RTBFPasser au contenu

Cinéma

"Les passagers de la nuit", voyage vintage au bout de la nuit avec Charlotte Gainsbourg et Emmanuelle Béart

"Les Passagers de la nuit", avec Charlotte Gainsbourg et Emmanuelle Béart, sort mercredi en salles.
03 mai 2022 à 08:003 min
Par AFP

La chronique d’une famille qui se recompose, dans la France de Mitterrand, susurrée par les voix d’Emmanuelle Béart, Charlotte Gainsbourg et de la jeune Noée Abita : le talentueux Mikhaël Hers ("Amanda") est de retour mercredi en mode nostalgique avec "Les Passagers de la Nuit".

Loading...

Tourné entre la Maison de la Radio et le béton de Beaugrenelle, le quartier qui lui fait face dans le 15e arrondissement de Paris, le film, reparti bredouille de la dernière Berlinale, débute par des plans vintage de la victoire à la présidentielle de 1981 du socialiste François Mitterrand.

Une époque bénie des insomniaques, bercés par les voix suaves d’animatrices radio qui recueillaient, des heures durant, les témoignages intimes des âmes solitaires.

La "voix" de radio, c’est ici celle d’Emmanuelle Béart, de retour récemment au cinéma ("L’Etreinte", 2021) après avoir été davantage présente au théâtre ces dernières années.

Dans l’antre radiophonique, où elle enchaîne les clopes et règne sans partage, elle va accueillir une femme fragilisée, Elisabeth (Charlotte Gainsbourg), bibliothécaire entre deux âges tout juste séparée du père de ses enfants, et lui proposer de tenir le standard.

Une troisième voix, tout aussi chuchotante mais davantage enfantine, celle de Noée Abita (révélée dans "Slalom"), se joint à elles.

Elle joue Talulah, une ado à la dérive, qu’Elisabeth va prendre sous son aile et intégrer peu à peu à la famille qu’elle rebâtit aux côtés de ses propres enfants, interprétés par deux nouveaux venus, Quito Rayon-Richter et Megan Northam.

"C’était d’un ringard !"

"À l’ère du numérique, tout est plus atomisé", explique à l’AFP le réalisateur Mikhaël Hers. "Quand j’étais petit et que je n’arrivais pas à dormir, je mettais le Walkman et je tombais sur ces émissions de nuit où, tout à coup, on était confronté à des témoignages, des récits d’expérience et on pouvait se dire que, peut-être à l’autre bout de la France, on était lié par des passerelles, des constellations. Ce sentiment de communion n’existe plus".

Après "Ce sentiment de l’Eté" puis "Amanda", sur la reconstruction d’un enfant auprès de son oncle (Vincent Lacoste) après un attentat à Paris, Mikhaël Hers explore à nouveau la question du hasard, des rencontres et des liens, dans un ton mélancolique et doux.

"On est de son enfance, comme on est d’un pays", souligne, en citant Saint-Exupéry, Mikhaël Hers, dont le film fourmille de références aux années 1980 et à l’une de ses actrices fétiches, morte à 25 ans, Pascale Ogier, mais qui se défend de toute "nostalgie".

Face à Emmanuelle Béart et Charlotte Gainsbourg, "deux voix très particulières", Mikhaël Hers a choisi un jeune talent, Noée Abita, 23 ans, "cœur noir du film" dont la voix "a aussi une musicalité très singulière, intemporelle et presque désuète."

Jeune fille perdue dans le monde des adultes, son rôle évoque aussi celui de l’adolescente dans "L’Effrontée", le film qui a lancé une certaine Charlotte Gainsbourg, justement en plein cœur des années 1980…

"Talulah est une petite fée qui va réveiller les émotions de chacun, allumer une étincelle", explique à l’AFP l’actrice, qui "adore comment (le réalisateur) travaille la voix".

On m’a souvent parlé de ma voix, elle a souvent posé problème dans le métier, où j’ai eu des réflexions, et dans ma vie, où on me demandait de parler plus fort, que j’avais pas assez de souffle… Là, c’est le contraire, et ça fait du bien.

A 23 ans, partage-t-elle aussi la nostalgie des années 1980, une époque qu’elle n’a connue qu’à travers les livres d’histoire ?

"J’ai adoré me replonger là-dedans. Mais c’est fascinant… Tu te dis, quand même, les goûts des gens, côté vestimentaire, le mobilier… C’était d’un ringard !", s’amuse l’actrice. "C’est fou d’avoir des goûts pareil".

Articles recommandés pour vous