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Les réponses des enseignements technique et professionnel face au décrochage

L'heure des examens approche dans l'enseignement technique de qualification et dans l'enseignement professionnel. Pour les techniques de qualification, il y a aussi les deux épreuves du CESS, français et histoire. Bref, le stress monte, car après deux années de covid, il a fallu retrouver le chemin de l'école et se préparer pour les épreuves. Plongée en cette fin d'année scolaire dans l'ambiance d'une école de Woluwé-Saint-Pierre.

S'accrocher aux cours généraux pour réussir.
S'accrocher aux cours généraux pour réussir. © Tous droits réservés

Prendre conscience des enjeux

Ce sont les dernières heures de révision en sciences, quelques jours avant l’examen. La concentration est de mise. Ces élèves de 6ème, en technique de qualification, étudient l’informatique. Ils le savent, cette année, finie l’indulgence liée aux années covid et au distanciel, il va falloir faire ses preuves pour réussir. Les élèves présents au cours ont bien conscience de l'importance de leurs efforts.

Alexei est élève de 6ème, technique de qualification, en informatique.

"Je pense que c’est quand même une bonne chose." un élève de cette classe, Alexei, parle de son ressenti. "Vu qu’il y en a qui comptent faire des études plus tard, qu’ils ont besoin d’être préparés à ça. Mieux que les deux années précédentes où ils ont été vraiment cools avec nous."

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Le décrochage était déjà une problématique importante avant les cours en distanciel dans les enseignements technique et professionnel. La crise du covid n'a fait que rendre cette problématique plus aiguë. Ceux qui sont là aujourd'hui se sont accrochés, et l’avouent, cela n’a pas toujours été simple :

Zakaria est élève de 6ème, technique de qualification, en informatique.

"Il y a deux ans, on était trente.", explique Zakaria, un camarade de classe d'Alexei. "Aujourd’hui, parfois on se retrouve à moins de dix. Beaucoup ont abandonné."

Redonner l'envie d'apprendre

Face à ces constats, le corps enseignant a dû faire preuve de beaucoup de pédagogie pour donner aux élèves l'envie de revenir à l’école, quitte à passer par des projets à l'extérieur.

Valérie Maluma-Katy, professeur de sciences à l’institut Don Bosco à Woluwé-Saint-Pierre : "On a essayé de tout mettre en œuvre pour que les élèves reviennent à l'école."

"On a aussi eu un projet Erasmus où certaines classes sont parties dans d’autres pays.", explique Valérie Maluma-Katy. Elle est professeur de sciences à l'institut Don Bosco.

"Découvrir comment l’après-covid se passe, comment les projets pédagogiques se sont passés ailleurs. Et donc on a essayé de tout mettre en œuvre pour que les élèves reprennent confiance en eux ou qu’ils reviennent à l’école."

Malgré tous ces efforts, il y a eu beaucoup de retards. Le niveau des cours généraux a baissé et forcément, cela impacte les cours pratiques.

Cédric Cleenders est professeur de menuiserie à l’institut Don Bosco, à Woluwé-Saint-Pierre : "On va aller rechercher du temps là où il en faut pour certains élèves pour qu’ils puissent recommencer autant de fois que nécessaire."

Cédric Cleenders est professeur de menuiserie. Son arme secrète, la patience et la persévérance :

"Le niveau en maths n’est pas exceptionnel. On sent bien que quand on reprend, par exemple, pour des calculs d’escaliers, des formules très techniques, très spécifiques, il y a un manque, il y a un gros manque."

Cédric Cleenders : "On a beaucoup de temps dans les heures de travaux pratiques."

Des ajustements dans l'enseignement sont trouvés au jour le jour : "On a beaucoup de temps dans les heures de travaux pratiques, ce que n’ont pas les professeurs de cours généraux, donc on va aller rechercher du temps là où il en faut pour certains élèves, pour qu’ils puissent recommencer autant de fois que nécessaire."

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Et cela fonctionne ! Timothé est en 5ème professionnelle, prêt à passer ses examens et à les réussir :

Timothé est élève de 5ème en technique professionnelle de menuiserie.

"Il y a des périodes où je ne suis pas venu à l’école parce que je me sentais mal par rapport aux cours. Après, j’ai réussi à me raccrocher. Grâce aux amis et aux professeurs, j’y suis parvenu."

Contrat de présence

Lorsque les élèves sont trop loin sur le chemin du décrochage, les éducateurs utilisent alors leur dernière cartouche : expliquer aux élèves que s’ils sèchent trop de cours, ils seront considérés comme élèves libres, et que cela les empêchera de présenter leurs examens. Brigitte Vandroogenbroeck est éducatrice dans cet institut. Elle explique que conscientiser les élèves est une stratégie qui fonctionne.

Brigitte Vandroogenbroeck est éducatrice à l’institut Don Bosco à Woluwé-Saint-Pierre : "On signe un contrat de présence avec les élèves en décrochage."

"C’est une lettre recommandée qui part chez eux, qui les prévient qu’ils ont un niveau d’absence déjà élevé. Et qu’ils pourraient être considérés comme élèves libres. Là, ils paniquent quand même un petit peu. À ce moment-là, on signe un contrat de présence, avec eux. Ils prennent, du coup, conscience qu’ils sont en danger, et qu’ils risqueraient de perdre leur année."

Un contrat de présence est une sorte d'accord entre la direction de l'école et l'élève qui lui permet de faire face à la situation et surtout de le responsabiliser, en lui donnant un quota précis de jours de présence à respecter. Souvent, l’élève devient alors plus assidu, avec un objectif bien concret.

Oumar est élève en 6ème en technique de qualification informatique. Pour lui, se remettre à étudier est devenu une évidence :

Oumar, élève de 6ème technique de qualification en informatique.

"Déjà, j’avais besoin de mon CESS. Et je me disais que c’était important et qu’il fallait que je le fasse malgré tout. Alors, autant le faire et ne pas attendre plus longtemps, ne pas perdre de temps…"

Oumar a déjà décroché une promesse d’emploi, là où il vient d’achever son stage.

Pour lui, comme pour les autres, les résultats des examens seront déterminants.

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