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Lessines : L’église Saint-Pierre se visite de la cave au jubé

À l’occasion des "Journées Églises Ouvertes", 500 églises se mettent sur leur 31, ou proposent au public des visites "pas comme les autres". Nous avons poussé la porte de l’église Saint-Pierre à Lessines, un édifice qui a su renaître de ses cendres, au propre comme au figuré !

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"Mon premier souvenir avec cette église remonte à… l’âge de 5 ans ?" Gérald Decoster en aura bientôt 60. Il se risque à une confidence : "je sais que cela peut sembler étrange, mais cette église… Je crois que j’en suis amoureux !". Il est vrai que l’histoire de cet édifice est touchante. En mai 1940, Saint-Pierre essuie une vague de bombardements. "A ce moment-là, il y avait une messe. Les paroissiens se sont aperçus des bombardements lorsqu’ils ont reçu de la suie sur la tête".

Edward Malandine

En panique, ils tentent de sauver tout ce qu’ils peuvent. "Mais rapidement c’est devenu très dangereux. Puis le toit s’est effondré". Les flammes ont rongé le bâtiment pendant 3 jours. Des photos du désastre, prises par un photographe anglais, sont exposées dans le petit musée de l’église. Certains joyaux ont survécu. "L’aigle-lutrin, par exemple. Regardez sur cette photo, il se dresse parmi les débris".

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Aujourd’hui, il a repris sa place dans le chœur de l’église. L’ouvrage d’art, datant du 17e siècle, est utilisé à chaque célébration. Gérald Decoster ne manque pas d’en parler lorsqu’il organise des visites. Il passe en revue les collections textiles, et ces vêtements d’avant-guerre, qui font la fierté de l’église. Mais ce qui intéresse particulièrement le public, ce sont les lieux plus insolites, secrets même, qui ne se dévoilent qu’à l’occasion de journées comme celles-ci.

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"On va aller voir les caves, suivez-moi !". Gérald longe la sacristie, emprunte un petit couloir, un escalier. "Ne faites pas attention mais les caves sont un peu en désordre, on est en cours de rénovation !" Devant nous, des étagères bien garnies. "On dirait des cailloux ! Mais à bien y regarder, toutes ces pierres sont sculptées ! Ce sont des morceaux du jubé d’origine, celui du 17ème siècle, qui attendent encore d’être classées, et peut-être de retrouver une place dans l’église ? Ça n’a pas beaucoup de sens de les conserver dans les caves…"

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Une autre visite appréciée du public se situe bien plus haut, là où la vue sur l’église est la plus belle. "Je vous emmène au jubé". On y accède par une tour du 12e siècle. En haut, les grandes orgues attendent l’heure de la messe pour se mettre en action. L’instrument n’est pas très vieux, il date de 1989. "C’est un des derniers dommages de guerre", explique notre guide. Reste qu’il nécessite des réparations. Une pièce est "out". Cela fait aussi partie de ce qu’il explique aux visiteurs.

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"Toutes ces églises, c’est notre patrimoine à tous. Mais ça doit être entretenu. Ça coûte cher. Qu’il s’agisse de l’orgue, des statues, des chandeliers… Ou simplement le sol de cette église ! Savez-vous qu’elle a une superficie de quasiment 1000 mètres carrés ?" Il est intarissable et attend de pied ferme le prochain groupe, pour les visites de l’après-midi. Son regret ? Que les visiteurs ne soient pas plus nombreux. "Hier, on a accueilli peu de monde, c’est vrai. D’un autre côté, les personnes étaient vraiment très intéressées. Les visites guidées devaient durer 1h30, elles ont duré 2 heures tant il y avait des questions".

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Plusieurs artistes exposent dans l’église Saint-Pierre
Plusieurs artistes exposent dans l’église Saint-Pierre Charlotte Legrand

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