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Les concessionnaires agricoles recherchent des mécaniciens

Yves Daxhelet et Vladimir Grintchik, fondateurs de la société VDTech, implantée à Jeneffe, et un jeune mécanicien agricole de vingt-quatre ans, Thomas Cieters.
29 juin 2021 à 13:56Temps de lecture2 min
Par Marc Mélon

A Jeneffe, la société VDTech emploie deux jeunes mécaniciens de 20 et 24 ans qui sont pleinement épanouis. Thomas Cieters explique: "Nous sommes polyvalents. Un jour, on peut travailler sur un pneu, le lendemain sur un boîtier électronique. Nous allons aussi à la campagne, nous rencontrons les clients. Nous voyons les machines travailler sur les champs". François Pirson poursuit: "Chez moi, c'est une ferme. J'ai toujours été attiré par les machines agricoles. Travailler ici, c'est faire ce que l'on aime". 

Pénurie de mécaniciens

Les concessionnaires agricoles sont à la recherche de nouveaux collaborateurs. Ils sont confrontés à une pénurie. Yves Daxhelet, directeur de la société VDTech: "Je pense que chaque concessionnaire cherche actuellement la perle rare, le bon technicien. Chez nous, nous avons mis un an pour trouver une personne. C'est très difficile. Les agences d'intérimaires n'en trouvent pas. Personne ne vient se présenter. C'est très compliqué".

Nécessité de créer une école wallonne pour les mécaniciens agricoles

François Dumonceau, responsable commercial au sein de la société allemande Lemken. Il plaide pour la création d'une école wallonne de mécaniciens agricoles.
François Dumonceau, responsable commercial au sein de la société allemande Lemken. Il plaide pour la création d'une école wallonne de mécaniciens agricoles. Photo Marc Mélon - RTBF

François Dumonceau sillonne la Wallonie pour la société allemande Lemken. Il confirme que le manque de main d'oeuvre est généralisé. Il est favorable à la création d'un centre de formation de mécaniciens agricoles dans le sud du pays. "On a vraiment besoin en Wallonie d'un centre qui va former les jeunes qui sortent de l'école aux spécificités du machinisme agricole sur les différents points techniques" confie François Dumonceau. "Aujourd'hui, nous avons plutôt des jeunes issus du monde de la mécanique automobile qui ne traitent pas nécessairement d'un panel de formations aussi larges dont on a besoin pour le monde agricole. Cela va de la mécanique lourde à l'hydraulique, en passant par l’électronique et l'informatique qui font partie intégrante de notre quotidien".

Des clefs traditionnelles à la clef USB

Jean Deleval, technicien agricole chez Lemken, a le profil parfait pour former les jeunes mécaniciens agricoles.
Jean Deleval, technicien agricole chez Lemken, a le profil parfait pour former les jeunes mécaniciens agricoles. Photo Marc Mélon - RTBF

Il est vrai que le métier a évolué de manière impressionnante. Jean Deleval prendra sa retraite le 31 décembre prochain. Pendant quatre décennies, il a manipulé les clefs traditionnelles. Il termine sa carrière en utilisant quotidiennement une clef USB, devenue indispensable. "Je dois toujours avoir la clef USB avec moi car si je dois aller mettre une machine en route, si une fonction n'est pas correcte ou n'a pas été programmée correctement, il faut que j'intervienne avec la clef USB pour mettre le bon programme. Alors, je peux démarrer avec la machine. Autrement, je ne sais rien faire" explique Jean Deleval.

Pour passer le flambeau en beauté, il serait idéal que des personnalités comme Jean Deleval et d'autres partagent leurs expériences avec des jeunes dans le centre de formation de mécaniciens agricoles qui verra peut-être le jour.

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