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Economie

Les prix de graines de moutarde explosent : anticiper et diversifier ses sources d'approvisionnement pour faire face

31 mai 2022 à 07:24Temps de lecture2 min
Par A. Louvigny sur base d'un reportage de Cédric Loriaux

Après l’huile de tournesol, la moutarde commence à se faire de plus en plus rare dans les rayons des supermarchés. Certains producteurs n’arrivent plus à s’approvisionner en graines de moutarde dont les prix explosent. Cette année, on parle même de pénurie. La faute, tout d’abord aux conditions climatiques très défavorables, l’été dernier au Canada, le premier producteur mondial. Une situation qui s’est aggravée il y a trois mois avec le conflit en Ukraine, deuxième producteur mondial de graines.

Chez nous, la moutarderie Bister, à Ciney, fait toutefois figure d’exception. Elle a pu constituer des stocks suffisamment importants pour tenir le choc. Si la société s’en sort bien, c’est parce qu’elle a diversifié ses sources d’approvisionnement, parce qu’elle a anticipé et parce qu’elle a accepté de mettre le prix. "On a la chance de s’approvisionner et au Canada et en Ukraine, ça, c’était une force, explique Arthus De Bousies, patron de la société. Et quand on est dépendant d’aucune zone en particulier, on a anticipé en début d’année, après la récolte, de prendre des contrats, de se stocker proportionnellement à notre taille plus que d’autres. Au compte-gouttes, il y a quand même des graines qui arrivent sur le marché, à chaque fois avec des prix plus hauts de semaine en semaine. Et ça s’est intensifié avec l’Ukraine. Donc là, oui, on a peut-être eu le nez fin."

Des rayons de moutarde vides en France

"Je reviens de France. Les rayons de moutarde sont vides, donc il se passe vraiment quelque chose actuellement, note Geoffrey Lamarche, responsable commercial chez Bister. C’est un moment historique. On a vraiment des appels de toutes parts pour trouver de la mayonnaise, de la moutarde. Et il n’y a pas qu’en France parce qu’on a vraiment des appels d’Allemagne, de Hollande, d’Angleterre. On a fait de nouveaux clients dans tous ces pays parce qu’il y a vraiment une forte demande et des usines qui ne tournent pas pour le moment."

Matières premières, énergie, transport, emballage. Produire un pot de moutarde aujourd’hui coûte 4 à 5 fois plus cher à la société qu’il y a un an ou deux. Bister travaille aussi avec des acteurs locaux pour relancer une production de graines de moutarde bio, en Wallonie. 55 hectares ont été plantés. C’est un premier pas. Dans deux ou trois ans, la société devrait quitter son usine de Ciney pour s’installer sur un site trois fois plus grand, à Suarlée, près de Namur.

Le marché matinal de Cédric Loriaux

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