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Economie

Les prix à la pompe de retour au niveau d’avant-guerre en Ukraine. Est-ce que ça va durer ?

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11 août 2022 à 16:15 - mise à jour 12 août 2022 à 08:35Temps de lecture2 min
Par Simon Bourgeois

La reprise économique après le covid et puis la guerre en Ukraine ont fait grimper les prix de l’essence. Aujourd’hui, ils redescendent. Ce jeudi, le prix maximum de super 95 est de 1,77€/L, pour la super 98 c’est 1,96€ et pour le diesel, c’est 1,93€. Fini (pour le moment) le litre au-delà de 2€, les carburants retrouvent leur niveau de prix d’avant-guerre en Ukraine.

Pourquoi cette baisse des prix ?

Parce que le prix des matières premières, le pétrole brut, diminue. Un baril de Brent coûte 98 $ ce jeudi. C’est 10 $ de moins qu’il y a 15 jours. C’est 40 $ de moins qu’en mars, au début de la guerre en Ukraine. Cette diminution a impact direct sur les prix à la pompe qui diminuent dans la foulée.

Le prix du brut diminue parce que l’activité économique ralentit. Il y a une crainte de récession économique : l’inflation est historiquement élevée, en conséquence les banques centrales relèvent leurs taux. Cela décourage la consommation et les investissements.

Les marchés sont plus sereins qu’au début de la guerre en Ukraine sur les sources d’approvisionnement disponibles

Moins de consommation suscite moins de production dans les usines, moins de transport de marchandises… et donc moins de demande de pétrole. Cette diminution de la demande de pétrole fait diminuer les prix.

"Par ailleurs, l’activité économique pendant les vacances d’été est moindre que le reste de l’année, complète Olivier Neirynck, directeur technique de la Brafco, la Fédération belge des négociants en carburant. Et puis, les marchés sont plus sereins qu’au début de la guerre en Ukraine sur les sources d’approvisionnement disponibles". Le spectre de la pénurie de pétrole a disparu, des sources d’approvisionnement alternatives à la Russie ont été trouvées. Ça aussi, ça contribue à faire diminuer les prix.

Est-ce que ça va durer ou est-ce une baisse momentanée ?

Impossible à prévoir. Les marchés du pétrole sont volatils et réagissent au moindre évènement géopolitique ou soubresaut économique.

L’évolution des prix dans les prochaines semaines dépendra notamment de l’évolution de la guerre en Ukraine et des relations entre la Russie et l’Occident au sujet des approvisionnements en gaz et en pétrole : la Russie nous fournira-t-elle encore ? En quelle mesure l’Europe boycottera-t-elle les énergies russes ? C’est l’inconnue et ce sera déterminant pour les prix.

Autre grande inconnue, les relations entre l’Iran et les Etats-Unis. S’ils signent un accord sur le nucléaire, il y aura un retour de pétrole brut iranien sur les marchés de quoi faire diminuer encore un peu les prix.

Dans ce contexte d’incertitude, les compagnies pétrolières ont anticipé comme elles pouvaient. "Les sanctions européennes à l’égard de la Russie et le boycott du gaz et pétrole sont annoncés depuis longtemps, tempère Olivier Neirynck. Les pétroliers ont donc cherché et trouvé des alternatives à la Russie : en Norvège, aux Emirats Arabes Unis, peut-être en Iran… Par ailleurs, l’OPEP, l’Organisation qui regroupe les gros producteurs mondiaux de pétrole, a aussi décidé d’augmenter ses quotas de production pour suppléer à ce manque de pétrole russe". Des mesures ont donc été prises pour garantir les approvisionnements, reste l’instabilité mondiale.

Une reprise de l’épidémie de covid pourrait ralentir encore l’économie et donc diminuer la demande de pétrole et donc baisser les prix. A l’inverse, un regain de tension en Ukraine et donc de nouvelles craintes sur les approvisionnements pourraient les faire grimper à nouveau. C’est le principe immuable de l’offre et la demande, toujours de mise sur les marchés pétroliers.

Baisse du prix de l essence : une vraie tendance?

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