RTBFPasser au contenu

rencontres littéraires

"Les quatre saisons de l'été"; Grégoire Delacourt livre sa palette d'émotions

"Les quatre saisons de l'été"; Grégoire Delacourt livre sa palette d'émotions
08 juin 2015 à 09:182 min
Par Christine Pinchart

Rencontre avec Grégoire Delacourt

"Nous habitons Sainghin-en-Mélantois, un village qui ne ressemble à rien", et au moment où vous le dites, ce village vit et prend toute sa saveur. C'est magique ?

C'est gentil, mais je suis un peu flemmard. Je n'aime pas me noyer dans les détails, et je raconte l'impression que j'ai gardée de ce que j'ai connu. La vérité que j'aime elle est là, et c'est vrai que ce village ne ressemble à rien. Puis on se demande ce qu'est "ne ressembler à rien", et on se rend compte que ça ressemble à quelque chose.

 

Quatre histoires d'amour, dont celle de Louis et de Victoire, non concrétisée, sans angélisme. Sont-ce des souvenirs personnels ?

Oui bien sûr, je ne dirai pas que Louis c'est moi, mais il y a beaucoup de moi dans ce petit gamin. Je croyais énormément à l'amour, j'attendais l'amour fou, définitif, dévastateur et pour lequel on peut mourir jeune, en vivant la barbarie sublime de la première fois, et j'étais comme Louis, amoureux de l'amour. Et c'est vrai qu'il n'y a pas d'angélisme, parce que je pense qu'à 14 ou 15 ans, à part quelques rares cas, on ne sait pas ce qu'est l'amour et surtout on n'aime pas forcément quelqu'un qui vous aime.

Et il faut compter avec cette âpreté là, et ce garçon il va attendre des années cette petite voisine. Il va attendre qu'elle devienne une femme, et à 13 ans, lorsqu'elle devient une femme, elle peut avoir tous les hommes du monde, alors pourquoi s'intéresserait-t-elle à lui ? C'est un très très grand premier chagrin d'amour.

 

Vous avez tenu un journal intime ?

Non mes journaux intimes aujourd'hui ce sont mes livres. Je n'écrivais pas tout cela, mais j'ai beaucoup emmagasiné en moi, et j'ai eu une première histoire magnifique en Angleterre qui n'a pas duré bien sûr. Mais je reste mélancolique et heureux de cette première fois qui a été une virgule, mais jamais le début d'une vie.

Et puis on est nourri par les histoires d'amour des gens qu'on aime, une soeur, un ami, une cousine, un film formidable... Et l'été synonyme d'histoire d'amour, crée un langage différent. Le corps aussi dit d'autres choses; il fait chaud, tout est plus sauvage, rapide, il y a une sorte d'impudeur, des tentations, et des rencontres et on se laisse aller. On a envie de se perdre un moment et c'est toujours ceux qui attendent la suite qui peuvent être déçus. J'aimais tout cela et surtout, comment l'amour était capable de se régénérer après une première fois. A 15 ans c'est une première fois sublime, à 35 ans on est encore très jeune, beau et amoureux de l'amour, on a déjà un enfant ou deux, on a parfois déjà une première histoire, c'est fini, on se retrouve en été avec les mêmes désirs qu'avant et il se passe quoi ?

La suite de l'interview de Grégoire Delacourt

L'interview de Christine Pinchart

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Christine Pinchart

Les quatre saisons de l'été, chez JC Lattès par Grégoire Delacourt, romantique à souhait, rêveur et maître dans l'art des émotions.

Grégoire Delacourt
Grégoire Delacourt JC Lattès

Articles recommandés pour vous