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Retour aux sources

Lessines, terre natale de Magritte, un parfum de Surréalisme.

Ce samedi 12 février, Elodie de Sélys et Retour aux sources cèdent volontiers leur place aux Magritte du cinéma… L’occasion d’évoquer l’ami René, l’extraordinaire Surréaliste mondialement connu !

René Magritte vers 1955…
René Magritte vers 1955… Getty Images

Celui qui deviendra la figure de proue du Surréalisme, René Magritte, est né le 21 novembre 1898 à Lessines. Cette petite ville du Hainaut occidental a, c’est certain, exercé une influence sur l’œuvre de l’artiste et, en retour, la cité qui abrite bien des trésors, le plus fameux étant l’hôpital Notre-Dame à la Rose, vieux de plus de 7 siècles, demeure marquée par l’artiste.


 

Depuis plusieurs années, Lessines s’est sous-titré Un parfum de Surréalisme. Avec raison… et à bien des égards. Magritte s’y trouve un peu partout : Centre Culturel René Magritte, Athénée royal René Magritte, Résidence René Magritte… Mais, le premier trait " surréaliste " de la petite cité, c’est peut-être… la maison natale de l’artiste. ! C’était une maison toute simple, l’Hôtel des Trois Suisses, une pension de famille sise rue de la Station, aujourd’hui rebaptisée… René Magritte.

A Lessines, la maison natale de René Magritte, vers 1910…
La maison qui remplace celle qui vit la naissance de Magritte, à côté de celle où est apposée la plaque commémorative…
La plaque commémorative.

Mais voilà, dans les années 1970, la maison a été remplacée par une construction moderne… Dès lors, comment signaler au passant la maison natale du grand peintre ? Jouer, de façon voulue ou pas… du surréalisme ! La plaque commémorative a été fixée sur la maison voisine, une grande bâtisse bourgeoise, sans aucun rapport avec le lieu véritable ! Surréaliste, non ?

Magritte reviendra souvent dans la région de Lessines, il est vrai que l’un de ses grands amis, l’écrivain et poète Surréaliste Louis Scutenaire, habitait alors Ollignies, dans l’actuelle entité lessinoise. Ce qui vaut quelques belles photographies, telle, en 1935, Le Bonheur du jour : Georgette Magritte, son mari et Scutenaire devant une potale, à l’entrée de l’agglomération.

"Le Bonheur du jour", août 1935…
Les carrières de Lessines, de nos jours…
"Roc Roméo et Juliette", Paul Rouge, 2012

Si la clé, seul " meuble " des armoiries communales, revient régulièrement dans l’œuvre de Magritte, c’est surtout une industrie encore bien présente à Lessines qui aura une influence prépondérante sur l’artiste : les carrières. C’est du porphyre que l’on y extrait depuis des siècles, creusant de gigantesques et profonds cratères dans le sol. À Lessines, ce n’est pas les précieux porphyres rouges ou verts qui sont exploités, mais celui dont on fait les pavés, le ballast ou bien encore les imposants blocs destinés aux digues.

Magritte était fasciné par les explosions qui projetaient d’immenses blocs au sol. Celui qui en parlait le mieux nous a quittés en 2020, Paul Rouge (https://www.rtbf.be/article/lessines-et-magritte-des-liens-surrealistes-9679676), un artiste qui n’acceptait pas le titre de peintre Surréaliste, pourtant, ses œuvres sont bien dans la veine de René Magritte qu’il a connu à partir de 1949.

Les géants "Magritte" et "Le Thérapeute"
Les géants "Magritte" et "Le Thérapeute" Terre de Géants

C’est à Paul Rouge que l’on doit l’un des géants les plus surréalistes au monde, Le Thérapeute, tout droit sorti de la toile homonyme de Magritte… ou presque. Commandé à un autre artiste lessinois, Xavier Parmentier, celui-ci a fait du torse en osier du géant, la cage de la toile de Magritte. Évidemment, de la posture assise, le géant s’est relevé…

La gigantesque poupée – 3,50 m pour 63 kilos – est née en 1995, en même temps que le géant Magritte (95 kilos pour 3,75 m), commandé par l’association des commerçants de Lessines, la cité des Cayoteu – surnom accordé aux ouvriers carriers – et terre de gigantisme, voisine d’Ath, de sa " Ducasse " et de son musée des géants.

Art urbain et hommage à Magritte, à l’entrée de sa rue natale…
Art urbain et hommage à Magritte, à l’entrée de sa rue natale… Tous droits réservés

Lessines s’enorgueillit aussi depuis plusieurs années de présenter un panel représentatif de ce que l’on appelle l’art urbain. Plusieurs fresques sont consacrées à Magritte. L’une d’elles ouvre la rue qui vit naître le Maître. L’artiste Lessinois Xavier Parmentier a réalisé un buste déstructuré de Magritte qui a été installé dans un jardinet " surréaliste " avec la complicité de l’artiste-peintre et dessinateur Thomas Jodogne.

À l’occasion de son réaménagement, l’axe principal de la ville – Grand’rue et rue Général Freyberg – a été verdurisé. Désormais, les plaques qui referment les carrés de terre des arbres sont ajourées de titres d’œuvres de l’artiste Surréaliste…

"Virage aux idées claires", de Daniel Dutrieux
"Virage aux idées claires", de Daniel Dutrieux - Daniel Dutrieux – Tous droits réservés

Jusqu’à il y a peu, le parc communal servait d’écrin à une œuvre très particulière de l’artiste liégeois Daniel Dutrieux : Virage aux idées claires. Ce monument-site à la mémoire de René Magritte et de Louis Braille s’inspirait du tableau Les idées claires. Le concepteur, fasciné par les deux hommes, y avait traduit, dans une monumentale écriture Braille, les mots superposés " pierre bleue " et " gris nuage ". L’alignement de pierres brutes – du calcaire tournaisien – et de dalles basses polies constituait des mots invisibles et superposés. Hélas, la friabilité de la pierre de Tournai a récemment entraîné le démontage de l’œuvre…

Magritte au chapeau… bienvenue à Lessines où règne un parfum de surréalisme !
Magritte au chapeau… bienvenue à Lessines où règne un parfum de surréalisme ! - T. Noterman – Ville de Lessines

Enfin, en 2017, pour commémorer les 50 ans du décès de Magritte, un Lessinois bien connu, surréaliste à ses heures, à offert à sa ville une statue du peintre. Lou Deprijk, l’interprète, compositeur et producteur, papa de " Ça plane pour moi ", a commandé le bronze aux sculpteurs Julien Barthélemy et Clément Poma. Magritte au Chapeau offre désormais l’image du grand peintre assis sur la Grand’place – évidemment pavée de porphyre – devant l’Hôtel de Ville… à deux pas de " Chez René " qui, il faut le dire : Ceci n’est pas un bistrot ! Surréalistissime à souhait.

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