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Les forêts enchantées de Mariia Timofeeva au Picture Festival

La forêt au point du jour, un des thèmes de Mariia Timofeeva
11 mars 2022 à 11:47 - mise à jour 12 mars 2022 à 10:41Temps de lecture3 min
Par Xavier Ess

Bruxelles devient le centre de l’illustration, le temps de la 2e édition du Picture Festival. Parmi les 25 expos, l’illustratrice Mariia Timofeeva est présente chez Image Fantôme et chez Grafik avec deux séries inspirées des forêts de Sibérie et de Tchéquie. Un univers singulier qui mélange rêveries, légendes et nostalgie. Cliquez sur les images !

Affiche pour le groupe texan Khruangbin , Mariia Timofeeva
Affiche pour le groupe texan Khruangbin , Mariia Timofeeva © Mariia Timofeeva

Mariia Timofeeva est née à Lyon d’un père franco-russe. Elle a grandi à Perm, dans l’Oural, à 1450 km à l’est de Moscou. Elle vit et travaille à Bruxelles où elle a fait ses études à Saint-Luc et à La Cambre. Elle puise son inspiration dans les mythes et les légendes et dans ses expériences de déambulation dans la nature. Avec une prédilection pour la forêt, un thème récurrent dans ses illustrations qui sont comme les instantanés d’un récit en cours. Un moment de suspension dans l’histoire. Et c’est à nous à la construire.

Une des illustrations de l'expo "Miroir"  chez Image Fantôme
Une des illustrations de l'expo "Miroir" chez Image Fantôme © Mariia Timofeeva

La nature en force

Pour Mariia Timofeeva, la forêt sibérienne est une référence : une forêt pure , sauvage, "pas touchée par la présence humaine et impossible à pénétrer à certains endroits", confie l'artiste. Son univers imprégné des forces de la nature s’inspire de cette réalité : un univers "pur et aussi dangereux" dans lequel l’humain est très fragile. Chez Image Fantôme, l’exposition est titrée Miroir avec une question centrale pour Mariia : le paysage est-il mon reflet ou suis-je le sien ? Quels échanges possibles entre une nature sauvage et un humain domestiqué ? Une forme d’encouragement à la reconnexion avec l’animalité en nous et la juste place de l’humain face à son environnement. Une expérience à faire dans la solitude, précise l’artiste.

L'univers onirique de Mariia Timofeeva
L'univers onirique de Mariia Timofeeva © Mariia Timofeeva

Entre appréhension et émerveillement 

L’ambiance de ces images nous emmène dans un univers entre réel et rêverie où la nature est toujours fascinante mais aussi inquiétante. Mariia Timofeeva privilégie deux moments dans ses représentations : la lueur rose qui précède juste le lever du soleil et le crépuscule entre chien et loup, moments où la lumière, la nature et les animaux sont "en mouvement". Les couleurs franches - bleu mint, orange, rouge/rose, lilas - participent de cette étrangeté et de cette fausse naïveté qui entourent ses dessins.

Escale fragmentée, Mariia Timofeeva
Escale fragmentée, Mariia Timofeeva © Mariia Timofeeva

Expériences personnelles

Dans le récit Escale fragmentée dont deux planches sont visibles chez Image Fantôme (agence créative et galerie), l'illustratrice traite des enjeux du voyage : une tristesse de la séparation et une angoisse de l'inconnu mêlée d’un désir de liberté. Dans son rêve, la jeune fille en voyage tombe sous terre, se confronte aux silhouettes fantomatiques de son passé et traverse ses traumatismes vers la lumière.

Esprit slave

Un spleen, une nostalgie, une invitation à la divagation de l’esprit est souvent à l’œuvre dans les images. De même les influences des légendes et des symboles, comme le cerf , gardien de la paix dans la forêt dans l’esprit de l’artiste. Autre gardienne de légende, slave celle-là, c’est la vieille Baba Yaga, maîtresse de la forêt et des bêtes sauvages, présentée aussi comme une sorcière et voleuse d’enfants… Mariia Timofeeva la réhabilite sous les traits d’une jeune femme sereine et bienveillante.

Baba yaga , Mariia Timofeeva
Baba yaga , Mariia Timofeeva © Mariia Timofeeva
Une image de l'expo Polyphonie(s) à la galerie Grafik
Une image de l'expo Polyphonie(s) à la galerie Grafik © Mariia Timofeeva

Voyage en Tchéquie

A la galerie Grafik, Timofeeva présente Polyphonie(s) : des œuvres nées d’une résidence à Brno en Tchéquie où, entre forêt préservée et ville moderne, elle a tenté de capturer les rencontres entre l'homme et l'animal. Ces images sont des instants de rencontres imaginaires figées dans le temps.

L’illustratrice travaille soit au feutre, soit en print, soit en risographie, un procédé d’avant la photocopie remis au jour par de nombreux illustrateurs aujourd’hui. RisoZine, Marseille-Bruxelles, une des expos du  Picture Festival centrée sur cette technique riso se déroule à la galerie Bortier du 22 au 27 mars. 

Le Picture Festival se déroule à Bruxelles du 18 au 30 mars 2022

 Dans le cadre d'Europalia, Mariia Timofeeva a remporté le concours d'affiche prônant le retour des trains de nuit - 2021
Dans le cadre d'Europalia, Mariia Timofeeva a remporté le concours d'affiche prônant le retour des trains de nuit - 2021 © Mariia Timofeeva

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