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Sommeil

Les enfants, victimes méconnues de l'apnée du sommeil

Les enfants, victimes méconnues de l'apnée du sommeil.
22 avr. 2022 à 13:002 min
Par RTBF avec AFP

On l'évoque surtout pour l'adulte mais l'apnée du sommeil est loin d'être rare chez l'enfant et néfaste à son développement, mettent en garde des spécialistes, qui appellent à un dépistage précoce de cette pathologie.

Un enfant sur vingt concerné

Sa prévalence pédiatrique ressort entre 2 et 5% dans la plupart des études, parfois davantage, souligne la pneumo-allergologue Madiha Ellaffi lors d'un webinaire. Selon les données de l'Inserm, le pourcentage passe à 8% pour les 20-44 ans et davantage pour les plus âgés. Mais pour cette médecin d'Albi, cofondatrice de l'association Ideas, qui promeut la prise en charge des jeunes patients, l'apnée du sommeil "concerne au moins un enfant sur vingt", proportion 100 fois supérieure à celle des maladies dites rares.

Le ronflement nocturne, signe clinique d'un éventuel syndrome obstructif du sommeil, est insuffisamment pris en compte selon les spécialistes alors qu'une récente enquête de l'institut OpinionWay réalisée auprès d'un millier de parents a fait ressortir une population de 6% d'enfants ronfleurs.

"Souvent j'entends dire: 'tiens, il ronfle comme son grand-père'... Non, un enfant qui ronfle, ce n'est pas normal !", assure Patricia Franco, responsable de l'unité de sommeil pédiatrique à l'Hôpital Femme Mère Enfant (HFME) de Bron, près de Lyon. Il peut y avoir des gênes ponctuelles, un nez bouché par exemple. "Mais si l'enfant ronfle toutes les nuits de façon prolongée et intense, il faut penser aux apnées du sommeil", insiste la docteure, pour qui "ce message ne passe pas assez dans les familles".

"On n'imagine pas le potentiel perdu"

Souvent insoupçonnée chez l'enfant, cette pathologie est très dommageable, pointe André Stagnara, cadre de rééducation. Il fait écouter l'enregistrement nocturne d'un enfant de quatre ans : on entend "une espèce de cornage", l'air entrant difficilement dans les poumons. Puis le son diminue et la respiration s'arrête une vingtaine de secondes. Une apnée qui se répète plusieurs fois par heure. "Il fait ça toute la nuit. Or c'est lors du sommeil paradoxal (rêve) qu'on enregistre les apprentissages de la journée", explique-t-il.

"Les micro-éveils associés à des baisses d'oxygénation vont altérer le développement psychomoteur de l'enfant."

"On n'imagine pas le potentiel perdu." "Pour bien apprendre à tenir sa cuillère, articuler, faire ses lacets, lire, écrire, il faut un sommeil de qualité pour que le cerveau puisse faire son travail de tri et d'archivage", ajoute la Dr Ellaffi. Et "pour bien dormir, il faut bien respirer".

Les signes qui doivent alerter

Outre le ronflement, des nuits agitées, un réveil difficile, des yeux cernés, un teint pâle, de la fatigue durant la journée, un déficit d'attention à l'école, une hyperactivité ou de l'irascibilité sont d'autres signes et troubles qui doivent inciter les parents à consulter, plaident les spécialistes.

Gouttes dans le nez ou traitement anti-allergique, ablation des amygdales ou des végétations hypertrophiées, kinésithérapie oro-maxillo-faciale pour repositionner la langue, chirurgie de la cloison nasale ou orthodontie, appareil respiratoire "à pression positive continue"... Les réponses aux apnées du sommeil, plus ou moins lourdes, varient selon les cas.

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