Golf

Les golfeurs seraient-ils plus performants à huis clos?

Les golfeurs seraient ils plus performants à huis clos?

© Donald Miralle - Getty Images/AFP

12 avr. 2020 à 06:00Temps de lecture3 min
Par Christophe Reculez

A l’arrêt comme tous les autres sports, le monde du golf attend avec impatience de pouvoir reprendre la compétition. Un retour qu'envisage à huis clos le puissant circuit américain PGA dans le média spécialisé Golf Digest vendredi, afin de reprendre au plus vite les tournois.

Dans une note envoyée à des joueurs , le PGA Tour se fixe comme objectif une reprise le 21 mai, au Charles Schwab Challenge de Fort Worth (Texas). "Je suis assez surpris de cette empressement", explique le golfeur belge Nicolas Colsaerts. "Je trouve qu'il y a des choses plus importantes pour le moment, surtout au États-Unis. Mais si cette décision de jouer à huis clos est effectivement prise, cela va faire très bizarre. On va dire que cela nous rappellera nos compétitions de clubs quand on était gamin et qu'il n'y avait personne."

La concentration facilitée?

La concentration facilitée sans public?

Tout sport demande une concentration extrême, en particulier quand il est pratiqué à haut niveau. Mais parmi ceux-ci, le golf est très certainement un de ceux qui requiert le plus de calme et de sang froid. D'où cette question: les golfeurs ne seraient-ils pas plus performants sans public? "Je pense que cela dépend vraiment des golfeurs. Pour les golfeurs qui ont l'habitude de jouer devant 5 000, 10 000 ou 15 000 personnes, cela risque de les perturber."

Et pourtant, dans l'imaginaire populaire, à l'instar du tennis avant un service, du rugby avant une pénalité ou une transformation (même si cela se perd de plus en plus), le public assistant aux performances des golfeurs a pour habitude de respecter un calme absolu. " L'idée que le public ne dit pas grand chose, c'est une vieille légende.", contredit Nicolas Colsaerts. "C'est à l'opposé du golf professionnel à l'heure actuelle. En particulier aux Etats-Unis. Ça gueule. Les gens sont ivres la majorité du temps. Ce n'est pas comme à Wimbledon, au tennis, où le public se contente d'applaudir. En Europe, c'est moins le cas mais aux Etats-Unis bien. C'est assez rock and roll".

Et puis, sans parler de comportements pour le moins négatifs, le public joue parfois un rôle malgré lui. "Je ne sais pas si certains jouent vraiment avec le public ou qu'ils y puisent une énergie. Mais je peux vous garantir que quand vous jouez un tournoi du PGA Tour avec Tiger Woods, vous voyez clairement la différence par rapport à un inconnu du circuit. On ne va pas dire que quelqu'un comme Tiger Woods en joue. Mais le public joue une rôle sur lui et ses adversaires." 

La fureur Ryder Cup

L'exception Ryder Cup

On l'aura compris : le golf joué dans une ambiance de "bibliothèque", ce n'est plus vraiment la norme. Mais il est une compétition qui ne l'aura jamais vraiment été: La Ryder Cup. Cette compétition, presque centenaire (1927), entre Européens et Américains (depuis 1979), a pour habitude de déchainer les passions et le public s'y fait entendre. "Alors là, c'est impensable", explique Nicolas Colsaerts qui y a participé à la légendaire compétition en 2012. "Une Ryder Cup sans public, cela n'a aucun sens. J'en serais même étonné, la compétition ayant lieu aux Etats-Unis fin septembre. Et clairement, d'autant plus qu'ils ont du mal à remporter la compétition ces 20 dernières années (NDLR: 7 défaites américaines sur les 9 dernières éditions), on se fait insulter toute la semaine quand on va jouer aux USA. On peut parler de 13, 14, 15ème homme. Ce serait donc une grande erreur de l'équipe américaine de se priver de cela."

Un retour à plusieurs vitesses

Un retour à plusieurs vitesses

Dans sa communication aux joueurs, le PGA Tour a également promis une période de trois à quatre semaines, après le confinement, avant la reprise des compétitions. "C'est tous les coups en finesse, autour des greens par exemple, qui sont durs à retrouver" explique Nicolas Colsaerts. "Je pense que tous les joueurs seront prêts mais il y aura sans doute un peu de rouille. Mais c'est aussi le cas après la trêve hivernale. Cela mettra néanmoins un peu plus de temps que d'habitude".

Et comme dans beaucoup de disciplines, tous les joueurs ne sont pas logés à la même enseigne. " Quand je regarde les réseaux sociaux, plus de la moitié des joueurs ont un filet chez eux pour taper des balles dans leur jardin. Pour ma part, je suis en Suisse sans aucun club (NDLR: Nicolas Colsaerts était en vacances en Suisse avant le confinement et a décidé de ne pas rentrer chez lui à Monaco). Cela mettra donc plus de temps chez certains pour se remettre en route."

Inscrivez-vous aux newsletters de la RTBF

Info, sport, émissions, cinéma...Découvrez l'offre complète des newsletters de nos thématiques et restez informés de nos contenus

Articles recommandés pour vous