un moteur dont le bruit perturbe la faune et la flore marine. Je dispose de cinq paddles géants, qui offrent entre dix et quinze places. Nous proposons aussi des activités terrestres, des ballades commentées, des jeux de piste ludiques et pédagogiques autour du thème de l’environnement. Et puis, il y a le " Barbecue Boat ", un bateau insolite à moteur électrique. Il est tout rond comme un Donuts, avec un barbecue à gaz au milieu. Histoire pour les vacanciers de se préparer des grillades avant de se baigner dans la mer. Et, cette année, nous lançons la première édition de Koh-Lantor, inspirée de la célèbre émission quasi homonyme : elle fera vivre à nos vacanciers quelques aventures inoubliables dans l’Esterel, au rythme des épreuves mythiques de ce programme. Mais l’activité phare de notre structure — Rand’Eau Aventure-, reste le " Water Fun ", une excursion encadrée qui emmène nos vacanciers se baigner dans les spots les plus dérobés et inaccessibles : des piscines naturelles, des grottes, des criques secrètes, au plus près des curiosités naturelles du littoral. "

On laisse derrière nous ce décor de falaises ocre hérissées de pins verdoyants qui se donne des airs de Grand Canyon, on laisse mourir le bruit des vagues ourlées d’écume qui se fracassent sur les massifs de l’Estérel, on jette un dernier regard sur le charmant petit port de Poussaï où sont amarrés une dizaine de bateaux de pêche. L’équipe d’Adrien Joveneau ne montera pas à bord du paddle géant. " C’est dangereux, la mer est trop houleuse " tranche Cédric en tendant le doigt vers une longue lame qui submerge une paroi rocheuse en y laissant une traînée moutonneuse.

LN.B

Estérelle, la fée de la fécondité qui donna son nom au Massif

Le lendemain matin, réveil dès potron-minet : rendez-vous au sommet du Mont Vinaigre avant le lever du soleil. A 614 mètres d’altitude, il domine le massif de l’Estérel. Depuis sa tour de guet, le panorama s’étire jusqu’aux Alpes du Sud, les montagnes de Sainte-Victoire à l’Ouest, l’Italie à l’Est et plus proches, les baies de Cannes et de Saint-Tropez. Un nid d’aigle qui offre un spectacle grandiose. Et qui fut aussi, au XVIIIe siècle, un fameux repaire de brigands dont le plus célèbre, Gaspard de Besse, détrousseur des courriers et des voyageurs, fut arrêté et exécuté en 1781. On le surnommait le " Robin des Bois " provençal.

Le massif de l’Estérel a été formé par une phase volcanique qui s’est produite voici 280 millions d’années. D’énormes quantités de lave ont été déversées et ont formé ces grandes fissures. Quelques strato-volcans de quelques centaines de mètres se sont ensuite constitués : le Mont Vinaigre est l’un des derniers survivants de cette période. La roche volcanique qui le recouvre – la rhyolite – est rouge et très dure. Elle fut d’ailleurs utilisée depuis l’époque romaine dans des carrières de pierre et a servi à fabriquer des meules.

Stéphanie Benamo est guide conférencière, passionnée d’histoire et spécialiste des contes et légendes de l’Estérel raconte : " Il y avait une fée ici qui habitait l’Estérel au Moyen-Age. Elle s’appelait Estérelle et vivait dans un palais au fond des grottes. Elle était consultée par des femmes enceintes qui lui demandaient de les protéger et de faire en sorte que leur grossesse se déroule dans les meilleures conditions ou par des femmes qui faisaient appel à ses dons de fertilité pour tomber enceinte. On venait lui faire des offrandes pour obtenir la fécondité ou la remercier d’avoir donné la vie. "

Le mont Vinaigre est chapeauté par une forêt très dense et regorge de massifs rocailleux ocres : ce décor expliquerait l’autre origine possible du nom de l’Estérel. Il viendrait du terme provençal " esterlo " qui signifie stérile. Si, en effet, la forêt peut paraître luxuriante, le sol et le caractère rocailleux de l’environnement n’en restent pas moins très arides.

