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Les Éclaireurs :Modèles climatiques, Robot relationnel, et Eau de pluie

Fabienne Vande Meerssche
15 déc. 2018 à 11:309 min
Par Fabienne Vande Meerssche

Les invités de Fabienne Vande Meerssche (@fvandemeerssche) ce samedi 15 décembre dans Les Eclaireurs (#LesEclaireursRTBF) sont : Catalina Dobre, doctorante et architecte à la Faculté d’Architecture La Cambre Horta de l’ULB ; François Massonnet, climatologue et Chercheur Qualifié FNRS à l’UCLouvain et Pascal Rivière, Maître assistant en Psychopédagogie à la Haute Ecole du Hainaut.


Direct : samedi 15 décembre 2018 – 13h10’
REDIFFUSION : dimanche 16 décembre 2018 – 23h10’

Catalina Codruta Dobre

Catalina Codruta Dobre

 

Catalina Codruta Dobre est doctorante et architecte à la faculté d’architecture La Cambre Horta de l’Université libre de Bruxelles. Elle a commencé son parcours académique à l’Université d’Architecture et d’Urbanisme ION MINCU à Bucarest (Roumanie) en 2006.  Après une année Erasmus en 2010 à la Faculté d’Architecture La Cambre-Horta de l’ULB, elle y a poursuivi ses études de master et obtient son Master en Architecture avec une Grande Distinction dans la même faculté.

Suite à sa participation en 2012 à un workshop consacré à la reconstruction d’Ishinomaki, une ville japonaise dévastée après le tsunami de 2011, Catalina commence à s’intéresser à la relation entre urbanisme et gestion de l’eau. Elle décide alors de consacrer son doctorat à un sujet très actuel à Bruxelles : "La gestion alternative de l’eau de pluie comme catalyseur pour aboutir à une ville sensible à l’eau".  Elle effectue sa thèse doctorale au sein des centres de recherche LoUIse (Laboratoire en Urbanisme, Infrastructure et Écologie) et HABITER (Centre d’Études en Développement, Territoire et Paysages). Pour ses recherches, Catalina a bénéficié d’une bourse doctorale Mini-Arc de l’ULB (2013-2014) et une bourse aspirant FRS-FNRS (2014-2018).

Pour comprendre les défis internationaux liés à la gestion de l’eau de pluie en ville, Catalina a passé trois mois en 2015 dans l’Université Monash à Melbourne (Australie), ville reconnue pour ses avancées dans le domaine de la gestion de l’eau de pluie, et, en 2016, elle fait un stage de recherche dans l’Université d’Osnabruck en Allemagne.

Flaque d'eau en ville

Sa thèse de doctorat porte sur l’un des grands défis des agglomérations urbaines : la transition vers une gestion durable de l’eau. La transition implique des changements techniques dans l’infrastructure existante, mais aussi des changements propres aux institutions gérant cette infrastructure. L’eau de pluie peut devenir une ressource alternative à l’eau potable et un élément qualitatif d’aménagement de l’espace urbain. Depuis les années 2000, le secteur de l’eau dans la Région de Bruxelles-Capitale fait face à de grands changements, initiés par les politiques européennes, régionales ou communales, mais aussi à travers des interventions réalisées par des acteurs de la société civile. La multiplication des actions et des acteurs dans le secteur de l’eau signale le début d’une transition.

Les recherches de Catalina visent  à comprendre dans quelle mesure des actions alternatives (par exemple des projets citoyens de construction de citernes collectives de récupération de l’eau pluie) peuvent changer le système de gestion de l’eau de pluie pour arriver à une ville sensible à l’eau. Afin d’observer ces phénomènes, Catalina participe activement à des projets de gestion de l’eau de pluie dans la Région de Bruxelles-Capitale en collaboration avec des habitants, administrations locales, associations et bureaux d’études. De plus, elle participe à l’organisation d’ateliers participatifs avec plusieurs acteurs pour créer des espaces d’interaction et de partage des connaissances

Membre fondatrice de l’ASBL "Risk & Architecture Workshop", Catalina a été active dans l’organisation de plusieurs workshops à destination des étudiants en architecture, centrés autour de question du développement durable et de la gestion des risques naturels liés à l’eau. Plus récemment, Catalina a collaboré à une série d’ateliers participatifs, dans le cadre d’un projet de recherche-action intitulé "Brussel sensible à l’eau" (Brusseau), financé par la Région de Bruxelles Capitale via les fonds Co-Create d’Innoviris (2017-2020). Ces ateliers ont pour objectif de proposer des manières innovantes d’intégrer les habitants dans la cocréation d’une gestion l’eau de pluie plus durable.

