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Festival de Cannes

Les critiques d’Hugues Dayez à Cannes : "Crimes of the future", le retour de Cronenberg à Cannes, un pétard mouillé

Kristen Stewart, Viggo Mortensen, David Cronenberg et Léa Seydoux

Son dernier film – présenté à Cannes et qui valut à Julianne Moore un prix d’interprétation – c’était en 2014, "Map to the stars", une satire d’Hollywood. Sept ans plus tard, David Cronenberg revient avec "Crimes of the future".

Crimes of the future

Léa Seydoux, David Cronenberg, Viggo Mortensen, et Kristen Stewart
David Cronenberg à Cannes
L'affiche de "Crimes of the future"

Comme son titre le laisse entendre, l’action du film se déroule dans un avenir proche. Les manipulations génétiques sont devenues monnaie courante, et on suit un artiste d’avant-garde, Saul Tenser (Viggo Mortensen, fidèle complice du cinéaste) qui met en scène des opérations sur ses propres organes, avec l’aide de son assistante Caprice (Léa Seydoux). Mais les performances de ce Houdini du futur sont surveillées de près par Timlin (Kristen Stewart), une enquêtrice du Bureau du Registre National des Organes…

On connaît la fascination de David Cronenberg pour le corps humain, dans des films comme "La mouche", "Faux semblants" ou encore "Crash". Mais cette fois-ci, le cinéaste canadien bientôt octogénaire s’emmêle un peu les bistouris et livre un film totalement ésotérique. On accepterait volontiers de ne pas comprendre où il nous emmène si ce cauchemar futuriste était, comme chez David Lynch, visuellement envoûtant. Or rien de tel : est-ce un manque de moyens ? Toujours est-il que le film est assez pauvre sur le plan esthétique, terriblement bavard et, in fine, mortellement ennuyeux.

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Decision to leave

L’actrice Tang Wei, le réalisateur et scénariste Park Chan-Wook et l’acteur Park Hae-Il
L’actrice Tang Wei, le réalisateur et scénariste Park Chan-Wook et l’acteur Park Hae-Il © Tous droits réservés
L'affiche de "Decision to leave"

Le deuxième film présenté hier en compétition est coréen. A priori, il faut être vigilant avec le cinéma coréen car la Palme d’Or décernée au film "Parasite" de Bong Joon-Ho en 2019 reste sans conteste une des meilleures Palmes des vingt dernières années… "Decision to leave" est signé par un autre cinéaste coréen habitué de la Croisette : Park Chan-Wook. Il avait marqué les esprits avec un film de vengeance, "Old Boy", et plus récemment avec "Mademoiselle".

Il revient cette fois avec un polar aux accents romantiques. "Decision to leave" raconte l’enquête d’un inspecteur sur la mort suspecte d’un homme d’âge mûr, passionné d’escalade et victime d’une chute fatale. Les soupçons de l’inspecteur se portent rapidement sur la veuve du défunt, mais son attirance pour elle va troubler son jugement…

Sur ce schéma classique, Park Chan-Wook construit un film assez subtil, avec une bonne progression dramatique. Néanmoins, le terrain qu’il explore est aujourd’hui sillonné par de nombreuses séries sur les plateformes de streaming, y compris des séries asiatiques, et ce "Decision to leave" n’arrive pas à se démarquer suffisamment pour s’imposer comme indispensable dans cette sélection cannoise.

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