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Critiques d'Hugues Dayez

Les critiques d’Hugues Dayez, avec "Entre la vie et la mort", un curieux polar à Bruxelles

L'incontournable de Matin Première

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14 juil. 2022 à 14:55 - mise à jour 15 juil. 2022 à 07:33Temps de lecture3 min
Par Hugues Dayez

Le premier film de la semaine est une curiosité, un polar tourné à Bruxelles, en coproduction franco-belgo-espagnole, et qui s’intitule, "Entre la vie et la mort".

Antonio de la Tore dans "Entre la vie et la mort"
Antonio de la Tore dans "Entre la vie et la mort" Unifrance – Jimmy Nguyen

Entre la vie et la mort

L'affiche de "Entre la vie et la mort"

Le personnage principal Leo Castañeda est espagnol, il est joué par un excellent acteur qui s’appelle Antonio de la Tore qu’on voit de plus en plus dans des polars espagnols, et qui incarne les héros au passé visiblement trouble. Débarqué à Bruxelles, Leo vit d’expédients et trouve un boulot de chauffeur de métro, et un soir quelle n’est pas sa surprise de voir que son propre fils se jette sur les rails devant son métro. Il va découvrir que ce fils, comme l’indique le titre du film ‘entre la vie et la mort’ – a participé comme chauffeur à un impressionnant braquage. Et Leo va tenter de remonter le fil du mystère, pourquoi est-ce que ce fils qu’il avait perdu de vue, a été embarqué dans ce braquage, et il essaie de mener sa propre enquête en parallèle de celle de la police.

Du côté des policiers, on retrouve Olivier Gourmet en commissaire et sa fille qui est inspectrice, jouée par la très séduisante Marine Vacth. Alors, casting international, décor à Bruxelles, ambiance nocturne de polar, et réalisateur français, Giordano Gederlini, qui avait été le coscénariste de ce film très important qu’était "Les misérables" de Ladj Ly. Et autant "Les misérables" était totalement empreint de réalisme, autant ce film-ci hésite entre les codes du polar américain avec les scènes nocturnes, et les scènes d’action obligatoires, et le cheminement psychologique du personnage principal, ce mystérieux Leo. Très curieuse production qui intéressera malgré tout, les amateurs de polar, et de polar européen, et qui ne veulent pas manger uniquement du polar hollywoodien.

Entre la vie et la mort

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Menteur

L'affiche de "Menteur"

Les Français ont longtemps critiqué le procédé, mais ils se lancent maintenant à corps perdu dans des remakes de comédies italiennes, espagnoles, anglaises, ou parfois québécoises. L’idée originale de "Menteur" est assez intéressante : on suit le personnage principal qui est un cadre d’entreprise très entreprenant mais qui ment comme il respire. Il ment toute la journée pour essayer de se faire pardonner de ses retards, il invente des excuses les plus invraisemblables, c’est à la limite de la mythomanie, et puis un jour, à la suite d’une sorte de sortilège, tous ses mensonges vont se concrétiser et devenir réalité, et donc, il va devoir affronter ses propres contradictions.

Formidable thème de comédie, mais malheureusement, l’idée tombe dans les mains d’Olivier Baroux, le réalisateur des Tuches. Entre deux Tuches, le réalisateur se prend au jeu et engage un acteur qui vient des sketchs et du one man show, et qui s’appelle Tarek Boudali. Et dans ce film, rien ne fonctionne, on a l’impression de revenir dans la tradition du navet à la française, avec des acteurs qui surjouent, des situations mal campées… Si jamais vous êtes tentés par l’affiche, méfiez-vous, c’est quand même très pénible.

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Cha Cha Real Smooth

L'affiche de "Cha Cha Real Smooth"

Pour terminer sur une note positive, un film inédit proposé sur une plateforme (Apple TV) qui a remporté le prix du public au Festival de Sundance, c’est une comédie qui s’intitule "Cha Cha Real Smooth".
Les plateformes achètent parfois directement des films qui ont eu des succès en festival, c’était le cas du film oscarisé " Coda ". Et ici, c’est la même chose, c’est un petit bijou ! C’est réalisé par un jeune réalisateur-scénariste-acteur de 25 ans, qui a un charisme fou, il s’appelle Cooper Raiff, et il incarne un jeune homme de 22 ans, qui est engagé comme "ambianceur" dans les bar mitzvahs… Il est très très fort pour mettre de l’ambiance dans les fêtes, mais s’il met les gens de bonne humeur, lui-même vit dans une espèce de mélancolie : il va se sentir très proche d’une jeune mère trentenaire qui a une adolescente autiste, dont il va devenir en quelque sorte le baby-sitter, tout en tombant éperdument amoureux de la mère ! Mais il a 22 ans, elle a plus de 30 ans, est-ce que cette différence d’âge est possible à ce stade-là de la vie où tout reste encore à décider… Cette comédie douce-amère, mélancolique, est en même temps très juste et très drôle, magnifiquement dialoguée, et on s’arrache déjà ce Cooper Raiff qui est en train de devenir la nouvelle coqueluche du cinéma américain indépendant.

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