Nommé Grand Site de France en 2023

Fanny Roux vient de rejoindre l’équipe. Elle est ingénieur en environnement et membre du syndicat pour la protection du massif de l’Estérel. Et, pour mieux protéger cette remarquable nature qui attire de très nombreux touristes, elle se bat, avec son organisation, pour inscrire le massif de l’Estérel dans le réseau des grands sites de France qui recense aujourd’hui 49 grands sites, accueillant pas moins de 32 millions de visiteurs : " L’Etat français propose de s’inscrire dans cette dynamique afin de mieux accueillir les visiteurs et de mieux protéger des sites exceptionnels du paysage français faisant l’objet d’une très forte fréquentation. Nous accueillons ici deux millions de visiteurs chaque année, avec 435.000 visiteurs différents. Parmi eux, on compte 60% de " locaux " qui viennent ici pour le week-end ou leurs loisirs. C’est un site qui attire beaucoup de monde parce qu’il offre à la fois la mer, la plage, son littoral et toute la nature qui l’environne. C’est un des sites protégés les plus exceptionnels de la Côte d’Azur. Un des grands enjeux du projet que l’on veut mettre en place, c’est de structurer tout le réseau d’itinéraires de nature : pour la randonnée, le VTT, les ballades équestres et les sites d’escalade. On a identifié les points d’intérêts et les points sensibles, pour mieux les préserver. Nous allons réhabiliter 500 kilomètres d’itinéraires, les baliser, les entretenir. Et mettre en place un service de navettes pour décourager l’usage de la voiture et privilégier le bus ou le train. "

Le piétinement du cap Dramont, cet espace protégé qui déroule des paysages à couper le souffle, a fait souffrir le massif de l’Estérel : de nombreux promeneurs saccagent les lieux, écrasent des espèces protégées, blessant la végétation, accélérant l’érosion des terres. Le Massif de l’Estérel pourrait accéder au titre de grand site de France l’année prochaine et bénéficier du financement de l’Etat pour le protéger. " Il faut canaliser la fréquentation du site, préserver les espèces endémiques de notre flore."

En descendant le Mont Vinaigre, haut lieu d’intérêt des géologues du monde entier, on retrouve les plages de Saint-Raphaël. Pour les passionnés d’histoire, une très brève balade conduira à Fréjus, sa voisine. Fréjus est en effet la ville de France qui dénombre le plus de monuments romains et les archéologues continuent aujourd’hui encore à en exhumer chaque année. En attendant la découverte de nouveaux vestiges, l’amphithéâtre romain s’impose comme un des bâtiments emblématiques de la ville, à côté de l’aqueduc et le théâtre romain, du rempart et de la lanterne d’Auguste, haute de dix mètres et point de repère pour les marins. Ici, le présent et un passé, se côtoient : il suffit de glisser la main sur les vieilles pierres patinées par 2000 ans, d’histoire, au temps où Rome et Jules César dominaient le monde.

Lex

Les pompons jaune vif de la plus grande forêt d’Europe

Mais revenons au présent et à la nature en compagnie de Thibaud, guide-accompagnateur de montagne, parachutiste et spécialiste de la faune et de la flore. Un passionné de l’Estérel qui aime rappeler la citation du grand écrivain anglais Gilbert Chesterton : " Le monde ne mourra jamais par manque de merveilles mais uniquement par manque d’émerveillement. "

Il suffit d’ouvrir les yeux, saisir la présence des choses : " Regardez cet arbrisseau. C’est un myrte. Si l’on en presse les feuilles, son odeur aromatique se dégage, celle de l’eucalyptus. On peut en faire une infusion, appréciée pour lutter contre les affections respiratoires, les rhumes et les bronchites. Sa baie est utilisée aussi pour la transformer en alcool de myrte. Cet arbre vient d’Australie. Comme celui-là qui prolifère ici et qui, en ce mois de mars, est en fin de floraison : le mimosa. "

Pour tous ceux qui ne connaissent cette fleur que dans sa version coupée, dans un vase d’eau tiède, embaumant la salle à manger entre mi-décembre et mi-mars, le choc, ici, est brutal. Nous nous trouvons dans une des plus grandes forêts de mimosa d’Europe, le berceau de la culture mimosiste. Nous sommes entourés d’arbres d’une dizaine de mètres de haut s’étalant sur deux à trois mètres dont les pompons jaunes éclatant au duvet soyeux explosent et parfument l’air d’une flagrance enivrante. Ils habillent d’un superbe manteau jaune le massif de l’Estérel, offrant un spectacle inoubliable à ciel ouvert. " Le mimosa est une plante invasive mais les mimosistes ont réussi à les cultiver, à en faire du savon, des bonbons, du chocolat, des parfums. " explique Thibaud.

Le mimosa renvoie aussi à… Wilfried Martens, le Premier ministre belge qui ne dirigea pas moins de neuf gouvernements dans les années’80. Il prenait chaque année ses vacances à Bormes… Les Mimosas, un merveilleux village médiéval et provençal de la Côte d’Azur dont l’emblème est cette fleur au pompon jaune.

