L’immense majorité des caméras de surveillance est de fabrication chinoises. Hikvision est l’un des géants du marché. Il place ses caméras aux quatre coins du monde. J’en ai encore vu une chez mon boulanger dimanche matin. Mais Hikvision, dans le même temps, joue un rôle majeur dans la surveillance des Ouïghours dans la province du Xinjiang, en Chine.
L’entreprise développe une technologie de reconnaissance faciale qui serait capable de différencier un Chinois Ouighour d’un Chinois Han sur la base de la couleur de la peau, de la forme des yeux ou du nez. 13 millions de Chinois Ouighours sont selon l’ONG Human Rights Watch persécutés et surveillés en permanence.
Au parlement britannique, la députée Karen Lee interpellait, il y a quelques mois, son ministre de l’intérieur en ces termes : " Hikvision utilise sa technologie de reconnaissance faciale et menace les Tibétains et Les Ouïgours. Il apparaît que Hikvision est le fournisseur de caméra de surveillance le plus important du Royaume-Uni. Le gouvernement de notre pays doit vraiment élever la voix et faire entendre que nous n’acceptons pas les abus en termes de droit humain ".
En Belgique, dans les archives de la Chambre, on ne trouve aucune trace de pareille interpellation. On ne sait d’ailleurs pas trop quelles caméras équipent nos zones de police. Les achats étant laissé à l’appréciation des communes.
Mais l’acquisition de ces dispositifs de marques chinoises pose bon nombre de questions éthiques. " Quand les pays européens achètent cette technologie chinoise, ils achètent aussi une idéologie ", alerte Olivier Tesquet. " Si on utilise ces logiciels chinois dans des caméras chinois, cela veut dire que l’on cautionne, financièrement au moins, ce profilage technologique "