Les drogueries: un commerce en voie de disparition

La famille Gysels se bat pour que sa droguerie survive

© Marie-Anne Brilot

10 nov. 2016 à 05:38 - mise à jour 10 nov. 2016 à 07:44Temps de lecture2 min
Par Marie Anne Brilot

C’est encore un commerce de proximité qui est en train de s’éteindre. On en comptait quelque dix mille dans les années 70, les drogueries ne sont plus qu’une trentaine aujourd’hui…un signe qui ne trompe pas, trois de ces commerces vont fermer à Mons et dans la région d’ici plusieurs mois. Philippe, droguiste depuis près de 45 ans à Boussu et dans la région du Centre part à la retraite et personne ne reprendra son affaire.

"Notre métier n’a pas du tout été protégé" nous explique-t-il, "par rapport à la Suisse et aux Pays-Bas, où les autorités ont par exemple autorisé les droguistes à vendre des médicaments sans prescription. Nous, on a vu partir nos clients vers les grandes surfaces et les magasins de bricolage et ils ne sont jamais revenus". Un autre droguiste de Quaregnon va jusqu’à nous confier son dégoût au téléphone car il ne veut pas évoquer publiquement l’arrêt de ses activités. "C’est pénible de m’arrêter mais les mentalités ont changé, cela fait longtemps et on ne reviendra plus en arrière".

Se battre pour survivre

Et pourtant, certains ont décidé de reprendre l’enseigne familiale. Chez les Gysels, on est droguiste depuis trois générations, dans le centre de Tournai. Ils ont ouvert leur commerce en 1949 et depuis, la famille se bat pour perpétuer la tradition et surtout poursuivre ses activités. "Je me suis lancé en décidant d’agrandir le commerce et d’étendre aussi notre gamme de produits" nous confie, tout souriant, Nicolas Gysels, le fils qui a décidé de reprendre le flambeau.

"On propose toujours les produits classiques de la droguerie : les lavettes, éponges et autres produits détergents mais je me suis aussi lancé dans la peinture naturelle, la déco, le bien-être mais vous savez je vois des plus jeunes revenir acheter nos produits. Une autre tendance, c’est de fabriquer soi-même ses produits plus écologiques. Quand l’émission On n’est pas des Pigeons parle d’un produit, je vois dès le lendemain, les clients arriver pour me le demander".

Il a fallu s’adapter mais aussi compenser la disparition de certains produits désormais interdits à la vente comme des herbicides, des matières plus dangereuses aussi. "La loi est devenue plus stricte et il faut trouver de nouveaux articles et pistes pour regagner ses parts de marché perdues".

Notre force : nos conseils !

"Et tant que les grands magasins nous laisserons cela, on durera" martèle Nicolas Gysels derrière son comptoir. Tous les jours, des clients viennent avec un problème concret et cherche une solution "pour effacer des taches d’encre sur des vêtements, sur un plancher, le produit qui les débarrassera des puces, des mouches ou des souris" et pour les aider aussi à comprendre un mode d’emploi ! Cet optimisme n’empêche pas Nicolas de constater les dégâts autour de lui, "on est encore deux sur la ville de Tournai, c’est un patrimoine qui s’en va. Ce n’est plus rentable d’être droguiste, on en vit mais c’est tout". Cette année, l’Association professionnelles des droguistes a cessé ses activités, elle-aussi et faute de membres…

  

          

Etendre sa gamme de produits pour faire revenir les clients
Etendre sa gamme de produits pour faire revenir les clients © Marie-Anne Brilot

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