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Les souvenirs du Concours Reine Elisabeth piano : 1952, Leon Fleisher et la corde cassée

Leon Fleisher

À Monique Verken qui lui demandait pourquoi il s’était présenté au Concours, Leon Fleisher (États-Unis, 1932) répondit que c’est le gouvernement américain qui l’en avait mandaté. Et comme son agenda était encore libre en mai 1952, c’est ce qu’il fit, avec le succès que l’on sait.

Mais non sans péril : dans son concerto au choix, le 1er de Brahms, une corde dans le grave du piano s’est cassée net pendant la cadence du premier mouvement, un accident qui, si la corde part en direction de l’interprète, peut le décapiter. Décidément, la musique peut être dangereuse. Fleisher n’en fut même pas quitte d’une bonne frayeur. Mieux, comme l’accordeur était introuvable, il se mit en devoir de procéder lui-même à la réparation, très à l’aise, même quand la mécanique lâche ou cède. Il emmena le final au pas de charge et fit forte impression, l’impression tyrannique d’un jeu complet où la main de fer peut se ganter de velours, sachant  établir des plans sonores et fouiller une œuvre en l’élevant des abîmes aux sommets.

plus d'infos sur le site officiel du Concours

Fleisher eut le triomphe modeste et, grand seigneur, préféra faire l’éloge de Karl Engel (Suisse, 1923-2006), deuxième, qui, pendant la semaine infernale à la Chapelle, avait  déchiffré à vue un concerto de Mozart de la façon la plus comique et brillante qui fût.

La benjamine du concours, la Belge Janine Kinet, était avec Maria Tipo (Italie) qui s’est classée troisième, une des deux seules jeunes femmes en finale. Bien que classée douzième, Kinet n’en a conçu aucun dépit, se rappelant plutôt l’excellente fraternité entre des jeunes prodiges qui s’échangeaient volontiers leurs trucs de métier.

Un second pianiste belge accédait à la quatrième marche, Frans Brouw. Depuis 1975, il réside au Canada.

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