Le travail de recherche de Catalina C. Dobre a déjà reçu une reconnaissance internationale en obtenant en juin 2013 la première place au concours de posters de recherche de l’UNEP-Tongji (Shanghai), Institut pour l’environnement et le développement durable. En 2015, Catalina a été lauréate du Prix Green Talents 2015, organisé par le Ministère fédéral de l’Éducation et de la Recherche allemande. Elle s’y est distinguée parmi plus de 500 participants du monde entier, grâce à l’interdisciplinarité de ses recherches sur la gestion sensible de l’eau en ville et à sa participation active dans le milieu associatif.

François Massonnet

François Massonnet

 

François Massonnet est climatologue et Chercheur Qualifié du FNRS à l’Université catholique de Louvain. Pendant ses études d’ingénieur civil (2004-2009), il profite de la réforme de Bologne sur l’enseignement supérieur européen pour enrichir sa formation en mathématiques appliquées par des cours suivis en géographie physique, météorologie et climatologie. Il a par ailleurs l’occasion d’effectuer un échange Mercator/Erasmus d’un an à la Simon Fraser University de Vancouver (2007-2008). Il entreprend ensuite une thèse de doctorat à l’UCLouvain, d’abord en tant qu’assistant puis comme aspirant FNRS. Pendant sa thèse, il s’intéresse aux modèles mathématiques utilisés pour simuler l’évolution de banquise et pour en prévoir l’évolution sur des échelles de temps allant de quelques mois à plusieurs siècles. Il contribue au rapport du cinquième rapport d’évaluation du GIEC, en proposant de réduire les incertitudes sur la disparition de la banquise arctique en été. Il obtient son doctorat en Sciences en 2014 et poursuit alors sa carrière au Barcelona Supercomputing Center (2014-2016), un centre européen de premier plan s’intéressant à la prévision climatique à court terme (quelques mois à quelques années). Il y apprend à utiliser le modèle climatique européen de référence et développe des méthodes statistiques originales pour l’évaluation de modèles climatiques. Il rejoint le Earth and Life Institute de l’UCLouvain en tant que Chargé de Recherche du FNRS et y est nommé Chercheur Qualifié du FNRS en 2018.

FNRS

Les prévisions du temps permettent d’anticiper les aléas météorologiques avec un certain taux de succès. Par ailleurs, les projections climatiques prévoient une augmentation de la température de la planète en réponse aux émissions de gaz à effet de serre. Entre prévisions du temps et projections climatiques, y a-t-il un espoir de prévoir le temps qu’il fera? La prévision climatique s’attèle à répondre à cette question. Aux échelles de temps concernées (quelques mois à plusieurs années), le climat est influencé par ses propres fluctuations naturelles, mais aussi par des forçages externes tels que les changements de composition de l’atmosphère liés, entre autres, aux émissions de gaz à effet de serre.

Une prévision climatique fiable doit donc prendre en compte ces deux facteurs, ce qui n’a pas été possible jusqu’il y a quelques années pour des raisons scientifiques et technologiques. Or, améliorer les prévisions climatiques est d’une importance stratégique cruciale pour nos sociétés, dont la vulnérabilité aux phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes devient chaque année de plus en plus évidente.

