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Les e-sportifs, des athlètes du futur ?

Les e-sportifs, des athlètes du futur ?
06 avr. 2017 à 14:39 - mise à jour 06 avr. 2017 à 14:39Temps de lecture3 min
Par debv

Paul Arrivé, journaliste e-sport chez l’Équipe et auteur d’une série documentaire In Game : "l’e-sport est un sport de compétitions de jeux vidéo. Il s’agit de compétitions de jeux de divertissement ou aussi des jeux en ligne avec des affrontements entre deux équipes ou deux joueurs."

Les compétitions de jeux vidéo sont de plus en plus médiatisées. En 2015, la demi-finale des championnats du monde d’e-sport se tenait à Bruxelles au Palais 12. La compétition a rassemblé 15.000 personnes.

Peut-on véritablement parler de sport ?

Pour Philippe Mora, un des premiers à avoir faire des recherches universitaires sur l’e-sport, le sport n’est pas synonyme d’activité physique : "à la naissance du sport, il y avait d’autres activités physiques qui étaient en concurrence avec le mouvement sportif qui était clairement identifié comme venant d’Angleterre avec le football, le rugby, etc. Par exemple, aux Jeux Olympiques, il y avait des compétitions de poésie. Donc, l’esprit sportif est un esprit particulier, où il faut vaincre par un entrainement rationnelle, une ascèse complète et tout est axé vers la victoire." Dans le langage commun le terme "sportif" s’est généralisé, cette terminologie crée cet amalgame avec l’activité physique.

Le sport électronique est-il un sport traditionnelle ?

Selon Nicolas Besombes, docteur en sciences du sport de l’université Paris Descartes, relève quatre éléments de l'e-sport : la pertinence motrice de l’activité, l’organisation de compétitions, le système réglementaire et le dispositif institutionnelle. Le sport n’est pas que purement physique mais il est vrai qu’on ne peut pas exclure le terme "sport" quand on parle des sports électroniques. "Dans l’imaginaire populaire, le sport est associé à la dépense énergétique. Mais aujourd’hui, il y a des sports comme le tir à l’arc et le tir au pistolet qui sont des sports où la dépense énergétique est relativement moindre qu’au football. La différence est que cela passe par une motricité qui est performante."

A Seattle, lors d’une compétition d’e-sport, il y avait en jeu un gain de 18 millions de dollars. Ces compétitions drainent un public de plus en plus important mais aussi une somme financière importante à la fois pour les joueurs et les organisateurs. Selon Paul Arrivé : "les joueurs sont des professionnels, ils sont payer pour jouer aux jeux vidéo de compétitions et il y a des dotations qui sont de plus en plus élevés."

L'engouement des clubs de football pour l'e-sport

Le jeu League of Legends - entre autres - drainent des compétitions phénoménales avec des milliers de participants et des sommes faramineuses. Le jeu Fifa a sensibilisé des clubs de football comme le Paris Saint-Germain, AS Monaco ou encore l’Olympique Lyonnais à avoir leurs propres équipes d’e-sport. En Belgique, il n’en est rien pour les équipes belges mais cela ne saurait tarder. En France, l’e-sport est reconnu mais chez nous ce sont deux députés du Mouvement Réformateur, Alain Destexhe et Jean-Luc Crucke, qui ont déposés une proposition pour que l’e-sport soit reconnu, subventionné et protégé par la législation en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Le décalage entre les gamers et les parents

Il y a un décalage de génération car les parents ne connaissent pas le monde des jeux vidéo. Ils n’ont pas grandi avec cette technologie. Dans le documentaire In Game, "Lenny a grandi avec les jeux vidéo et les compétitions en ligne. L’e-sport, c’est son sport. Il ne va pas regarder des matchs de football mais il va regarder des matchs de League of Legends. Cela a créé chez lui une vocation et l’envie de devenir professionnel. Ça c’est quelque chose que ses parents comprennent mais pour d’autres ce n’est pas encore facile."

Y a t-il une différence entre le milieu de l'e-sport et du football ? L’e-sport est un univers chaleureux et conviviale. Selon Nicolas Besombes, cette convivialité est due au fait que le milieu de l’e-sport est très jeune : "peut-être qu’à terme, on retrouvera les mêmes dérives de violence et d'accès d'hooliganisme chez les spectateurs. Les joueurs de jeux vidéo ont toujours été stigmatisés à travers les médias et différents discours politiques. Il y a une volonté de montrer une bonne image."

 

Quel sera l’avenir de l’e-sport ?

Philippe Mora dit du futur du sport électronique qu'il sera fait de "développement, de l’encadrement et de l’homogénéisation". Nicolas Besombes, lui, conseille : "de la structuration de l’écosystème drastique et de l’uniformisation internationale."

Le conseil documentaire de Véronique Thyberghien

Extrait de In Game, une série documentaire.

Portrait de deux joueurs : l’un est un professionnel de l'e-sport, l’autre voudrait le devenir.

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