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Santé & Bien-être

Les maladies cardiovasculaires "plus fréquentes que le cancer du sein", touchent aussi les femmes

L'invité dans l'actu

Maladies cardiovasculaires, maladies masculines ?

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28 juin 2022 à 08:59Temps de lecture3 min
Par Estelle De Houck, sur base de l'invité dans l'actu d'Aline Gonçalves

Les maladies cardiovasculaires sont encore et toujours considérées comme des maladies masculines. Elles sont pourtant la première cause de mortalité féminine en Belgique et dans le monde, avant le cancer du sein. Pour déconstruire ce préjugé mortel, la Ligue cardiologique belge lance sa campagne de l’été, intitulée "Coeur des femmes".

Selon Muriel Sprynger, cardiologue au CHU de Liège, beaucoup d’idées préconçues existent autour des maladies cardiovasculaires. "Il y a encore trop d’idées qui circulent disant que les femmes sont protégées par leurs hormones et donc sont beaucoup moins à risque de problèmes cardiovasculaires. Alors que ce n’est pas du tout le cas", remarque-t-elle.

Les maladies cardiovasculaires sont plus fréquentes que le cancer du sein

"En fait, ce qui est étonnant, c’est que les maladies cardiovasculaires sont plus fréquentes que le cancer du sein." Il s’agit même de la première cause de mortalité chez les femmes en Belgique et dans le monde.

Contraception et ménopause

Muriel Sprynger attire notamment l’attention sur la contraception. "La contraception à base d’œstrogènes artificiels, je vais dire donc la pilule, les implants, les anneaux vaginaux augmentent le risque cardiovasculaire", explique-t-elle. La cardiologue conseille donc aux femmes qui fument de ne pas choisir ce type de contraception. "Il faut en être bien conscient."

A noter que la ménopause augmente la vulnérabilité face aux maladies cardiovasculaires. En effet, comme l’explique Muriel Sprynger, les femmes sont protégées par les hormones pendant la période génitale active. "Et puis, à la ménopause, il y a toute une modification et le risque cardiovasculaire se met à augmenter rapidement."

Par ailleurs, les traitements ne sont pas toujours anodins, il est donc conseillé d’en parler avec le médecin traitant gynécologue. "Il faut préférer les traitements à base d’œstrogènes naturels sous forme de gel ou de patchs. Et puis respecter les conditions, comme ne pas avoir des antécédents cardiovasculaires – et donc c’est plutôt réservé aux femmes qui ont des bouffées de chaleur."

Des symptômes différents

Il existe des différences de symptômes entre hommes et femmes.

Par exemple, un infarctus ne se manifestera pas de la même façon chez l’un ou chez l’autre. "On a toujours décrit l’angine de poitrine et l’infarctus comme la douleur dans la poitrine qui irradie vers le bas, à gauche ou dans la mâchoire. Mais chez la femme, ça peut être un peu plus bâtard, car ça peut être un essoufflement, des gênes dans la poitrine, au niveau de l’estomac, quand on a mal à l’estomac, ce n’est pas nécessairement le cas."

Mais attention, la cardiologue insiste : les symptômes peuvent varier, il ne faut donc pas hésiter à consulter.

Probablement parce qu’une femme qui s’est évanouie, on pense que ce n’est pas grave. C’est une chute de tension. Un homme qui s’évanouit, là, on est plus alerté

D’ailleurs, cette variété de symptômes complique parfois la prise en charge. Une femme a 27% de chances en moins de bénéficier d’un massage cardiaque qu’un homme quand elle fait un malaise, selon la Ligue de cardiologie de Belgique.

"Pourquoi ? Probablement parce qu’une femme qui s’est évanouie, on pense que ce n’est pas grave. C’est une chute de tension. Un homme qui s’évanouit, là, on est plus alerté. Je pense que c’est ça le problème. Donc c’est un problème d’information."

Les comportements à adopter

Pour se prémunir des maladies cardiovasculaires, certains comportements peuvent être favorables. L’arrêt de la cigarette en fait partie.

"Il faut absolument bannir la cigarette et le cannabis aussi, qui est toxique pour les artères. Et puis, il faut mener une vie saine : faire de l’exercice, manger sainement, pas trop de graisses, pas de sucre, pas de sodas, pas trop de sel. À l’occasion bien sûr, c’est autorisé."

Plus ces comportements sont adoptés tôt, plus ils sont favorables. "Il faut commencer jeune parce que la maladie athéromateuse commence tôt - celle qui donne les infarctus, l’angine de poitrine. Les artères s’abîment très tôt."

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