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Les mesures anti-triche des examens externes du primaire et du secondaire

Examens: opération "anti-fuites"

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15 juin 2016 à 17:42 - mise à jour 15 juin 2016 à 17:422 min
Par François Hubert

Dans les jours qui viennent, 150 000 jeunes en Fédération Wallonie-Bruxelles vont passer les examens externes de certification: le CEB pour les élèves de fin de primaire, le CE1D pour ceux de deuxième année secondaire et le CESS pour ceux de terminale.

En 2015, ces examens se sont révélés être une catastrophe: des questions se sont retrouvées sur internet, d'autres étaient en vente dans les cours de récréation et plusieurs épreuves ont dû carrément être annulées, au grand dam des élèves, des professeurs, des directeurs d'établissements et de l'inspection de l'enseignement. Celle-ci a mené une enquête auprès d'une quinzaine d'établissements pour essayer de trouver la cause des fuites, au terme de laquelle aucune malveillance préméditée n'a pu être déterminée. "Tout au plus, peut-on parler de négligences", explique Philippe Delfosse, inspecteur général de l'enseignement secondaire. "Dans beaucoup d'établissements, sans qu'il y ait vraiment la volonté de mettre à mal l'épreuve, les dispositions qui étaient proposées n'ont pas toujours été respectées. Par exemple, l'ouverture des paquets : on sait que dans pas mal d'écoles, on a ouvert les paquets bien avant le jour prévu."

Traumatisme

Pour ne pas revivre le même traumatisme, la conception, l'impression et l'acheminement des copies ont été revus afin d'éviter toute fuite relative aux questions d'examen. Le nombre de centres de distribution des copies est passé de 25 à 45. La localisation de ces centres, au sein des établissements scolaires, est restée aussi secrète que possible. Les lieux ont été davantage sécurisés: changement des serrures, systèmes d'alarme, fenêtres bloquées et occultées, etc.

Les palettes de copies réceptionnées dans les centres de distribution ne peuvent être déballées avant le jour même de la distribution aux directeurs d'écoles. Et ceux-ci, à leur tour, ne peuvent ouvrir les paquets que quelques heures avant les épreuves. Des contrôles sont même possibles de très bonne heure dans les écoles afin de s'assurer que les paquets de copies sont bien restés scellés.

Tous ceux qui s'approchent de ces copies avant les examens sont tenus au secret. En cas d'indiscrétions ou de malveillance, ils sont susceptibles de poursuites judiciaires: "Dans les nouvelles dispositions, on a activé l'article 458 du Code pénal qui prévoit des poursuites en cas de divulgation partielle ou totale de l'épreuve. Donc maintenant, les sanctions, même sur le plan pénal, existent alors qu'elles n'existaient pas les années précédentes", menace Philippe Delfosse.

Méchamment pénalisés

Des mesures strictes mais nécessaires, pour bon nombre de professeurs et de directeurs d'établissements: "Il faut bien s'y faire. On n'a plus envie de revivre ce qu'on a vécu l'année dernière, où les enfants ont quand même été méchamment pénalisés à cause des négligences ou de la malhonnêteté de quelques-uns", explique Jean-Pierre Cazzaro, préfet à l'Athénée royal d'Auderghem.

Petite précision, pour les tricheurs invétérés qui souhaiteraient encore faire annuler certaines épreuves: les concepteurs des examens ont préparé des épreuves "bis" qui seraient immédiatement substituées aux épreuves originales en cas de problème majeur.

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