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Les ONG qui sauvent les migrants en Méditerranée ont-elles des liens avec les passeurs ? La question est posée par la justice italienne

21 mai 2022 à 16:29Temps de lecture1 min
Par Belga, édité par Marie-Laure Mathot

Une audience préliminaire s’est déroulée samedi en Sicile (Italie) pour décider de la tenue d’un procès contre plusieurs ONG, y compris Médecins Sans Frontières (MSF), dont les navires secourent des migrants en Méditerranée et qui sont accusées de collusion avec des passeurs.

La prochaine audience préliminaire se tiendra le 7 juin, a décidé la procureure Brunella Sardoni. La procureure avait auparavant dit à l’AFP s’attendre à ce que ces audiences durent "plusieurs mois, étant donné la complexité" d’un dossier qui compte quelque 30.000 pages et des centaines d’enregistrements.

Vingt-et-un suspects, dont des membres d’équipage des navires de MSF, Save the Children et l’ONG allemande Jugend Rettet, sont accusés d'"aide et d’incitation à l’entrée irrégulière en Italie" en 2016 et 2017.

sauvé plus de 14.000 personnes en détresse

"Nos équipages ont sauvé plus de 14.000 personnes en détresse sur des bateaux de fortune et surpeuplés […] et nous risquons à présent 20 ans de prison", a déclaré avant l’audience Kathrin Schmidt qui a été membre de l’équipage de la Iuventa de Jugend Rettet.

Le juge Samuele Corso à Trapani (Sicile) doit décider de la tenue ou non d’un procès après cinq ans d’une enquête controversée en raison d’écoutes massives d’humanitaires, avocats et journalistes et dénoncée par ses critiques comme politiquement motivée pour criminaliser les opérations de secours en mer.

L’Italie est depuis longtemps en première ligne pour les arrivées en Europe de migrants venus d’Afrique, avec un record de 180.000 arrivées en 2016, chiffre tombé à 120.000 en 2017. Depuis le début de l’année en cours, 17.000 arrivées ont été enregistrées, selon le ministère de l’Intérieur.

Un sit-in de soutien aux ONG a été organisé dans le port de Trapani, avec de grands bateaux de papier portant la date, le lieu et le nombre de victimes de naufrages.

Les ONG sont accusées d’avoir coordonné leurs actions avec des trafiquants près des côtes libyennes, en leur renvoyant pour réutilisation des canots et des bateaux et en recueillant des personnes dont la vie n’était pas en danger.

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