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Les souvenirs du Concours Reine Elisabeth piano : 1968, Ekaterina Novitzkaya

Ekaterina Novitskaya en 1968

La première "première lauréate" !

À Moscou, on se souvient encore d'elle comme du talent le plus incroyable du Conservatoire Tchaïkovsky.

Ekaterina Novitzkaya (U.R.S.S.)  était la plus jeune des finalistes et, sous l’apparence d’une frêle enfant, elle fit preuve d’une plénitude sonore peu commune : Haydn rondement mené, Chopin clair dans la gravité, Debussy dont la suite "Pour le piano" était rendue comme une sonate. La critique la vit comme une elfe du concours, une fée visitée par la grâce, ayant dépassé la technique pour pénétrer la musique en profondeur, douée d’un grand respect des partitions et des intentions du compositeur. Le public était aux anges et le jury l’a portée aux nues. Sans que sa carrière ne décollât vraiment : plus grave, elle sombra dans un oubli dont de très grands noms de la musique classique ne sont guère parvenus à la tirer.

Classé deuxième, Valère Kamychov (U.R.S.S.), incarnait le virtuose romantique. Dans le même concerto que celui joué par sa compatriote – le 1er de Tchaïkowsky,  il ne s’en tint pas à l’extériorité garantie par des doigts infaillibles : il y fit surgir avec un égal bonheur humour et tendresse. Jeffrey Siegel (U.S.A.), troisième, est apparu d’une nature bien différente de celle de la lauréate. Il fut un des rares à oser Beethoven (ici le concerto "L’Empereur") qu’il rendit dans une large palette sonore et sur un rythme incisif : un vrai concertiste. Seul Belge en finale, à la suite de Vanden Eynden, André De Groote s’est vu attribué la cinquième place. À la question de savoir quel bilan il faisait de ce marathon, il eut cette réponse pince-sans-rire : "Crevé !"

La suite du palmarès concerne des musiciens dont le grand talent s’est confirmé depuis : François-Joël Thiollier, Elisabeth Leonskaya, Mitsuko Uchida et François-René Duchâble. Enfin, 1968 vit croître sensiblement le nombre de finalistes féminines dans un palmarès jusqu’alors presque exclusivement masculin.

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