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Les deux survivants du naufrage de Calais témoignent : "La police britannique ne nous a pas aidés"

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01 déc. 2021 à 11:21 - mise à jour 01 déc. 2021 à 14:33Temps de lecture2 min
Par Wahoub Fayoumi avec agences

Après le naufrage d’une embarcation transportant des dizaines de candidats à l’exil dans la Manche, mardi dernier, les deux survivants du cauchemar ont témoigné devant les caméras.
27 personnes, hommes, femmes et enfants sont décédés ce soir-là. Les deux rescapés, très éprouvés, ont surtout souligné l’inaction des services de secours britanniques.

Mohamed Khaled a 21 ans. Il se rappelle bien de ses compagnons d’infortune, désormais décédés : "Quatre ou cinq d’entre eux étaient des Somaliens. Et quatre autres de l’est (de l’Iran, ndlr), qui étaient près de nous et parlaient farsi. Nous avions un Vietnamien avec nous et deux Egyptiens. Et les quatre autres, je ne sais pas d’où ils venaient."

Le visage fermé, il se rappelle des détails du scénario dramatique. "L’eau a fui par l’arrière, près du moteur […] nous étions seuls dans la mer. Le côté droit du bateau a commencé à perdre de l’air à cause de l’explosion des ballons, alors certains d’entre eux ont commencé à pomper de l’air à l’aide d’une pompe à air qui était sur le bateau, et d’autres ont vidé l’eau du bateau."

Des appels à l’aide

Mohamed, qui a fui le Kurdistan irakien, témoigne : leurs appels au secours sont restés sans réponse… "Au bout d’un moment, nous avons appelé la police française pour obtenir de l’aide, et nous leur avons dit que le moteur était cassé, alors la police française nous a envoyé la localisation et nous a dit que nous étions dans les eaux britanniques et nous avons appelé la police britannique et ils nous ont dit d’appeler la police française, il y avait deux personnes qui appelaient, le côté français et le côté britannique, la police britannique ne nous a pas aidés, tandis que la police française a dit, vous êtes dans les eaux britanniques, nous ne pouvons pas venir."

Le récit du second survivant est le même : les appels au secours sont restés vains, les autorités britanniques les ont tout simplement ignorés… "Lorsque nous avons atteint les eaux britanniques, nous les avons appelés et ils nous ont demandé d’envoyer notre position, raconte Mohamed Isa Omar. Nous avons ensuite essayé de les appeler à nouveau, mais ils n’ont pas répondu. Le bateau a sombré et nous sommes tous tombés dans les eaux britanniquesPuis personne n’est venu, le bateau a coulé, les gens étaient morts et j’ai nagé dans la mer pendant 11 heures."


Lui est Somalien. Il se rappelle les cris désespérés des gens dans l’embarcation. Lorsque certains parlaient au téléphone, d’autres étaient en train de mourir sous ses yeux, témoigne-t-il. Et pourtant, ajoute-t-il, ils ont pu joindre les autorités britanniques non pas une, mais deux fois, pour leur expliquer leur situation de détresse.

Journal télévisé 13H

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