Belgique

Les CPAS sont de plus en plus sollicités face à la crise énergétique

Les CPAS débordés de demandes d'aides pour les factures énergétiques

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23 août 2022 à 15:00Temps de lecture2 min
Par Nicolas Guidi avec Baudouin Remy

Difficile de boucler les fins de mois. Une phrase qu’on entend de plus en plus. Hausse des prix, factures d’énergie en augmentation ; cela devient difficile de tout payer. Les CPAS sont davantage sollicités et le profil aussi des demandeurs a changé.

À Namur, le CPAS de la ville observe un grand nombre d’appels téléphoniques depuis plusieurs mois. Dans un premier temps, les personnes à l’autre bout du fil veulent simplement s’informer. "J’ai l’impression qu’ils essayent de savoir ce qui existe comme aides, parce qu’ils se rendent bien compte qu’à un moment donné ils ne pourront plus faire face", explique Isabelle Goyens, la responsable de la cellule énergie du CPAS de Namur.

Et le public qui contacte le CPAS est nouveau. On retrouve principalement des personnes issues de la classe moyenne. "Elles doivent faire le pas pour faire la demande d’aide financière, on constate que c’est encore compliqué", ajoute-t-elle.

Un cercle vicieux

Selon la loi, l’aide financière n’est accordée qu’après une enquête sociale approfondie. À Namur, les aides financières concrètes sont d’ailleurs en augmentation de 35%. Chaque cas nécessite une approche individuelle et la tâche reste compliquée par les réglementations.

"Les réglementations sont parfois difficilement compréhensibles avec des délais très précis à respecter. Il faut parfois, aussi, changer de fournisseur pour faire valoir son droit au tarif social. Mais qui dit changement de fournisseur, dit une facture de clôture qui arrive à un moment où on ne s’y attend pas", précise Isabelle Goyens.

Autre exemple, des acomptes de plus de 700 euros qui s’accumulent. Total de la dette : 3859 euros. Le fournisseur refuse de baisser les acomptes et comme la personne n'a pas les moyens de payer, c’est le compteur à budget qui est plébiscité, ce qui n’arrange rien. La spirale de l’endettement est déjà là.

Puisque ce genre de cas est en augmentation et que la crise va durer, le CPAS envisage de réorienter ses activités. "Effectivement, cela va durer dans le temps. On parle de deux ou trois ans. Et donc, nous allons devoir nous adapter, car nous sommes là pour aider les personnes à boucler leur budget et la partie prise par l’énergie devient très importante", nous confie Philippe Noël, le président du CPAS de Namur.

17.000.000 d'euros

Il faudra, par exemple, réaffecter des moyens financiers et du personnel pour la gestion de la crise énergétique par les CPAS.

Selon Karine Lalieux, la ministre fédérale de l’intégration sociale, les personnes ayant des difficultés à joindre les deux bouts peuvent avoir accès à une aide du CPAS après une analyse des besoins, ce qui est moins contraignant qu’une enquête sociale approfondie. Une manne financière de 17 millions d’euros a été débloquée pour les employés, les ouvriers et les indépendants. Il serait aussi question de prolonger le tarif social "énergie" au-delà du 31 décembre.

Extrait du JT de 13h00 du 23 août 2022 :

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