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Energie

"Les prix de l'électricité devraient rester très élevés pendant 3 à 5 ans" selon Damien Ernst

Le député fédéral Ecolo, Samuel Cogolati, et la ministre en charge de la Lutte contre la pauvreté, Karine Lalieux (PS), estiment que les chèques énergie et mazout devraient être distribués entre les mois de juin et juillet 2022.
18 mai 2022 à 23:42 - mise à jour 19 mai 2022 à 05:39Temps de lecture3 min
Par Maud Wilquin

Ce mercredi, l’émission "QR le débat" revenait sur les actions de l’Etat face à la hausse des prix de l’énergie.

Des prix qui ne devraient d’ailleurs pas baisser de sitôt si l’on en croit le Professeur à l’ULiège et spécialiste de l’énergie, Damien Ernst : "Les prévisions sont très mauvaises parce qu’il y a une volonté de l’Europe de se passer du gaz russe. 1500 térawatt-heures de gaz à aller chercher ailleurs, c’est colossal. Il faudra au moins 3 ans pour se passer de ce gaz et on paiera au prix fort le gaz que l’on ira chercher d’autres sources. Cela maintiendra donc le prix du gaz – qui détermine le prix de l’électricité – très élevé sur les marchés européens. Donc à moins que la crise ukrainienne se résolve et qu’on retrouve relations commerciales normales avec Russie, les prix de l’électricité devraient rester très élevés environ 3 à 5 ans, bien malheureusement."

Damien Ernst : "Les prix de l'énergie devraient rester très élevés ces trois à cinq prochaines années"

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Il y a quelques semaines, le gouvernement annonçait mettre en place des chèques "énergie" et "mazout" de respectivement 100 et 200 € pour aider les ménages. Des chèques que le gouvernement n’a pas oubliés et qui devraient probablement arriver dans les alentours des mois de juin et juillet, estiment ministre en charge de la lutte contre la pauvreté, Karine Lalieux (PS), et le député fédéral Ecolo Samuel Cogolati.

"Je comprends l’impatience des gens. Je veux rassurer l’ensemble de la population : il y aura une diminution de 100 euros sur la facture électricité, 200 pour le mazout. Je vais compter sur les parlementaires actifs pour accélérer le train. Les gens auront leurs chèques avant l’été si le Parlement travaille bien. Les distributeurs sont prêts", affirme la ministre.

Samuel Cogolati : "Nous déposerons une mesure visant à imposer une contribution sur les surprofits"

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Mais le gouvernement peut-il faire mieux ? Outre les chèques, Karine Lalieux espère également prolonger les mesures en vigueur : "Le Parlement devra le voter, mais nous déposerons sur la table du gouvernement avant l’été une procédure qui visera à prolonger la baisse de la TVA parce que les gens savent qu’en septembre, la TVA devait réaugmenter à 21%. Ce n’est pas acceptable", assure-t-elle. "Parallèlement, nous voulons aussi pérenniser le tarif social élargi puisque cela concerne 20% des Belges (2 millions de personnes environ, ndlr). Ensuite, nous pensons aux travailleurs de la classe moyenne, les personnes qui se situent sous le revenu médian mais qui n’ont pas accès au tarif social élargi. Là nous voulons faire un tarif moyen pour diminuer le prix de l’énergie", affirme-t-elle encore. "Ce sont des mesures que nous devons financer et nous avons déjà chargé la ministre de l’Energie au mois d’octobre d’aller chercher le surprofit des centrales nucléaires et on l’attend sur la table du gouvernement."

Karine Lalieux : "Nous voulons prolonger la baisse de la TVA et le tarif social élargi au-delà de septembre"

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Et elle n’est pas la seule à estimer qu’une taxe sur les surprofits pourrait grandement aider à la réduction des factures d’énergie des Belges. "Il y a aujourd’hui des producteurs d’électricité qui s’en mettent plein les poches sur le dos de la crise et des gens", indique à son tour Samuel Cogolati. "Dans deux semaines, en juin, nous déposerons un projet visant à imposer une contribution de crise sur les surprofits, sur les bénéfices excédentaires, qui sont faits." La Banque nationale de Belgique a déjà été contactée à cet effet.

Samuel Cogolati : "Nous déposerons une mesure visant à imposer une contribution sur les surprofits"

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Pour Manu Douette, Député-Bourgmestre MR, taxer les surprofits permettrait aussi de rester cohérent avec les objectifs environnementaux du pays. "On va vers un objectif climatique en 2050 qui nous amène vers une électrification massive", détaille-t-il. "Et on va dire aux citoyens de passer à l’électrique avec des prix qui explosent ? Il faut trouver tous les mécanismes possibles et imaginables pour pouvoir maintenir un prix stable. Ça peut être effectivement la baisse de TVA puisque l’électricité est un produit de première nécessité. On peut aussi aller chercher dans les surprofits mais ce qui est inadmissible, c’est que l’on calcule le prix de l’électricité sur base du gaz qui est l’énergie la plus chère."

Selon lui, il est important d’agir sur deux vecteurs distincts : un vecteur rapide en baissant la TVA et un vecteur structurel plus long en prenant le temps d’agir sur les surprofits.

Manu Douette : "Il faut baisser la TVA et agir sur les surprofits"

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