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Les festivals de cinéma en Fédération Wallonie-Bruxelles lancent un cri d'alarme

Arnaud et Nathalie Baye au Fiff de Namur en 2015 - un des festivals signataires de la lettre ouverte aux ministres, cri d'alarme des festivals de cinéma en Fédération Wallonie-Bruxelles
18 juin 2020 à 12:43 - mise à jour 18 juin 2020 à 12:43Temps de lecture2 min
Par Monika Wachter

Les festivals de cinéma en Fédération Wallonie-Bruxelles sont inquiets. Le BIFF, le FIFF, les Festival Anima, de Liège, de Mons ou encore de Moustiers ont envoyé aujourd’hui une lettre ouverte aux différents ministres de la culture. Ils lancent un cri d’alarme. Ils se disent durement touchés par la crise sanitaire.

Nous existons !

Nicole Gillet est la déléguée générale du FIFF, le Festival international du film francophone de Namur qui existe depuis plus de trente ans. Elle insiste : " Nous avons tout d’abord vouloir dire que nous existons ! " Ils regrettent de ne pas avoir été inclus récemment, ni comme opérateurs cinéma dans le plan d’aide spécifique à l’audiovisuel, ni dans le plan d’aide relatif aux festivals en général.

Un secteur culturel et économique

Les directeurs de festivals soulignent dans leur lettre ouverte qu’ils sont un important acteur culturel ET économique. Chaque année, 340.000 festivaliers, 1400 invités de cinéma belges et internationaux participent aux séances et événements périphériques qui, ensemble, représentent un total de plus de 200 jours d’activités et plus de 1800 séances.

" Nous collaborons avec plus de 1400 structures de tous types, faisons travailler 650 prestataires privés dans les domaines de l’Horeca, l’hôtellerie, la technique et la communication entre autres, ce qui fait de nous des acteurs économiques à part entière de nos villes et nos régions. "

Un refinancement des contrats-programmes 

Les festivals demandent un juste refinancement des contrats-programmes des festivals de cinéma qui ne représente qu’environ 0,12% du budget culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ils souhaitent également une réflexion en profondeur pour faciliter un meilleur soutien du privé.

On ne va plus pouvoir tenir le cap

Depuis 10 ans, les signataires disent avoir constaté que la situation s’est progressivement compliquée, avec des cahiers des charges plus lourds, des coûts qui augmentent, des subsides qui ont plutôt tendance à diminuer et une difficulté grandissante à obtenir des soutiens privés.

" Le quotidien est déjà très difficile, explique Nicole Gillet. Depuis des années, on nous demande toujours plus avec toujours moins. On va suffoquer. On ne va plus pouvoir tenir le cap. C’est impossible de toujours faire plus. On demande de nos différents événements qu’ils grandissent, qu’ils amènent de la nouveauté, de la visibilité, qu’ils soient présents dans les salles, sur les plateformes, sur les réseaux sociaux. Et les subsides que l’on obtient restent les mêmes. Et les partenaires privés, on voudrait pouvoir les avoir encore à nos côtés. Mais pouvoir valoriser les soutiens qu’ils nous apportent ".

Les directeurs de festivals espèrent qu’il y aura des perspectives concrètes et durables pour leur secteur afin de leur permettre de rester des acteurs culturels du monde de demain.
 

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