Les élevages d'animaux à fourrure interdits en Wallonie

Le vison au centre d'un débat éthique

© DIEGO AZUBEL - BELGAIMAGE

05 janv. 2015 à 16:49Temps de lecture2 min
Par Carl Defoy

A ce stade, l’enjeu est plutôt symbolique: il n’y a pas d’élevage d’animaux à fourrure en Wallonie. Seulement en Flandre. "Oui, mais il y a déjà eu des tentatives et puisque nous sommes à présent en mesure de légiférer, nous prenons les devants", explique Dimitri Fourny, cdH qui a déposé la proposition. Il rappelle qu'il y a deux ans, un projet avait vu le jour dans la région de Virton. A cette époque, la commune avait refusé son autorisation sous la pression d'opposants qui avaient rallié à eux le ministre Di Antonio.

Aujourd'hui la question fait à peine débat. Le consensus semble de mise parmi les députés wallons. Y compris au sein de l'opposition MR Philippe Dodrimont estime que ce décret "répond à l'attente de ceux qui pensent qu'il faut défendre le bien-être de ces animaux."

De l'opportunisme moral ?

Pour sa part, la Fédération Belge de la Fourrure souligne que la demande de fourrure continue d’augmenter. Le risque, selon Christian Parmentier, secrétaire de la Fédération, c’est que l’activité soit progressivement accaparée par des pays moins regardants sur les conditions d’élevage. Il plaide plutôt pour qu'on s'en tienne aux recommandations européennes sur le bien-être animal. Interdire l'élevage de visons, c'est, dit-il, de "l’opportunisme moral" et il dénonce "l'action d'un mouvement très fondamentaliste et idéologique qui considère que sa propre vision est la seule correcte moralement".

En Europe, le Danemark, la Finlande, la Norvège et les Pays-Bas sont les principaux producteurs de fourrures alors que le Royaume-Uni, la Bulgarie et l'Autriche ont prohibé l’activité. En Belgique, les éleveurs - une quinzaine - sont essentiellement flamands. Ils ne craignent apparemment pas que les décisions wallonnes percolent jusqu’à eux. Et ils se sentent confortés par la décision de la justice néerlandaise qui a récemment annulé une loi comparable.

Conseil wallon du bien-être animal

La question aboutira en séance plénière dans 15 jours. Et il ne fait guère de doute que le décret sera voté.

Parallèlement à cette décision, le Parlement wallon a examiné un texte qui institue le Conseil wallon du bien-être des animaux. Il sera chargé d'émettre des avis sur la question à la demande du Gouvernement ou d’initiative. Le Conseil sera composé de représentants des associations de protections animales, des éleveurs, du secteur agricole, des vétérinaires et de la société civile et il sera encadré par des experts scientifiques.

Carl Defoy

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