Les vaccinés atteints du coronavirus le transmettent moins que les non vaccinés mais cette protection s’estompe avec le temps

Les vaccinés atteints du Covid-19 le transmettent moins que les non vaccinés mais cette protection s’estompe avec le temps. Photo d’illustration

© Getty Images

07 oct. 2021 à 04:30Temps de lecture2 min
Par Africa Gordillo

Les personnes complètement vaccinées et qui contractent malgré tout le Covid-19 risquent moins d’infecter leurs contacts rapprochés que les personnes non vaccinées atteintes du coronavirus. C’est vrai pour les variants Alpha et Delta mais pour ce dernier, l’effet protecteur observé chez les vaccinés s’atténue plus rapidement, au bout de trois mois, selon une étude récente réalisée par des chercheurs de l’Université d’Oxford au Royaume Uni, publiée sur le site Nature. Ces résultats viennent s’ajouter aux arguments en faveur d’une politique de rappel ou de troisième dose.

Une étude sur 139.164 personnes

Les vaccinés atteints du Covid-19 le transmettent moins que les non vaccinés mais cette protection s'estompe avec le temps

Les chercheurs d’Oxford ont voulu en savoir davantage sur l’effet des vaccins sur la transmission du virus. Pour y arriver, ils se sont logiquement intéressés aux personnes ayant contracté le SARS-CoV-2, qu’elles soient ou non vaccinées. Ils ont donc éliminé de leur champ d’étude toutes les personnes qui n’ont pas contracté le virus grâce à la vaccination, celle-ci ayant joué pleinement son rôle de bouclier contre le coronavirus et, de manière générale, toutes celles qui n’ont pas été malades du Covid-19 même non-vaccinées.

La vaccination n’offre pas de protection à 100%. Des personnes complètement vaccinées (deux doses de vaccin ou le vaccin unidose de Johnson & Johnson) ont par conséquent attrapé le Covid-19. Ce sont ces patients-là qui ont été comparés avec des patients non vaccinés malades du Covid-19.


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Les chercheurs ont ainsi analysé les données fournies par les tests réalisés par 139.164 contacts rapprochés de 95.716 personnes infectées par le virus au Royaume Uni, entre janvier et août 2021, c’est-à-dire la période où les variants Alpha (anciennement variant britannique) et Delta (anciennement variant indien) jouaient des coudes pour devenir le variant dominant.

Évolution avec le temps

L’étude montre que le variant Delta amenuise bien plus l’effet protecteur des vaccins que le variant Alpha. Ainsi, une personne infectée par le variant Delta – alors qu’elle était pourtant vaccinée – présente deux fois plus de risque de transmettre le virus que si elle avait été infectée par le variant Alpha. Le risque que cette personne développe une forme plus grave de la maladie est également supérieur que si elle avait développé le variant Alpha.


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Quelques données viennent renforcer cette conclusion : la probabilité qu’un contact rapproché non vacciné soit contaminé par une personne ayant reçu le vaccin AstraZeneca et ayant malgré tout contracté le coronavirus deux semaines plus tôt est de 57%. Trois mois plus tard, ce risque passe à 67%. Ce dernier pourcentage correspond par ailleurs à la probabilité qu’une personne non vaccinée propage le virus. A d’autres niveaux, les mêmes constatations ont été réalisées chez les personnes vaccinées avec Pfizer/BioNTech.

Avec cette étude, les scientifiques ont non seulement mis en évidence que les données changent en fonction du variant mais aussi avec le temps, ce qui pourrait expliquer le nombre de contaminations au variant Delta au Royaume Uni alors que la population était largement vaccinée. Les résultats montrent aussi qu’une politique de rappel (3e dose, etc.) serait susceptible de mieux protéger les individus et de réduire la transmission du virus.

A revoir aussi : extrait de notre JT du 27 septembre

Fracture entre vaccinés et non-vaccinés

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