Mais écoutons Thibaud aborder la faune locale, en s’agenouillant sur le sol : " Regardez ces traces de sanglier. Il y en a beaucoup qui viennent de passer. Il y a aussi une population d’une centaine de cerfs et de biches. Ils ont été introduits ici pour observer leur capacité à s’adapter à notre maquis provençal. Ils s’y plaisent tellement qu’ils pullulent aujourd’hui. Nous croisons aussi des tortues d’Hermann, la seule espèce de tortue terrestre d’origine française. C’est une espèce endémique très protégée : au XXe siècle, sa population avait pratiquement disparu, à cause des trafiquants. Et puis il y a le loup qui lui aussi avait disparu en France dans les années’80 : il est réapparu dans le massif. Avis aux fumeurs : il est interdit d’allumer sa cigarette ici. Le risque d’incendie est beaucoup trop élevé. Les feux de forêt, nous y sommes confrontés chaque année et la plupart du temps, ils sont causés par les imprudences des promeneurs. "

Dormir sous les étoiles et apprendre à les connaître

Et si l’envie vous prenait de dormir sous les étoiles, en pleine nature, entouré par les pins et bercés par les chants d’oiseaux et les escalades des écureuils ? C’est l’invitation de Jean Repaux, le bien nommé, qui, à l’écart de la surprenante cité millénaire de Roquebrune-sur-Argens et des Issambres, son quartier maritime, a conçu deux bulles transparentes. L’homme ne se considère pas comme un inventeur de génie mais plutôt " comme un fada, comme on dit ici, dans le Midi. J’ai mis des années à réaliser tout cela, à rechercher les matériaux adéquats et à faire passer certaines pièces d’Allemagne qui ne passaient pas sous les ponts de l’autoroute. J’ai dû fabriquer un semi-remorque capable d’acheminer tous les éléments. En y repensant, j’ai encore les derniers poils de mon crâne qui se redressent. Mais voyez le résultat : mes deux bulles permettent de dormir au plus près de la nature : il n’y a que l’épaisseur d’un drap entre elle et vous. On peut même y dormir en hiver puisque le lit est chauffé. Voyez : j’ai monté la bulle sur roulettes, ce qui permet de l’ouvrir complètement et de dormir en plein air. Parce que le lit est lui aussi motorisé pour vous laisser dormir dehors. J’ai aussi aménagé un spa qui vous permet de dormir dans l’eau chaude et le clapotis de bulles. Et il y a des baffles qui peuvent diffuser de la grande musique. Là, on touche au plus près du paradis, non ? "

Et si on observait les étoiles de plus près ? C’est la passion de Tony Hertle, physicien de formation et de Claudine Ladel, membres du club d’astronomie Copernic St-Raphaël-Fréjus. Planté devant son télescope, Tony est formel : " Il n’existe pas de planète B. On n’a même pas besoin de l’astronomie pour l’affirmer. Il suffit de connaître la distance incalculable entre les planètes, dont on ignore même si elles sont habitables. Il faut des années-lumière pour faire le voyage. Impossible donc à réaliser pour les Terriens. Qui n’ont dès lors qu’une alternative : sachant que notre atmosphère respirable ne dépasse pas les cinq kilomètres, il faut à tout prix la préserver. Et le vaisseau spatial Terre doit tout mettre en œuvre pour protéger ses ressources en eau et en nourriture".

Le club propose des soirées d’observation des étoiles et organise des conférences : " Nous expliquons la science de l’observation des astres, comment les planètes tournent autour de notre Terre. Nous avons engagé une nouvelle recrue, l’Evscope. Ce télescope, via son réseau Internet, permet d’être guidé via un portable ou une tablette. On peut désormais regarder les étoiles via son smartphone et emporter les images pour les admirer chez soi. " Il ne faut pas avoir réussi une maîtrise en physique pour observer le ciel. " Regardez, ce soir, malgré un ciel bouché, on peut découvrir la Grande Ourse, très visible, la Galaxie d’Andromède, notre plus proche voisine qui viendra percuter la Voie lactée dans quelques milliards d’années. Dans le ciel, on compte 88 constellations " explique Claudine, intarissable.

En quittant ces deux astronomes et en abandonnant l’observation de la voûte céleste, on est d’autant plus convaincu qu’il faut à tout prix protéger la nature de la seule planète que nous habitons et dont nous ne pourrons déménager avant des millénaires…

