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Les méditations de Gregorio Botta à la galerie Montoro 12

Gregorio Botta, Senza Titolo, 2021
08 juil. 2022 à 16:32 - mise à jour 12 juil. 2022 à 14:11Temps de lecture2 min
Par Xavier Ess

Gregorio Botta est obsédé par le mystère. Le mystère du temps et le mystère de l’être. L’artiste italien de 73 ans a forgé une œuvre qui invite à la méditation, au silence ; sans ostentation. Avec une palette très réduite de matières et d’objets, Gregorio Botta va à l’essentiel. Pour sa première exposition en Belgique, à la galerie bruxelloise Montoro 12, il a choisi de "Cueillir des fleurs à la limite du minimum. "

Gregorio Botta, Noli me tangere, papier, cire, éléments naturels, sang, fer, verre – 2022
Gregorio Botta, Noli me tangere, papier, cire, éléments naturels, sang, fer, verre – 2022 © Montoro12 Gallery and the artist

Gregorio Botta travaille avec des éléments qui ont un lien ancien avec l’homme tels que l’eau, l’argile, le verre, l’albâtre, l’or et le papier. Et bien sûr la cire, élément central de l’exposition. Un matériau ambivalent qui emprisonne le moment, mais peut aussi se dérober sous l’effet de la chaleur. Pour l’œuvre Noli me tangere, l’artiste a figé de jeunes feuilles d’arbre en devenir et des pétales rouge le long d’une ligne du temps prolongée par des gouttes de sang. Ces éléments sont pris dans un mouvement qui balaie tout sur son passage. L’impermanence de toute chose.

Gregorio Botta, Noli me tangere (détail), 2022
Gregorio Botta, Noli me tangere (détail), 2022 © Montoro12 Gallery and the artist

La seule définition que je puisse donner à l’art : une présence qui parle un langage inconnu

Gregorio Botta, Angelo del richiamo, cire, lumière, fer – 2021
Gregorio Botta, Angelo del richiamo, cire, lumière, fer – 2021 © Montoro12 Gallery and the artist

On aurait tort de voir dans les œuvres de Botta un travail sur la nostalgie du souvenir. La combinaison des éléments récurrents de son langage plastique (le bol réceptacle d’une eau vitale, les pigments " qui sont comme de la poussière ", les cercles de verre transparent qui façonnent le vide, les fleurs en terre cuite, le lin et le papier japon…) " se présente comme les apparences fugaces d’un monde insondable " précise le plasticien. Ces éléments, en deux et trois dimensions, sont les témoins d’un mystère. Un corpus blanc sans être immaculé ; un blanc impur, marqué ; l’épaisseur de la cire installant un flou sur toute chose. Ailleurs dans la galerie, des alcôves sont un refuge pour l’esprit, loin du vacarme du monde et plus loin un filet d’eau coule sur des plaques de cire, " jaillissant de sources qui ressemblent à des plaies " écrit Stefan Pollak, le directeur de la galerie.

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Je ne vois pas la folie : je vois la plénitude silencieuse, je vois l’absolu, le mystère.

Gregorio Botta, Raccogliendo Fiori ai margini del minimo, 2022
Gregorio Botta, Raccogliendo Fiori ai margini del minimo, 2022 © Montoro12 Gallery and the artist

Gregorio Botta transforme l’espace blanc de la galerie Montoro12, nichée au fond d’un espace industriel, en un lieu de quiétude, de lenteur, de mise entre parenthèses… et au fur et à mesure de la déambulation, le mystère – de l’être dit le plasticien - s’apprivoise ou s’épaissit. Pour Gregorio Botta c’est l’œuvre d’une vie.

Toutes les citations : "Gregorio Botta - Rifugi " - Museo d'Arte Contemporanea Roma 

En pratique :

Gregorio Botta – Picking Flowers At The Edge Of The Minimum

Galerie Montoro 12- > 31.07.2022 - 1190 Bruxelles 

Gregorio Botta, Grande Noli me tangere ( détail), 2019
Gregorio Botta, Grande Noli me tangere ( détail), 2019 © Montoro12 Gallery and the artist

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