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Les factures d’énergie à l’agenda politique

Philippe Walkowiak
29 sept. 2021 à 10:142 min
Par Philippe Walkowiak

L’énergie au cœur de la collection automne-hiver de nos débats politiques ! La flambée des prix est mondiale mais elle prend un tour particulier chez nous, sur fond notamment du remplacement programmé des vieilles centrales nucléaires par des centrales au gaz de transition. Initialement, ces dossiers ne sont pas liés mais le débat politico-socio-économique les rattrape.

Sortie du nucléaire

En 2003, la majorité arc-en-ciel (libéraux, socialistes, écologistes) de Guy Verhofstadt entérinait la sortie du nucléaire, à partir de 2015.

Même s’il a fallu (de manière illégale, avait estimé la Cour constitutionnelle) prolonger l’existence de deux centrales pour garantir l’approvisionnement électrique, cet abandon de la filière nucléaire n’a jamais été remis en cause par aucun gouvernement, même en l’absence des écologistes, relégués dans l’opposition de 2003 et 2020.

De même, le gouvernement Michel où se retrouvaient pourtant les formations partisanes de l’atome, a confirmé la sortie du nucléaire pour 2025.

Voilà pour les principes généraux. Toutefois, rien n’a jamais été réellement entrepris pour atteindre cet objectif et les gouvernements fédéraux qui se sont succédé depuis 2003 en porte la responsabilité.

Techniquement, cela semble possible, beaucoup moins politiquement et sans doute aussi à présent financièrement.

La sortie du nucléaire suppose la collaboration univoque de toutes les régions, également compétentes en matière d’énergie. La Flandre renâcle.

Explosion des prix

Les prix du pétrole et du gaz partent à la hausse. Une hausse brutale et mondiale, liée à la reprise économique post-Covid. Le phénomène serait donc principalement conjoncturel. C’est le pari (risqué ?) de la ministre fédérale de l’énergie et du gouvernement d’Alexander De Croo.

Pendant ce temps, la facture grimpe, même si l’énergie n’en constitue qu’une partie réduite (37% pour l’électricité, 54% pour le gaz). La marge de manœuvre des autorités demeure ténue. Une baisse de la TVA de 21 à 6% n’aurait qu’un impact réduit pour les ménages.

Ces fortes hausses pourraient aussi donner lieu à une réflexion sur les bénéfices des distributeurs d’énergie, des intercommunales qui reversent des dividendes confortables aux communes et provinces, une sorte d’impôt déguisé pour les consommateurs.

La facture grimpe. La sortie du nucléaire n’y est pour rien. Mais le télescopage des deux sujets peut faire monter la tension politique.

@PhWalkowiak

Les factures d'énergie explosent: JT 21/09/2021

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