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Les victimes de la fusillade de la place Saint-Lambert déboutées : Amrani seul responsable

Les victimes de la tuerie de la place Saint-Lambert pensent qu'Amrani n'est pas seul responsable

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29 mars 2022 à 11:49Temps de lecture2 min
Par Michel Grétry

L’État belge a-t-il commis des fautes dans l’octroi d’une libération conditionnelle au tueur de la place Saint-Lambert? Ce mardi, le tribunal civil a examiné dans le détail les reproches formulés par plusieurs familles de victimes.

Les magistrats se sont d’abord penchés sur la date où il a pu bénéficier de cette mesure, peut-être prématurée. Et ils ont qualifié le calcul de calendrier de "correct", bien que Nordine Amrani ait été en état de récidive, puisqu’emprisonné pour stupéfiants et viol.

Le tribunal de l’application des peines a-t-il traité le dossier avec légèreté? Le plan de réinsertion présenté par le détenu, certes lacunaire, a raisonnablement pu paraître crédible.

Des conditions plus sévères auraient-elles dû être imposées au vu du risque que l’intéressé commette de nouveaux délits? Sa dangerosité a été évaluée à la lecture de divers rapports, très détaillés, parfois dubitatifs, mais sans plus, sans contre-indications formelles. Ce n’est donc pas une erreur d’appréciation.

Ce n'est pas, non plus, un défaut de suivi

Mais alors, le suivi du dossier a-t-il été assuré? La surveillance a-t-elle été suffisamment étroite? A lire le jugement prononcé ce mardi, oui, du moins administrativement.

Mais ensuite, le Parquet du procureur du Roi aurait-il dû être plus diligent pour révoquer la libération conditionnelle, puisque Nordine Amrani n’a pas respecté tous ses engagements, notamment la recherche d’emploi? C’est après-coup que divers éléments sont apparus, après la fusillade. Mais lorsqu’il a été très fortement suspecté de nouveaux faits de mœurs, fallait-il se contenter de délivrer un ordre d’interpeller? Ne fallait-il pas lancer un mandat d’amener, plus coercitif? La plainte a, en tout cas, été traitée dans des délais raisonnables par le Ministère de la Justice qui n’a donc rien à se reprocher.

La police zonale par contre est épinglée, dans la mesure où les antécédents de l’individu en matière d’abus sexuels n’ont pas, dès ce moment-là, attiré l’attention. C’est un manque de diligence. Mais, notamment parce que la police locale a été très soutenante, lors des événements, la familles des victimes n'avaient pas souhaité les associer à la procédure, et donc, au terme de ce long raisonnement, seul l’auteur de la tuerie est responsable des dommages  qu'elles ont subis.

Les parents Kremer, déçus à la sortie d'audience

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