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Les pompiers demandent des mesures pour faciliter les interventions sur le piétonnier, la Ville de Bruxelles promet une solution

Les véhicules d’intervention des pompiers ont besoin d’au moins cinq mètres de largeur pour pouvoir déployer la grande échelle

Les hommes du feu bruxellois poussent un petit coup de gueule ce lundi matin. Ils dénoncent la difficulté pour eux d’intervenir parfois dans la zone du piétonnier autour de la Grand-Place de Bruxelles. Un enchaînement de ruelles moyenâgeuses, parfois très étroites et qui complique la circulation des véhicules de secours.
Ce samedi, en début de soirée, les hommes du feu ont dû intervenir rue Gretry, à deux pas de la Grand-Place, pour un incendie de cuisine au 3ème étage d’un immeuble d’habitation. "En général, lorsque nos hommes partent en intervention, ils ne savent pas sur quoi ils vont tomber", indique Walter Derieuw, le porte-parole des pompiers du Bruxelles. "Mais ici, en plus, on a dû faire pas mal de marches arrières, puis de marches avant pour pouvoir tourner dans les rues. En plus, il y avait beaucoup de monde qui se baladait. Des terrasses aussi sur la rue Gretry. Or, pour déployer notre auto-échelle, il faut savoir qu’on a besoin d’une largeur de cinq mètres pour mettre en place les vérins, les stabilisateurs. Et, donc, c’était chaque fois assez juste".

Les pompiers demandent qu’on remplace les gros pots de fleurs fixes par des petits plots amovibles afin de faciliter leur accès à certaines rues du centre-ville
Les pompiers demandent qu’on remplace les gros pots de fleurs fixes par des petits plots amovibles afin de faciliter leur accès à certaines rues du centre-ville B. Schmitz – RTBF

Cinq minutes, ça peut tout changer

Résultat : l’un des véhicules d’intervention s’est retrouvé bloqué à divers endroits. Au final, Il a perdu moins de cinq minutes. Mais en intervention, les pompiers rappellent que chaque seconde compte. "Ça fait toute la différence, effectivement et cela peut mettre une vie en danger. Pour éviter pareille situation, à l’avenir, on demande plus de contrôle notamment de la largeur des terrasses dans ces rues étroites. Plus de verbalisations aussi. Sans oublier de plutôt placer des obstacles amovibles aux entrées de rues".

Par exemple mettre des plots qu’on peut facilement retirer (ou qu’on peut commander à distance pour les faire rentrer dans le sol), plutôt que de très lourds pots de fleurs pour bloquer l’accès aux véhicules à certaines zones. "On peut facilement perdre quelques minutes si on se retrouve face à un obstacle comme ça et qu’il faut trouver un nouvel itinéraire", ajoute le porte-parole des pompiers.

La rue Gretry lors de l’intervention des pompiers samedi soir pour un incendie dans un immeuble
La rue Gretry lors de l’intervention des pompiers samedi soir pour un incendie dans un immeuble Pompiers de Bruxelles

Du côté de la Ville de Bruxelles, on dit prendre le problème au sérieux. "On va repasser contrôler certaines terrasses qui, en effet, ne respectent pas les lieux", explique le bourgmestre Philippe Close. "Il y a des sanctions à la clé, jusqu’à la fermeture de la terrasse en question. Mais on doit aussi sans doute revoir les protocoles d’intervention avec les pompiers. Ce week-end, avec le beau temps, il y avait énormément de monde dans le centre-ville. On doit peut-être développer un plan spécifique d’intervention dans ce genre de situation qui est totalement différent d’un soir d’hiver par exemple où il n’y a personne dans les rues. On travaille aussi à un système qui permettrait de refermer automatiquement les auvents des terrasses d’un seul coup, lorsqu’il faudrait laisser passer les véhicules de secours".

La rue Gretry ce lundi midi. Certains chevalets qui annoncent les menus et des terrasses empiètent sur le centre de la chaussée, qui doit normalement être laissé libre au passage d’éventuels véhicules d’urgence
La rue Gretry ce lundi midi. Certains chevalets qui annoncent les menus et des terrasses empiètent sur le centre de la chaussée, qui doit normalement être laissé libre au passage d’éventuels véhicules d’urgence B. Schmitz – RTBF

Du côté des restaurateurs aussi, on demande un protocole plus clair. Parce que ce samedi, l’évacuation en urgence des terrasses a visiblement coûté cher à certains. "Lorsqu’on a dû replier les terrasses en urgence pour attendre l’intervention des pompiers, il a fallu faire partir les clients. Ceux-ci ont dû quitter les lieux rapidement, même ceux qui se trouvaient à l’intérieur de notre restaurant", indique un patron d’établissement sur place. "Dans ce genre de cas, on est obligé de les laisser partir le plus vite possible. Mais, du coup, ils sont aussi partis sans payer, alors que beaucoup avaient déjà consommé boissons et nourriture. Certains clients ont été très sympas de nous aider à retirer les tables et les chaises pour élargir le passage avant l’arrivée des pompiers. Mais on n’a pas pu les garder pour faire les différentes additions".

Ce restaurateur parle de 1500 euros de perte pour son établissement lors de cette évacuation forcée de samedi soir.

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12 juin 2022 à 13:38
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