Belgique

Les coulisses du pouvoir : l’hiver de grogne menace

Les coulisses du pouvoir avec Nicolas Vandenschrick

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21 sept. 2022 à 07:03 - mise à jour 21 sept. 2022 à 08:17Temps de lecture3 min
Par Nicolas Vandenschrick

Chez nous, la grogne monte d’un peu partout. Faut-il le rappeler, une manifestation est prévue ce mercredi, à Bruxelles. Mais, cette colère semble prête à éclater aux 4 coins du monde.
 

"Nous nous dirigeons vers un hiver de grogne. La crise du pouvoir d’achat se déchaîne, la confiance s’effrite, et les inégalités explosent. Notre planète brûle", et malgré tout, "nous sommes bloqués par un dysfonctionnement colossal."

Ces mots du secrétaire général de l’Onu, António Guterres semblent taillés pour la Belgique, avec cette mise en garde, contre un "hiver de grogne." Ne mélangeons pas tout… L’Onu a d’autres préoccupations que l’équilibre politique de la Vivaldi. Pour autant, quand le secrétaire général identifie les causes de mauvaise humeur, c’est vrai, la Belgique paraît en aligner plus d’une : pouvoir d’achat, confiance effritée et dysfonctionnement, pour ne reprendre que ceux-là.

Hier, sur l’antenne de La Première, le dessinateur de presse, Plantu promettait qu’un jour, ça irait mieux. Qu’en somme les colères trouveront à s’apaiser.
On a envie de le croire mais qu’il semble loin ce jour quand ce mercredi, Vladimir Poutine annonce une mobilisation partielle pour renforcer les troupes de son armée.

En attendant ce jour-où-ça-ira-mieux, nombreux sont les Etats qui affrontent des colères bien plus sombres que celle des Belges. L’Ukraine, forcément soumise à la colère froide, démesurée, abjecte d’un Président russe hors de toute réalité. Haïti qui traverse sa seconde semaine de violence après le doublement du prix de l’essence ou encore l’Iran, où, après la mort de Mahsa Amini, jeune femme tombée sous les coups de la Police des mœurs, les manifestations se succèdent et la répression policière tout autant.

Taxer les bénéfices du secteur des énergies fossiles

A entendre la proposition d’António Gutteres, on pourrait véritablement croire que le secrétaire général de l’Onu parlait de la Belgique. Cette proposition – au passage – a très peu de chance d’aboutir à l’Assemblée de l’Onu, mais elle se fonde sur un raisonnement simple : avec la guerre en Ukraine, les grandes entreprises, productrices d’énergies fossiles, "se régalent" de profits gonflés par la crise. Récupérons-en une part via les pays riches pour rediriger ces sommes vers ceux qui subissent l’effet du réchauffement climatique.

Plutôt courageux en pleine colère générale de rappeler la priorité climatique.
Plutôt courageux, aussi, de dire "les crises que nous traversons – y compris la guerre en Ukraine – sont étroitement liées au problème de réchauffement du climat."

Car, il ne faut pas s’y tromper, si la Russie agite la menace d’une escalade, si elle mobilise de nouvelles troupes, si elle appuie des référendums dans les territoires qu’elle occupe, c’est bien car ils sont énergétiquement stratégiques.

A voir les zones envahies par l’armée russe. A voir les lieux vers lesquels la Russie déploie ces efforts, on devine aisément l’objectif : la mer noire et à ses réserves de gaz.
 

Accaparements de fossiles

Quand les énergies fossiles disponibles se réduisent de plus en plus, accaparer les ressources d’autres états devient de plus en plus intéressant.
En tous les cas, tant que l’on continue à consommer des énergies fossiles.

Et c’est cela que dit le secrétaire général, (pour le paraphraser) : tant que nous utiliserons du pétrole ou du gaz, nous devrons payer pour l’acheter mais nous devrions aussi payer pour les dégâts que ce gaz ou ce pétrole provoque à la planète. Suivons le raisonnement, du jour où nous nous libérons des fossiles, quelle que soit la manière, nous nous libérons aussi de notre dépendance aux états possédant ces ressources, une série de problèmes pourront commencer à se régler…

Sûrement pas la violence de la répression de la police des mœurs en Iran.
Sûrement pas les émeutes qui secouent Haïti.
Sûrement pas non plus la question très belge de la loi de ‘96 sur le plafonnement des salaires…
Mais ça, dès le début, nous étions prévenus. Quand il évoque l’hiver de grogne Gutteres ne vise pas la Belgique et son front syndical.

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