RTBFPasser au contenu
Rechercher

Critiques d'Hugues Dayez

Les critiques d’Hugues Dayez : "Peter von Kant", "The Last Bus", et "Fire of love"

L'Incontournable - Les critiques d'Hugues Dayez

Les sorties cinéma

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

À côté des blockbusters d’été comme "Thor" et autres "Minions", il y a aussi du cinéma d’auteur avec le nouveau film de François Ozon, "Peter von Kant".

Peter von Kant

L'affiche de "Peter von Kant"

Le très prolifique réalisateur François Ozon a jeté son dévolu sur un film du réalisateur allemand Rainer Fassbinder. Ce n’est pas la première fois qu’il s’intéresse à ce réalisateur, puisqu’en 2000, il avait adapté une de ses pièces de théâtre, qui s’appelait "Gouttes d’eau sur pierres brûlantes". Ici, le film dont il s’inspire s’intitulait "Les larmes amères de Petra von Kant", et racontait l’histoire d’une femme d’un certain âge, grande figure de la mode, qui tombait amoureuse d’une très jeune fille et s’ensuivaient des rapports assez ambigus de domination entre les deux personnages.

Que fait Ozon ? Il garde le contexte des années 70’s, la toile de fond allemande, même si le film est en langue française – et les deux personnages sont masculins. Le personnage principal incarné par Denis Ménochet s’appelle Peter von Kant, c’est un grand cinéaste qui va tomber éperdument amoureux d’un jeune garçon, et lui faire perdre la tête. Autant dans sa première adaptation "Gouttes d’eau sur pierres brûlantes", il y avait de l’humour, au second degré et beaucoup de chansons, autant ici, c’est une sorte de drame au premier degré qui sent la naphtaline, c’est très compassé, très théâtral dans le mauvais sens du terme. Et la surprise, c’est la présence d’Isabelle Adjani, qui donne l’impression de sortir directement du musée de Madame Tussaud.

François Ozon nous avait habitués à mieux, son film ressemble plus à une erreur de parcours, et il a visiblement une fascination pour Fassbinder, mais parfois il ne faut pas toucher à ce que l’on aime.

Peter Von Kant

Bande annonce

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

The Last Bus

L'affiche de "The Last Bus"

Timothy Spall qui tient le rôle principal du film de Gillies MacKinnon, n’est pas un inconnu, on l’a vu dans les Harry Potter, et il avait remporté le prix d’interprétation à Cannes, en interprétant le peintre Turner chez Mike Leigh. Il incarne ici, un très vieil homme qui au décès de sa femme, entreprend un long voyage en bus : en fait, c’est le plus long voyage qu’il puisse imaginer sur ses terres, puisqu’il habite à la pointe Nord de l’Ecosse, et qu’il va redescendre dans son village d’origine, à la pointe Sud des Cornouailles. Pour parcourir ces 2000 kilomètres, il imagine tout un parcours avec différents bus. Evidemment, ce voyage en bus va être émaillé de rencontres diverses et parfois surprenantes. Pourquoi entreprend-il ce long voyage, on va le découvrir, c’est un des suspenses du film, qui a un scénario un peu teinté de roublardise, et des ficelles dans les rencontres impromptues de ce vieil homme, avec des personnages qui parfois le rudoient, ou au contraire, se prennent de sympathie pour lui. Mais au final, il y a quand même une émotion contenue, aussi liée au jeu de Timothy Spall qui n’a jamais que 65 ans, et qui joue là un personnage qui en a certainement 20 de plus. Il y a également cette espèce de poésie diffuse, à la fois des paysages écossais et des paysages des Cornouailles… Sans être un très grand film, c’est une jolie sortie estivale, ce Last Bus, avec Timothy Spall.

Loading...

Fire of love

L'affiche de "Fire of love"

Voici un documentaire américain sur un couple français de volcanologues, Katia et Maurice Krafft. Décédés accidentellement en 1991 sur un volcan japonais, ils ont eu une existence incroyable, ils partageaient à 100% la même passion pour les volcans, et ils ont filmé leurs périples à travers le monde. On voit leur itinéraire, leur intérêt d’abord pour l’aventure et la dimension scientifique et spectaculaire des volcans, et surtout dans un second temps, leur rôle déterminant pour essayer d’avertir les populations mal informées sur les dangers de certains volcans, et donc, de prévoir les déplacements de village pour éviter des milliers de victimes. Ils ont eu un rôle déterminant. A l’heure d’aujourd’hui où on parle de catastrophes naturelles et de réchauffement climatique, ce film prend encore une dimension plus intéressante, et évidemment, il est émaillé d’images d’archives puisque Katia et Maurice Krafft étaient un peu les "Commandants Cousteau" des volcans : ils filmaient toutes leurs expéditions, et on a retrouvé des centaines d’heures d’archives qui sont extrêmement impressionnantes. Le couple Kraft, un peu oublié aujourd’hui est remis donc à l’honneur dans ce "Fire of love", et voir des volcans sur un grand écran, c’est quand même mieux que sur un smartphone.

Loading...

Articles recommandés pour vous