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Les jeux vidéo gratuits, une manne économique convoitée par les éditeurs

Les jeux vidéo gratuits, une manne économique convoitée par les éditeurs
09 juin 2012 à 09:392 min
Par AFP

Les créateurs de jeux vidéo en ligne -désignés par l'acronyme F2P, signifiant "Free to Play" (jeu d'accès gratuit)- se financent en vendant des accessoires à l'intérieur du jeu lui-même: des armes pour combattre l'ennemi, des vêtements ou des raccourcis pour changer de niveau plus vite. Autant de gadgets qui peuvent coûter entre 1 et 100 dollars.

L'essentiel des ventes se situe autour de 5 dollars et seuls 4 à 5% des joueurs sont prêt à sortir leur carte de crédit, selon John Young, vice-président de développement de produits chez Perfect World Entertainment, filiale américaine du groupe chinois Perfect World.

"Ce qui est vraiment apparu ces dernières années et qui se développe de façon exponentielle, ce sont les F2P", a-t-il déclaré à l'AFP lors du salon E3, la grand-messe du jeu vidéo, qui se tenait cette semaine à Los Angeles.

Perfect World Entertainment, qui édite les jeux à succès Donjons et Dragons et Star Trek Online, a doublé son chiffre d'affaires chaque année depuis 2008. Et sa maison mère a engrangé 429 millions de dollars en 2011, essentiellement grâce aux F2P.

Possible grâce aux tablettes, téléphones et internet

Pour être rentable avec un si petit nombre de gens prêts à payer pour un accessoire virtuel, le modèle économique exige une participation massive des joueurs -plusieurs millions-, rendue possible grâce aux progrès des tablettes et téléphones portables et la propagation d'internet.

"La clé, c'est le volume", a déclaré Yves Guillemot, président du géant français Ubisoft. "Il faut parvenir à ce qu'énormément de gens téléchargent le jeu, sinon il n'y aura pas suffisamment de personnes disposées à payer pour les accessoires", dit-il.

Le jeu Free Realms, de Sony Online Entertainment (SOE), compte 23 millions d'utilisateurs dans le monde, tandis que Star Trek Online, édité par Perfect World, lancé le 17 janvier dernier, a vu le nombre de ses joueurs augmenter de 700% en deux mois.

"Dans le vieux modèle (économique), on faisait une seule vente et après cela, le créateur ou l'éditeur ne recevait plus d'argent de l'acheteur", explique John Young. "Du coup, ils ne s'intéressaient pas à la façon dont les gens utilisaient les jeux. Dans notre modèle, on ne gagne de l'argent que si les joueurs continuent à apprécier leur jeu après l'avoir essayé".

Une opinion partagée par John Smedley, président de Sony Online Entertainment (SOE), la branche de Sony consacrée aux jeux sur internet, parmi lesquels Planet Side 2 -dans la veine de Call of Duty- et Everquest.

AFP

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