Un des outils privilégiés pour l’étude de la prévision climatique est le modèle numérique de circulation générale du climat, le " modèle climatique " (programme informatique qui résout les équations fondamentales de la physique pour fournir une estimation de l’état de l’atmosphère et des océans à n’importe quel moment dans le passé, le présent et le futur). La prévision climatique butte actuellement sur un problème de taille : les modèles climatiques présentent des erreurs systématiques (par exemple, les océans sont trop chauds en surface autour de l’Antarctique), ce qui limite fortement le potentiel de prévision. L’évaluation des modèles climatiques constitue le premier thème de recherche de prédilection de François Massonnet. Est-il possible d’établir sur base objective si un modèle est suffisamment bon pour une certaine application ? Par ailleurs, pour éliminer les erreurs systématiques des modèles, il a souvent été proposé de les complexifier en y ajoutant plus de physique et en les faisant tourner à plus haute résolution spatiale. Cette stratégie implique cependant une explosion des ressources informatiques nécessaires. Ses recherches visent par ailleurs à démontrer qu’il est possible de réduire les erreurs des modèles en utilisant ces modèles dans leur version actuelle, mais en les contraignant mieux au moyen d’observations de terrain et satellitaires. François Massonnet concentrera ses recherches sur l’Atlantique Nord, un lieu de rencontre entre les climats polaires et tropicaux et dont la dynamique définit en grande partie le temps qu’il fait chez nous en Europe. A long terme, ses recherches auront pour but d’approfondir la compréhension des mécanismes physiques qui contrôlent la variabilité climatique en Europe sur des échelles de temps de quelques mois à quelques années.

Outre la communication des résultats de ses recherches dans des revues spécialisées, François Massonnet est particulièrement sensible à la communication pour la société civile, notamment via des séminaires dans des écoles ou des interventions dans les médias.

Pascal Rivière

Pascal Rivière

 

Pascal Rivière est Maître-assistant en psychopédagogie à la Haute École du Hainaut, catégorie pédagogique. Licencié en Sciences Psychopédagogiques et titulaire d’une Maîtrise en informatique et éducation de l’actuelle UMONS, Pascal Rivière a exercé en tant que chercheur dans le service du Professeur Louis d’Hainaut puis dans l’enseignement secondaire et de promotion sociale avant de devenir Maître Assistant en psychopédagogie à La Haute École du Hainaut. Il intervient principalement dans la formation des bacheliers Éducateurs Spécialisés en accompagnement psycho-éducatif (Cours de Mécanismes de la Relation Humaine et de Psychologie Sociale) mais aussi dans celle des futurs enseignants (Cours de Psychologie de la Relation et de la Communication et Techniques de Gestion de Groupe).

Robot Nao

Ce double parcours en psychopédagogique et informatique a amené Pascal Rivière à tenir un rôle de techno-pédagogue sur le campus, dans le cadre de ses cours et dans son soutien ponctuel aux collègues. Il fut pendant quelques années gestionnaire du Laboratoire d’Enseignement Multimédia, et est intervenu dans la mise en place de Moodle en tant que plateforme d’enseignement). Ces multiples expériences l’ont amené à rejoindre l’équipe du projet Nao visant à utiliser le robot humanoÏde pour améliorer l’accompagnement des publics vulnérables. Lors de la dernière Journée des Chercheurs en Haute Ecole, organisée par le Réseau Synhéra, Pascal Rivière a présenté ce  projet international mené à la Haute Ecole du Hainaut  et au collège de Valleyfield au Québec. L'impact de l'usage de robots humanoïdes dans le champ de l'éducation et, plus particulièrement dans le champ de l'éducation spécialisée, sur le long terme reste peu connu. Les études menées jusqu'à présent ont des méthodologies et des scénarios variés, des durées courtes et un nombre limité de sujets. Le projet international a pour vocation d'expérimenter l'utilisation du robot Nao au sein d'institutions accueillant un public fragilisé. Des canevas de scénarios et d'observation ont été élaborés afin de permettre une homogénéité des protocoles et favoriser les échanges de ces derniers.

La collaboration entre le campus pédagogique et le campus technique est un atout majeur de ce projet. L'articulation des scénarios et de leur mise en oeuvre technique représente un élément facilitateur de l'expérimentation.
Le partenariat avec les institutions de terrain est indispensable, l'Esperanderie (institution sur les hauteurs de Bonsecours), qui accueille des enfants et adolescents ayant un trouble autistique est entrée récemment dans le projet. Un centre de revalidation pluridisciplinaire pour enfants s'y intéresse également. Le partage et l'échange des différentes observations devraient permettre à chacun des participants de bénéficier des avancées et réflexions des uns et des autres.

 

Pour en savoir plus sur les robots humanoïdes et les enjeux éthiques qu'ils soulèvent, vous pouvez consulter les liens suivants:

https://youtu.be/Ai0JalrgxKk

https://youtu.be/Kjd9W7X5WDk

https://youtu.be/5gPAFSB7qc0

https://youtu.be/4wU9CEH_Lnk

https://youtu.be/zbZnf8OEzOs

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