RTBFPasser au contenu

Les policiers nivellois ont déjà passé plus de 1000 heures en prison

Les policiers nivellois ont déjà passé plus de 1000 heures en prison
09 mai 2016 à 15:49 - mise à jour 09 mai 2016 à 15:491 min
Par Pierre-Yves Millet

Après 2 semaines de grève, le chef de corps de la zone de police Nivelles-Genappe a fait ses comptes. Ses hommes ont déjà passé plus de 1000 heures à l'intérieur de la prison de Nivelles pour remplacer les agents pénitentiaires. Au détriment du service normalement rendu à la population, constate Pascal Neyman. "Chaque jour, une dizaine de policiers de ma zone, renforcés par d'autres zones ou par la police fédérale, se rendent à la prison. Conséquences : certaines missions de base ne sont plus assurées. Des enquêtes ne se font plus, les petites tâches administratives comme une copie de PV ne se font plus dans les délais et les équipes d'intervention sont moins nombreuses sur le terrain". Et le chef de corps prévient : "on peut craindre un jour le pire, certains appels d'urgence pourraient ne plus être assurés."

Une mobilisation qui a aussi des conséquences financières

Ces heures passées en prison devront également être récupérées, à nouveau au détriment des missions assurées par la police locale. "Et si elles ne le sont pas, elles seront payées. 1100 heures depuis le début de la grève entrainent un coût de 42.000 euros, ce qui est énorme pour une zone comme la nôtre." Pas de surenchère alarmiste dans les propos du chef de zone, mais une analyse froide de la situation. "Je ne me prononce pas sur l'action des gardiens. C'est un long combat qu'ils mènent depuis des années. Mais la mobilisation des policiers en cas de grève doit cesser. Mes hommes ont envie de revenir à leurs missions de base. C'est pour cette raison que je demande que des mesures soient prises au niveau fédéral pour que les choses rentrent dans l'ordre le plus vite possible."

Motion présentée ce mardi soir au conseil de police

Les propos du chef de zone trouveront un écho ce mardi soir au conseil de zone de la police Nivelles-Genappe. Un conseiller de la majorité, Benoit Giroul déposera une motion afin de demander au gouvernement fédéral de prendre ses responsabilités et de permettre aux policiers de retourner sur le terrain. "Ce ne sont pas les Nivellois qui doivent subir les conséquences de cette grève" estime Benoit Giroul. Sa motion a déjà reçu le soutien de la zone de police et des 2 bourgmestres concernés.        

Articles recommandés pour vous