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Les festivals belges pas assez inclusifs pointe Scivias, qui espère 33% de femmes sur scène dès 2023

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Une meilleure représentation des femmes dans le secteur de la musique en Fédération Wallonie-Bruxelles : c'est sur cet objectif que travaille Scivias. Sarah Bouhatous, coordinatrice, a rapporté les ambitions de l'organisme dans Matin Première.

La saison des festivals bat son plein après deux ans de pandémie. Si ces événements forment, au sein du public, les réunions d'une multitude de nationalités et d'orientations sexuelles différentes, sur scène, l'inégalité des genres est encore bien marquée.

Le dernier rapport de Scivias, réalisé sur 13 festivals dont Les ArdentesLaSemo, Dour ou les Francofolies de Spa, constate que la programmation de ces événements reprend 78% d'hommes, 21% de femmes et 1% de personnes non-binaires.

Ces chiffres, selon Sarah Bouhatous, coordinatrice du mouvement Scivias, sont proches d'autres études menées à l'étranger, notamment en France. Elle nuance toutefois : "pour d'autres festivals, les chiffres sont encourageants : cela signifie qu'il y a un véritable travail qui commence à être effectué". L'impulsion a notamment été donnée lors de ce printemps 2022 par le nouveau festival Les Équinoxes.

L'importance d'une plus grande inclusivité

Cette sous-représentation des artistes féminines et non-binaires interpelle en 2022. 

"La musique c'est un art de la représentation (...) Aujourd'hui il y a plus de 50% de femmes au sein de la population. C'est aussi important qu'elles aient ces espaces de parole et qu'elles puissent s'exprimer sur scène" souligne Sarah Bouhatous.

Plusieurs raisons sont invoquées pour expliquer ce manque d'égalité dans les programmations comme le budget, une invisibilisation des femmes dans le secteur musical, mais aussi l'identité des programmateurs. Dans un précédent rapport de septembre 2020, Scivias a constaté que 17% de femmes sont programmatrices en FWB. Or, "le travail de programmation se base en grande partie sur une écoute relationnelle : des échanges entre programmateurs qui programmeront ce qui leur ressemble ou ce qui leur parle".

Viser les 50% dans les prochaines années

Scivias tente de sensibiliser à la parité dans les festivals et de fédérer les professionnels du secteur qui souhaitent agir dans ce sens. Tables rondes, ateliers et échanges sont prévus par l'organisme, qui espère atteindre les 33% de femmes en 2023. Pourquoi cet objectif à court terme ?

Parce que la chercheuse américaine Rosabeth Kanter démontrait déjà "qu'au-delà d'un tiers de femmes dans un groupe ou dans un collectif elles ne sont plus forcées de s'aligner sur la norme qui la plupart du temps, est masculine".

Ce chiffre est déjà atteint par certains festivals. Mais Scivias vise les 50% dans les prochaines années.

Le 17 juillet sur La Première, un épisode des Grenades série d'été se concentre sur les initiatives qui germent pour une meilleure représentation des femmes dans la musique.

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