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Les séparatistes ukrainiens sont prêts à combattre à Slaviansk

Un militant pro-russe le 24 avril 2014 à Slaviansk
26 avr. 2014 à 06:34 - mise à jour 26 avr. 2014 à 15:56Temps de lecture3 min
Par AFP

Si les soldats ukrainiens reviennent, "nous leur infligerons une mémorable défaite et nous ne ferons aucun prisonnier", prévient un milicien encagoulé, kalachnikov en bandoulière.

Il monte la garde devant des sacs de sable nouvellement empilés à une des entrées de cette ville de l'est devenue le bastion, désormais assiégé, des militants pro-russes.

Nerveux, refusant de donner son nom, il affirme avoir, avec ses camarades, reçu "tous les moyens nécessaires pour liquider les blindés", s'ils tentaient une nouvelle incursion semblable à celle de jeudi.

Ce poste de contrôle avait alors été complètement incendié, par ses propres occupants, quand une colonne d'une demi-douzaine de véhicules, drapeau ukrainien flottant au vent, s'y était présentée, juste après avoir eu un accrochage sanglant avec les séparatistes (un mort dans leurs rangs, selon eux, cinq, selon Kiev).

A proximité de cet endroit, en bordure d'un lac, on peut voir les restes fumants d'un autre barrage réduit en cendres, déserté celui-là.

L'armée resserre son étau

Une quinzaine de kilomètres plus au nord, à hauteur de Dovguinskoïé, ce sont cette fois des soldats sans insigne, mais manifestement ukrainiens, qui installent à l'aide d'une grue des blocs de béton en travers de la chaussée.

Ils sont une quarantaine, armés de fusils d'assaut, nombre d'entre eux ayant le visage dissimulé, à y être déployés. Leur uniforme et l'immatriculation de deux cars garés sont ceux de l'armée ukrainienne. Des tireurs d'élite se sont embusqués dans la campagne alentour, derrière un buisson.

Le chef de ce détachement ne souhaite pas répondre aux questions: "secret militaire", objecte-t-il.

A Izioum, dix kilomètres plus loin, les choses sont bien plus claires. Protégés par deux transports de troupes et une mitrailleuse, de nombreux hommes vêtus de noir, casqués et munis de gilets pare-balles, des forces du ministère ukrainien de l'Intérieur filtrent scrupuleusement la circulation automobile.

Un hélicoptère blanc s'est posé dans un champ voisin.

Défendre notre terre

"Nous devons faire quelque chose, c'est notre terre", explique un commandant, de son prénom Sergueï. "Mais c'est bien sûr aux politiques de décider".

La présidence ukrainienne a expliqué vouloir "bloquer Slaviansk" afin d'empêcher les rebelles d'y envoyer des renforts. Elle assure ne pas vouloir lancer de nouvel assaut qui risque de faire des victimes civiles.

Au sud de cette ville, au moins sept blindés ukrainiens ont pris position à une vingtaine de kilomètres en direction d'Artemivsk.

Non loin, à Kramatorsk, où se trouve une base aérienne, un hélicoptère de l'armée immobilisé au sol a explosé après avoir été atteint par une roquette et son pilote a été blessé, ont annoncé les autorités de Kiev.

Dans le même temps, à Tcherkaské, à l'ouest de Slaviansk, les habitants ont vu vendredi à la mi-journée cinq transports de troupes ukrainiens faire soudain irruption dans leur village avant de rapidement repartir en sens inverse.

"Sans doute des éclaireurs", a commenté un retraité.

Sur le chemin du retour, passé un barrage sur lequel des assaillants inconnus ont ouvert le feu dimanche, trois postes de contrôle supplémentaires ont été installés depuis lors, et des séparatistes y tiennent leur kalachnikov pointée vers l'extérieur.

D'autres ont été installés plus près du centre-ville, où la situation était au contraire étrangement calme.

Un référendum aura bien lieu à Donetsk le 11 mai

Un référendum portant sur la "déclaration d'indépendance" de la région de Donetsk, dans l'est de l'Ukraine, aura bien lieu le 11 mai, a affirmé samedi le chef de la "république populaire" auto-proclamée de Donetsk, Denis Pouchiline.

Au cours d'une conférence de presse dans les locaux de l'administration régionale passée le 6 avril aux mains des activistes pro-russes, M. Pouchiline a précisé que la question qui allait être posée est: "Approuvez-vous la déclaration d'indépendance de la république populaire de Donetsk ?" "A l'issue de ce vote", a-t-il ajouté sans douter de l'issue du scrutin considéré comme illégal par Kiev et la communauté internationale, "il y aura des élections libres pour décider qui dirigera cette république populaire".

"Ensuite, notre république populaire de Donetsk commencera à fonctionner", a précisé le chef indépendantiste. "Nous étudions encore quelle sera la bonne formule pour notre association avec le reste de l'Ukraine, que ce soit une fédération, une confédération ou l'indépendance".

"Ce référendum est inévitable, et nous avons tout l'argent nécessaire à son organisation" a-t-il dit, sans préciser d'où provenait ce financement. Interrogé sur l'attitude à leur égard des forces de police ukrainiennes dans la région de Donetsk, il a déclaré: "Cela dépend, c'est compliqué. Une partie collabore avec nous et une partie s'y refuse".

AFP

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