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Mails bloqués entre 18h et 7h chez Lidl: "La seule bonne façon d'appliquer le droit à la déconnexion"

Lidl : pas de mails professionnels entre 18h et 7h

JT 19h30

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31 août 2018 à 04:49 - mise à jour 31 août 2018 à 18:141 min
Par RTBF

Une grande nouveauté dans le règlement de travail chez Lidl: dès ce mois de septembre, les employés de bureau de la chaîne de supermarchés ne recevront pas de courriels entre 18 heures et 7 heures du matin. C'est le droit à la déconnexion. Un droit défendu par le ministre Kris Peeters  et proposé dans la loi de relance économique. 

Au total, 600  employés de Lidl sont concernés. Le trafic des courriels sera suspendu le soir tout comme les week-ends. Ceux envoyés en soirée n'arriveront que le lendemain matin.

"C'est une mesure technique, explique un manager de Lidl. Les mails n'arriveront pas dans les boîtes. Il y aura juste quelques exceptions pour les livreurs, le service clientèle, les porte-paroles. Mais il est pour nous essentiel de respecter un équilibre vie privée/vie professionnelle".

Ce blackout technologique est pour Bruno Henri, avocat spécialisé en droit du travail, la seule bonne façon d'appliquer ce droit à la déconnexion pour des employés, sur qui on peut exercer une pression: "Les employés ont besoin de se retrouver devient des contraintes matérielles pour qu'il n'y ait pas de culpabilité, et pour éviter des situations de rivalité interne qui feront que certains vont respecter la règle et d'autres qui ne vont pas la respecter"

Un droit, pas obligatoire

C'est en décembre que le ministre de l'Emploi, Kris Peeters (CD&V), avait émis l'idée de s'attaquer à ce droit. Mais ce droit n'est pas encore obligatoire en Belgique, contrairement à la France.

Chez nous, la loi de relance de mars dernier l'évoque. Elle oblige seulement les employeurs à en discuter avec les délégations syndicales au sein des comités de prévention. 

Et c'est justement cette non obligation qui gêne de nombreux psychologues du travail. En parler ne suffit pas. 

En attendant, il est trop tôt pour savoir si le texte du ministre Peeters a eu des effets.

Chez KBC, par exemple, le droit à la déconnexion est inscrit dans une convention collective.

Notons qu'il y a trois ans, l'expérience avait été tentée par l'administration flamande. Elle l'avait ensuite très vite abandonnée.

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