Les cent fragrances de Provence

Rendez-vous à Seillans, un autre village provençal typique du pays de Fayence, dépendant du canton de Roquebrune et plus précisément chez maître Savonitto. Cela ne s’invente pas : il s’agit d’un atelier du savon, une entreprise éthique labellisée " Entreprise du Patrimoine ". Karine Bessone l’a créé avec son mari il y a plus d’une vingtaine d’années " pour créer quelque chose de local qui ressemble à la Provence, renouvelable et écologique. A l’époque, le savon cochait toutes ces cases. On avait envie avec Aldo, mon mari, d’une nouvelle vie : ce fut la savonnerie. Tout a commencé au fond de notre garage, avec une petite machine. On était autodidacte, tous les deux. Nous vendions nos savons sur les marchés. Le premier savon que nous avons créé était un savon mimosa. Tout était estampillé à la main avec des tampons que l’on avait fabriqués. Les recettes, on les a apprises ici en Provence, à travers nos visites des jardins et les histoires des grands-mères du Var. Elles prenaient de l’immortelle, par exemple, et nous la frottaient sur la peau quand nous nous faisions mal. Et puis, je suis passionnée d’aromatiques. Les transposer dans le savon, c’était cohérent. C’est comme la spiruline, avec laquelle je fabrique aussi du savon. La spiruline, je l’ai découverte lors d’un salon de l’équitation. Il remettait les chevaux fatigués sur pied. A l’époque, on pouvait en consommer mais ses vertus étaient méconnues. On s’est aperçu qu’une cure de spiruline redynamisait les personnes et que, parmi ses propriétés, elle était réparatrice des peaux, elle renforçait les ongles et les cheveux. On a fait de nombreuses recherches avant de développer un macérat de spiruline qui nous a valu un prix de l’innovation. C’est un savon formulé sur une base olive-coco qui n’a pas de parfum et que l’on fait mousser. Il est très efficace notamment contre l’acné ou l’eczéma. Nous avons aussi mis au point un savon du linge, " la bugado " qui signifie la grande lessive en provençal. L’histoire remonte aussi à nos grands et arrière-grands-mères qui se rendaient au lavoir pour frotter le linge et étendaient les draps sur les prairies pour les rendre plus blancs. Nous avons imaginé ce savon en fabriquant un macérat de saponaire. C’est une petite fleur, qu’on appelle aussi savonnaire ou savonnière, qui mousse naturellement et a la propriété de détacher le calcaire sur le linge, ce qui le rend gris. On lui a ajouté une huile essentielle de lavandin. Eh oui, nous sommes en Provence… "

C’est une autre Karine qui a repris depuis moins d’un an les rênes de l’Atelier du savon : " Pour nous, c’était important de travailler des matières premières naturelles qui apportent des bienfaits à la peau : du lait d’ânesse, du charbon, de l’huile de chanvre et des compositions parfumées issues de Grasse, la capitale mondiale du parfum, à quelques kilomètres d’ici. On veut rester le plus local possible dans l’utilisation des matières premières. Un de nos produits phares, c’est le bâton détachant composé de terre de Sommières, un produit 100% végétal que nos clients ont rebaptisé le bâton magique. Nous avons la chance de vivre dans une région magnifique, tournée vers la nature. On sollicite donc les producteurs locaux pour qu’ils nous livrent leurs ingrédients naturels. Ecologique, naturel, local font partie de l’ADN de notre entreprise. "

L’atelier du savon concocte une bonne centaine de parfums différents. Et ces fragrances vous transportent dans un univers de senteurs délicates, capiteuses, boisées ou vanillées : l’art du parfumeur, c’est de sublimer des matériaux nobles dans des parfums rares, exhalant des effluves inoubliables. Les savoir-faire liés aux parfums de Grasse sont inscrits depuis 2018 sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’Humanité de l’Unesco.

Les dauphins du sanctuaire Pelagos

L’équipe de Grandeur Nature quitte le monde des parfums pour retrouver l’après-midi l’odeur de l’air marin. C’est sa dernière escale à St-Raphaël. Nous embarquons à bord d’un bateau skippé par Romain Lepine, chef de bord de " Taksea ", une société qui organise des excursions en mer. Elle est agitée, le bateau semi-rigide tangue, les embruns fouettent les passagers : " Nous venons de quitter le vieux port de St-Raphaël, on devine la baie de Roquebrune et, dans la brume, le golfe de St-Tropez. Nous mettons le cap vers l’Est et le massif de l’Estérel, juste avant le début des Alpes maritimes. Les dauphins et les cétacés, on peut les observer très tôt le matin. A défaut, regardez ces couleurs, les dégradés de bleu de l’eau, celles de la roche ocre des calanques. " Le bateau prend de la vitesse. Les passagers s’agrippent à leur siège inondé par les vagues qui font des creux d’1,50 mètres. Frissons garantis. " Nous sommes au cœur du sanctuaire Pelagos qui s’étend jusqu’en Sardaigne. Il s’agit d’un espace maritime de 90.000 km2 qui a fait l’objet en 2002 d’un accord entre l’Italie, la France et Monaco pour la protection des mammifères marins qui la fréquentent. 35.000 individus y sont recensés, dont 25.000 dauphins bleus et blancs. "

L’équipe d’Adrien Joveneau n’a pas croisé le moindre cétacé. En revanche, elle reviendra au pays chargé de souvenirs, de couleurs, celles de l’ocre de la rhyolite, du bleu de la mer, du jaune des mimosas et des centaines de flagrances du terroir.

Lex.

Une émission à retrouver en replay sur RTBF Auvio et en podcast sur Apple Podcast.

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