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BNP Paribas: les poursuites aux USA vont-elles plomber le budget belge?

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30 mai 2014 à 10:25 - mise à jour 30 mai 2014 à 11:34Temps de lecture2 min
Par Wahoub Fayoumi

Le titre de la banque française lâchait 5,89% à 49,55 euros, ce vendredi; une baisse beaucoup plus marquée que celle du CAC 40 (-0,44%) français.

La banque est menacée d'une amende record et d'un retrait de sa licence bancaire aux Etats-Unis où elle est accusée d'avoir contourné l'embargo contre Cuba, l'Iran et le Soudan. La pénalité s'élèverait à plus de 10 milliards de dollars, affirmait jeudi le Wall Street Journal, citant des sources non identifiées, proches du dossier.

Après le rachat par BNP Paribas, en novembre 2013, de 25% des actions détenues par l'Etat belge dans BNP Paribas Fortis, ce dernier réalisait une plus-value de 900 millions d'euros par rapport à son investissement initial. Mais il détient toujours une participation de 10,3% dans BNP Paribas.

Or, une sortie de l’État belge du capital de BNP Paribas est régulièrement évoquée, peut-être même imaginée pour le budget du prochain gouvernement fédéral. Cette "tuile" largement commentée ce vendredi aurait-elle des conséquences sur les finances belges?

"La plus-value de l’État belge, réalisée lors de la vente de ses actions dans BNP Paribas Fortis, était relativement petite", commente Eric de Keuleneer, économiste et professeur à la Solvay Brussels School. "Il faut se rappeler les conditions auxquelles le gouvernement belge a cédé ses actions dans Fortis".

Une décision de sortie du capital reportée

"C'est une sérieuse tuile pour la banque", poursuit l'économiste. Car une des conséquences possibles pour BNP Paribas, en cas d'amende record, est de tenter de réaliser une augmentation de capital. "Les fonds propres de BNP Paribas ne sont pas énormes, ils doivent s'élever à quelques 60 milliards de dollars, et 10 milliards d'amende, c'est un montant relativement important". Conséquence: l’État belge, qui, plus que probablement, n'accroitrait pas sa participation dans la banque française, "verrait celle-ci diminuer à quelques 8%".

Si, pour Eric De Keuleneer, cette dimension n'est pas un drame en soi, elle aura probablement des conséquences pour d'éventuelles décisions à venir. "L'action de BNP Paribas était à 60 euros lorsque l’État belge y prend sa participation. "Aujourd'hui, elle est à 49 euros, après de multiples baisses. C'est la perspective de la vente des actions de l’État belge qu va s'éloigner", prédit Eric De Keuleneer.

En l'état actuel des choses, BNP négocierait pour payer un peu moins de 8 milliards de dollars, écrivait le Wall Street Journal. L'amende serait en tout cas au-dessus de 5 milliards de dollars, a indiqué à l'AFP une source proche du dossier ayant requis l'anonymat. Ces chiffres sont supérieurs aux quelque 4 milliards de dollars évoqués jusqu'ici et dépassent de loin l'amende infligée en 2012 à la banque britannique HSBC (1,9 milliard de dollars), accusée de complicité de blanchiment, et celle ayant frappé sa compatriote Standard Chartered Bank (670 millions de dollars) pour violation de l'embargo contre l'Iran. L'amende s'annonce en tout cas comme l'une des plus grosses jamais infligées à une banque aux Etats-Unis.

W. Fayoumi, avec AFP

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