Monde

Les villes côtières doivent s’attendre à une augmentation des inondations, selon une étude de la Nasa

© AFP or licensors

17 juil. 2021 à 14:39Temps de lecture2 min
Par Corentin Laurent avec Agences

L’étude publiée par la Nasa est sans appel. Le risque d’inondations des villes est un problème bien plus urgent que nous ne le pensions. Pour l’agence spatiale américaine, on aurait 70 ans d’avance sur les prédictions édictées, ce qui ramène la période potentiellement critique à la prochaine décennie.

En cause, un cocktail détonnant. D’une part le réchauffement climatique qui mène à l’augmentation du niveau des océans, d’autre part, les causes naturelles des fluctuations des marées, comme l’attraction de la lune. "Ce qui est différent avec cette étude, c’est qu’on se rend compte de l’immédiateté de la menace", explique Ben Hamlington, chercheur à la Nasa interrogé par l’agence de presse britannique Reuters.


►►► A lire aussi : Inondations en Europe, chaleur et incendies en Amérique du Nord, y a-t-il un lien ?


En clair, les chercheurs se sont intéressés à un phénomène naturel entre la Lune et la terre appelé "cycle nodal". Ce phénomène, qui dure plus ou moins 20 ans, fait varier les marées, tantôt à la baisse, tantôt à la hausse. La tendance à la hausse associée à la montée des eaux causées par l’homme "provoquera des inondations spécifiquement au cours de cette période de 2030 à 2040". Une découverte qui a provoqué de vives réactions dans la communauté scientifique selon le chercheur.

Selon Ben Hamlington, la découverte suscite un intérêt prononcé pour les scientifiques et qui pourront s’avérer utile, "ce sont des informations vraiment essentielles pour les planificateurs. Et je pense qu’il y a un grand intérêt à essayer de mettre ces informations de la science et des scientifiques entre les mains des planificateurs".

Comment protéger les zones et populations côtières ?

Selon une étude publiée dans la revue Nature Communications, citée par l’agence Reuters, les côtes du monde entier sont menacées par ces phénomènes en raison de leur niveau suffisamment bas pour être inquiété. Une étude qui revoit le nombre de personnes potentiellement touchées à la hausse en le doublant. Les tropiques sont particulièrement concernés et ces zones de grand danger sont localisées pour un tiers en Asie.

Pour le spécialiste de la montée des eaux de la Nasa, Ben Hamlington, il faut, face à cette fatalité, réorganiser la vie le long des côtes. "Les populations côtières qui subissent des inondations doivent envisager ce problème comme étant du long terme". La balle est désormais dans le camp des planificateurs et des urbanistes qui doivent composer avec cette nouvelle donne "s’ils veulent qu’un bâtiment ou une structure dure très longtemps".

Climat : la Nasa et l’ESA unissent leurs forces

Mardi dernier, les agences spatiales américaine (Nasa) et européenne (ESA) ont formé un partenariat pour coopérer sur les questions liées au changement climatique. Concrètement, les deux agences vont mettre en commun leur expertise en matière d’observation de la Terre.

Un accord entériné par une déclaration d’intention signée par Bill Nelson et Josef Aschbacher, respectivement administrateur et directeur général de la Nasa et l’ESA. "L’espace est sans aucun doute la position la plus avantageuse pour mesurer et surveiller le changement climatique, mais joindre nos forces est également crucial pour s’attaquer au problème", professe le directeur général de l’ESA, à quelques mois seulement de la COP26 qui se tiendra en novembre.

Sur le même sujet:

Intempéries : le point de vue de Jean-Pascal van Ypersele - Climatologue

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Inscrivez-vous aux newsletters de la RTBF

Info, sport, émissions, cinéma...Découvrez l'offre complète des newsletters de nos thématiques et restez informés de nos contenus

Sur le même sujet

Articles recommandés pour vous